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Saccage de notre patrimoine par une islamiste

Rennes-le-Château Diable

Rennes-le-Château : quand le célèbre diable de l’abbé Saunière fut décapité à la hache

Les amateurs de l’abbé Saunière et des mystères de Rennes-le-Château se souviennent certainement de cette incroyable scène. Le 23 avril 2017, alors que la France votait pour le premier tour de l’élection présidentielle, une femme vêtue de blanc et portant un masque vénitien pénétrait dans l’église Sainte-Marie-Madeleine. Quelques instants plus tard, le célèbre diable qui soutient le bénitier gisait décapité.

À coups de hache, la statue d’Asmodée avait été mutilée, tout comme une représentation de Marie-Madeleine située sur le décor de l’autel. Un exemplaire du Coran avait ensuite été déposé dans l’église. L’affaire allait rapidement dépasser le simple fait divers et provoquer une vive émotion dans ce petit village de l’Aude, mondialement connu pour ses légendes.

😈 Le fameux diable qui accueille les visiteurs

Pour comprendre le symbole, il faut regarder ce que représente cette étrange statue. Dès l’entrée dans l’église Sainte-Marie-Madeleine, le visiteur découvre un démon ailé courbé sous un bénitier. Au-dessus de lui, quatre anges dominent la scène, accompagnés de l’inscription latine « Par ce signe tu le vaincras ».

La mairie de Rennes-le-Château présente aujourd’hui encore cette composition comme l’un des éléments les plus emblématiques de l’église. L’édifice lui-même est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1994. Le décor intérieur, avec ses statues, ses peintures et ses nombreux détails, participe largement à la réputation mystérieuse du village.

Et ce diable n’était déjà pas tout à fait inconnu des vandales. La statue avait subi une première importante dégradation en 1995, lorsqu’elle avait notamment perdu sa tête et un bras. Restaurée, elle allait pourtant connaître une nouvelle attaque plus de vingt ans plus tard.

🪓 Le dimanche où la hache a frappé

Le 23 avril 2017, la scène paraît presque irréelle. La femme, âgée de 37 ans, avait dissimulé son visage derrière un masque vénitien. Après avoir pénétré dans l’église, elle s’en était prise à la statue d’Asmodée avec une hache, lui fracassant la tête et les bras.

Elle avait également dégradé une représentation de Marie-Madeleine sur le bas-relief de l’autel, avant de déposer un Coran à proximité. Des témoins avaient donné l’alerte et les gendarmes l’avaient interpellée peu après.

Dans ses premières déclarations, elle avait évoqué les bombardements occidentaux en Syrie. Elle affirmait également être liée à Sabri Essid, présenté dans la presse comme le demi-frère de Mohamed Merah. Ces déclarations ont contribué à donner à l’affaire une dimension particulièrement sensible.

Mais au cours de son procès, ses explications ont été plus complexes. Elle a notamment affirmé avoir voulu accomplir un acte « symbolique » et faire connaître un livre sur lequel elle travaillait depuis de nombreuses années, présenté comme une réflexion autour des trois religions monothéistes.

⚖️ Une affaire finalement jugée au tribunal

L’affaire fut examinée par le tribunal correctionnel de Carcassonne. La commune de Rennes-le-Château, propriétaire de l’église, s’était constituée partie civile afin d’obtenir réparation des dégâts.

Le jugement rendu en novembre 2017 a reconnu la prévenue coupable de dégradation d’un édifice religieux. Elle a été condamnée à deux mois de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans, ainsi qu’à une interdiction de paraître dans la commune. Elle devait également verser 17 718 euros à la commune pour son préjudice.

Les deux statues et le décor de l’autel ont ensuite fait l’objet de travaux de restauration. Le coût annoncé pour restaurer les éléments endommagés s’élevait à plusieurs milliers d’euros.

🔎 Un nouvel épisode dans le mystère de Rennes-le-Château

L’ironie de cette histoire est que le geste, en voulant frapper un symbole, a surtout attiré une nouvelle fois les projecteurs sur Rennes-le-Château. Car il existe peu de villages français où patrimoine religieux, histoire locale et légendes ésotériques sont aussi étroitement mêlés.

L’église Sainte-Marie-Madeleine fut profondément transformée à la fin du XIXe siècle par l’abbé Bérenger Saunière. Sa décoration étonnante, les inscriptions mystérieuses et les récits entourant la fortune du prêtre ont alimenté depuis des décennies quantité d’hypothèses sur un prétendu secret caché dans le village.

Mais devant le fameux diable, il n’est finalement pas nécessaire de connaître tous les secrets supposés de Rennes-le-Château pour mesurer la portée de l’histoire. Cette statue fait partie d’un décor religieux bien réel, protégé au titre du patrimoine, et devenu au fil du temps l’un des symboles les plus reconnaissables du village.

Aujourd’hui, le visiteur peut donc entrer dans l’église, observer le bénitier et retrouver le diable d’Asmodée restauré à sa place. Puis, en sortant, il suffit de lever les yeux vers les paysages de la Haute-Vallée de l’Aude pour comprendre pourquoi Rennes-le-Château continue d’attirer curieux, passionnés d’histoire et amateurs de mystères. Ici, même une petite église de village semble toujours avoir quelque chose à raconter.

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