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Davalada, Halloween languedocien

Martror : l’étrange fête des morts qui renaît en Occitanie

Bien avant Halloween, l’Occitanie avait déjà son étrange fête des morts. Son nom : Martror. Le mot occitan désignait autrefois la Toussaint, le 1er novembre, et apparaît régulièrement dans les textes médiévaux. Derrière ce nom se cache une période particulière du calendrier, lorsque l’automne bascule vers l’hiver et que les vivants se tournent symboliquement vers leurs morts.

Mais contrairement à une idée souvent répandue, Martror n’est pas simplement un « Halloween occitan ». C’est une tradition beaucoup plus ancienne et plus complexe, mêlant calendrier agricole, croyances populaires, christianisme et rites autour de la mémoire des disparus.

🕯️ Quand les morts avaient leur place parmi les vivants

Dans les anciens textes occitans, Martror désigne la fête de la Toussaint. Le terme vient de l’idée de « fête des martyrs » et constitue pendant des siècles un important repère dans le calendrier du Midi.

Le début du mois de novembre correspond à une période charnière : les jours raccourcissent, les travaux agricoles changent de rythme et l’hiver approche. Dans les croyances populaires, cette période était aussi propice aux relations symboliques entre le monde des vivants et celui des morts.

Dans certaines régions des Pyrénées, les enquêtes ethnographiques du XXe siècle ont ainsi recueilli des témoignages de pratiques destinées à honorer les défunts. On pouvait notamment laisser de la nourriture ou faire brûler une bûche durant la nuit. L’idée était autant de se souvenir des ancêtres que de symboliquement réchauffer leurs âmes.

🌑 Un mois sombre… mais aussi un nouveau départ

Ce qui est fascinant avec Martror, c’est que cette période consacrée aux morts correspondait également à un moment de renouveau. Dans le monde rural occitan, le calendrier agricole continuait son cycle : labours, semailles et préparation de la nouvelle année.

Une ancienne expression occitane disait ainsi : « De Sant Miquèl a Martror i a un mes laborador » — de la Saint-Michel à Martror, il y a un mois pour travailler la terre. Martror marquait donc aussi la fin d’un cycle et le commencement d’un autre.

Dans les textes médiévaux, l’expression « de Martror en Martror » pouvait même désigner une année entière. La Toussaint constituait alors un véritable repère dans la vie économique et sociale : échéances, loyers, contrats et travaux agricoles pouvaient être fixés d’une fête de Martror à l’autre.

⛪ Quand l’Église donne une nouvelle dimension à la fête

La période autour de Martror va progressivement prendre une dimension chrétienne. La fête de tous les saints est fixée au 1er novembre dans la chrétienté latine au cours du Moyen Âge, tandis que le 2 novembre devient ensuite la journée consacrée à la commémoration des fidèles défunts.

Dans les campagnes occitanes, les anciennes croyances et les pratiques chrétiennes ont parfois coexisté. Les enquêtes ethnographiques ont conservé la trace de nombreuses coutumes : offrandes de nourriture, bougies, bûches brûlées toute la nuit ou encore cérémonies destinées à financer des messes pour les morts.

Dans le Rouergue, notamment autour de Saint-Geniez-d’Olt, une ancienne pratique de vente aux enchères pour les âmes a ainsi conservé le principe d’offrandes alimentaires. Les bénéfices servaient à faire célébrer des messes pour les défunts de la paroisse.

🔥 À Pézenas, Martror revient dans les rues

Aujourd’hui, le nom de Martror connaît une étonnante renaissance, notamment à Pézenas. Depuis les années 2000, le Théâtre des Origines puis le Collectif Temporadas ont travaillé à recréer un rituel festif autour de la fête des morts, en s’appuyant sur des recherches consacrées au patrimoine culturel immatériel régional.

La fête prend alors une forme spectaculaire : déambulation, musique, costumes, personnages fantastiques et symboles liés au passage entre les saisons et entre le monde des vivants et celui des morts. Le Martror contemporain de Pézenas clôt ainsi le cycle annuel des Temporadas.

On y retrouve des figures inquiétantes ou fantastiques de l’imaginaire occitan : sorcières, fées, squelettes, dracs et autres créatures. Mais derrière le spectacle, l’objectif reste de faire revivre une mémoire collective et de questionner les anciennes traditions liées au passage de l’automne à l’hiver.

🎭 Halloween ou Martror ?

L’arrivée massive d’Halloween en France dans les années 1990 a paradoxalement contribué à remettre en lumière certaines traditions locales autour de la Toussaint. Dans plusieurs territoires occitans, le besoin de raconter autrement cette période de l’année a favorisé un regain d’intérêt pour les anciens rites.

Mais Martror ne se résume pas à une version régionale d’Halloween. Là où la fête américaine s’est construite autour des déguisements, des citrouilles et de la collecte de bonbons, Martror plonge ses racines dans le calendrier occitan, la mémoire des morts et le rythme de la vie rurale.

C’est peut-être ce qui rend cette tradition si fascinante : au lieu de seulement faire peur aux morts, on leur faisait autrefois une place dans la maison, autour du feu et à table. Et aujourd’hui encore, dans les rues de Pézenas, cette vieille mémoire revient chaque automne sous une forme nouvelle.

Alors, si vous êtes dans l’Hérault au début du mois de novembre, ouvrez l’œil. Derrière les fêtes modernes d’Halloween se cache une autre histoire, profondément enracinée dans le Midi : celle de Martror, la mystérieuse fête occitane où l’on se souvenait que les morts avaient, eux aussi, leur place parmi les vivants.

Valentin Casenove

Il aura fallu attendre la nuit pour connaître le vainqueur. Lundi 24 août 2026, dans le Cadre Royal de Sète, Valentin Casenove a remporté le Grand Prix de la Saint-Louis, le rendez-vous le plus prestigieux des joutes nautiques languedociennes.

Le Sétois, sociétaire de la Lance Amicale Sétoise, décroche ainsi son premier Grand Prix chez les lourds, au terme d'une soirée complètement bouleversée par un violent orage.

⚓ Une tradition vieille de près de trois siècles

À Sète, les joutes ne sont pas un simple spectacle estival. Elles font partie de l'identité de la ville depuis ses débuts : les premières joutes sétoises remontent à 1666, l'année de l'inauguration du port.

Le Grand Prix de la Saint-Louis, lui, existe depuis 1743. Depuis près de trois siècles, les meilleurs jouteurs se retrouvent donc sur le canal Royal pour tenter d'inscrire leur nom au prestigieux palmarès.

⛈️ Un tournoi interrompu par l'orage

Cette édition 2026 restera longtemps dans les mémoires. Alors que le tournoi des lourds battait son plein, un violent orage s'est abattu sur Sète en début de soirée.

Les affrontements ont été interrompus pendant plus de deux heures. Le matériel de retransmission de la Ville a notamment été endommagé par les intempéries. Après une réunion entre les organisateurs, les sociétés de joutes, les secours et les autorités, la compétition a finalement pu reprendre vers 21 heures.

Vendémian Tambourin

Il suffit parfois d’un petit village pour devenir une grande terre de sport. À Vendémian, dans la vallée de l’Hérault, le jeu de balle au tambourin est bien plus qu’une simple activité sportive : c’est une véritable tradition locale. Et en septembre 2026, le club a écrit une nouvelle page de son histoire en réalisant un incroyable triplé national.

En l’espace d’un week-end, Vendémian a remporté les titres de Champion de France de Nationale 1 masculine, de Nationale 2 masculine et de Nationale 1 féminine. Une performance exceptionnelle pour ce village de la Vallée de l’Hérault.

🥁 Un sport qui ne ressemble à aucun autre

Le tambourin est un sport spectaculaire, directement issu d’une tradition ancienne du Languedoc. Deux équipes s’affrontent sur un terrain extérieur en essayant de renvoyer une balle à l’aide d’un instrument circulaire ressemblant à un tambourin.

Le principe paraît simple, mais les échanges peuvent devenir extrêmement rapides. Placement, puissance, précision et anticipation sont indispensables pour prendre l’avantage. Dans plusieurs villages de l’Hérault, les terrains de tambourin font encore partie du paysage quotidien.

Vendémian appartient justement à ces villages où le tambourin possède une place particulière. La communauté de communes de la Vallée de l’Hérault présente d’ailleurs ce sport comme une véritable tradition sportive du territoire.

🏆 Vendémian champion de France après un final complètement fou

Le dimanche 13 septembre 2026, Vendémian affrontait Cazouls-d’Hérault en finale de Nationale 1 masculine. Devant son public, l’équipe vendémianaise a longtemps mené la rencontre : 6-4, puis 8-5 et encore 12-11.

Mais Cazouls est revenu à 12-12, poussant les deux équipes dans un ultime jeu décisif. Au terme de ce suspense, Vendémian a finalement décroché le titre sur le score de 13-12.

Une victoire d’autant plus symbolique qu’elle a été obtenue à domicile, devant plus de 300 spectateurs. Le jeune capitaine Clément Lafon, accompagné notamment de Douglas Galant, Marius Gay, Jebril Vessière et Maxime Bourniquel, pouvait alors soulever le trophée.

🥇 Et ce n’était que le début du week-end

Car Vendémian avait déjà frappé fort la veille. En finale de Nationale 2 masculine, le club s’était imposé 13-7 face à Gignac, ajoutant un premier titre national à son palmarès du week-end.

Puis les féminines ont complété la moisson. Leaders de la poule des championnes de Nationale 1, elles ont décroché le titre malgré leur défaite 13-10 contre Notre-Dame-de-Londres lors de la dernière journée : les dix jeux remportés leur suffisaient pour conserver la première place et devenir championnes de France.

🌿 Un village qui porte haut les couleurs du tambourin

Ce triplé raconte finalement quelque chose de plus grand que trois simples trophées. À Vendémian, le tambourin fait partie de cette culture sportive très particulière de l’Hérault, où des villages de quelques centaines d’habitants peuvent posséder des équipes évoluant au plus haut niveau national.

Le palmarès fédéral montre d’ailleurs que Vendémian fait partie depuis longtemps des clubs importants du championnat de France. Le village avait déjà remporté plusieurs titres nationaux masculins, notamment en 2018, 2016, 2006, 2005 et 2003.

Mais trois titres nationaux réunis sur le même week-end donnent une toute autre dimension à cette histoire.

☀️ Quand le tambourin raconte le Languedoc

Pour qui découvre la Vallée de l’Hérault, le tambourin est aussi une étonnante porte d’entrée vers une tradition typiquement languedocienne. Ici, les terrains, les rencontres et les compétitions font partie du décor, au même titre que les vignes, les villages de pierre et les paysages méditerranéens.

Et en 2026, Vendémian a frappé trois fois. Trois titres de champions de France en un seul week-end : une performance qui permet désormais au petit village héraultais de revendiquer une place toute particulière dans l’histoire du tambourin français.


Gabian : quand le pétrole jaillissait au cœur du Languedoc

Une odeur de pétrole dans un petit village de l’Hérault, des puits de forage et des barils remplis d’un liquide noir… Non, nous ne sommes pas au Texas. Nous sommes à Gabian, entre Béziers et les premiers contreforts du Haut-Languedoc. Car ce paisible village viticole a connu, pendant quelques décennies, une étonnante aventure pétrolière.

🛢️ Une source de pétrole connue depuis des siècles

L’histoire commence bien avant les derricks. À Gabian, une source naturelle faisait remonter du pétrole à la surface. Connue depuis l’Antiquité, elle fut exploitée pendant plusieurs siècles sous le nom de Font de l’Oli, la « fontaine de l’huile ». À l’époque moderne, cette huile de naphte était notamment utilisée à des fins thérapeutiques et sa réputation dépassait largement les frontières du village.

Aujourd’hui encore, la Font de l’Oli témoigne de cette histoire étonnante. Le petit bâtiment en pierre, construit à la fin du XVIIIe siècle, recouvre un ancien système de galeries, de conduites et de bassins destiné à récupérer le pétrole qui remontait naturellement avec l’eau. Le site est inscrit au titre des Monuments historiques depuis 2016.

🛢️ En 1924, Gabian se rêve en petit Texas

Après la Première Guerre mondiale, la France cherche à développer ses propres ressources en pétrole. Les anciennes traces découvertes à Gabian attirent alors de nouveau l’attention des géologues. En 1924, une campagne officielle de prospection débouche sur un forage décisif : le pétrole est atteint à moins d’une centaine de mètres de profondeur. L’annonce fait sensation.

La société Pechelbronn se lance alors dans une véritable exploitation industrielle. Des dizaines de forages sont réalisés autour de Gabian et dans les communes voisines. Une petite aventure industrielle se met en place dans ce coin tranquille du Languedoc, employant environ 200 personnes au plus fort de l'activité. Au total, le bassin produira environ 24 000 à 25 000 tonnes de pétrole avant l'arrêt de l'exploitation industrielle en 1950.

🚂 Du pétrole dans les wagons vers les raffineries

Pendant quelques années, Gabian change de visage. Le pétrole extrait du sous-sol est transporté vers la gare, puis envoyé vers différentes installations de raffinage. À partir de 1930, une partie de la production est notamment dirigée vers la raffinerie de Frontignan. Une petite raffinerie est même construite près de la gare de Gabian au début des années 1930.

Mais le rêve d’un immense gisement languedocien ne durera pas. Les réserves sont limitées et les rendements des puits restent modestes. Malgré de nouvelles campagnes de forage, la production décline progressivement. En 1950, l’exploitation industrielle s’arrête. Le paysage retrouve peu à peu son caractère rural et viticole, tandis que les traces de cette étonnante parenthèse industrielle disparaissent du quotidien.

🎥 Le pétrole oublié du petit village héraultais

Aujourd’hui, difficile d’imaginer en traversant Gabian que le sous-sol du village a autrefois attiré géologues, industriels et chercheurs de pétrole. Il ne reste pratiquement aucun vestige matériel de l’exploitation du XXe siècle. La Font de l’Oli, elle, demeure le témoin le plus singulier de cette histoire. La commune conserve également une mémoire documentaire et photographique de cette aventure industrielle.

C’est justement ce qui rend l’histoire de Gabian fascinante. En voyageant dans le Sud, on s’attend à découvrir des vignobles, des villages médiévaux, des marchés ou des paysages méditerranéens. On imagine beaucoup moins tomber sur l’un des anciens petits territoires pétroliers de France. Et pourtant, sous les vignes du Languedoc, il y eut bien une époque où l’on cherchait de l’or noir.

Une curiosité à redécouvrir en vidéo : le fameux puits de pétrole de Gabian et l’histoire de cette incroyable aventure industrielle.

Platane Saint Guilhem


Le Roi Platane de Saint-Guilhem-le-Désert : un arbre remarquable au cœur de l’Hérault

Il suffit d’arriver sur la place de la Liberté pour le remarquer. Avant même de pousser les portes de l’ancienne abbaye de Gellone, le regard est attiré par un immense platane qui déploie ses branches au-dessus de la place. À Saint-Guilhem-le-Désert, tout le monde le connaît : c’est le « Roi Platane ».

Avec son tronc de plus de 6 mètres de circonférence et ses quelque 20 mètres de hauteur, cet arbre monumental est devenu un véritable élément du paysage du village. Planté au lendemain de la Révolution de 1848 selon la tradition locale, il a reçu en 2020 le prestigieux label « Arbre remarquable de France ».

🌳 Un arbre planté pour célébrer la République

L’histoire du Roi Platane commence au milieu du XIXe siècle. La tradition veut qu’il ait été planté en 1848, année de naissance de la Deuxième République, comme beaucoup d’« arbres de la liberté » apparus alors dans les villages français.

Mais l’histoire possède ici une petite part de mystère. Un panneau fixé sur le tronc indique en effet la date du 21 janvier 1855. Plusieurs sources continuent néanmoins à retenir 1848 comme date de plantation. Quoi qu’il en soit, le platane a aujourd’hui largement dépassé le siècle et demi.

Au fil des générations, il est devenu bien davantage qu’un simple arbre planté sur une place. Il est désormais intimement associé à l’image de Saint-Guilhem-le-Désert.

👑 Pourquoi l’appelle-t-on le « Roi Platane » ?

Son surnom lui va plutôt bien. Ses dimensions impressionnent, mais c’est surtout son emplacement qui lui donne une présence particulière. Le platane se dresse pratiquement face à l’entrée de l’ancienne abbaye de Gellone, au cœur d’un village médiéval installé dans l’étroite vallée du Verdus.

Ses grandes branches forment une véritable toiture végétale au-dessus de la place. En été, lorsque Saint-Guilhem accueille les visiteurs venus découvrir l’abbaye et les gorges de l’Hérault, son ombre devient particulièrement appréciée.

Le Roi Platane est aussi associé à une étonnante légende locale. On raconte qu’un âne attaché à son tronc aurait été emporté par une crue du Verdus avant d’être retrouvé… assis sur l’autel de l’église. Une histoire impossible, évidemment, mais qui participe au folklore entourant ce vieux géant végétal.

🏅 Un arbre officiellement « remarquable »

En 2020, le platane a reçu le label « Arbre remarquable de France », attribué par l’association A.R.B.R.E.S. Cette distinction ne récompense pas uniquement les arbres les plus vieux ou les plus imposants.

L’association prend également en compte leur histoire, leur intérêt culturel, leur forme, leur environnement ou encore les légendes qui leur sont associées. Le Roi Platane coche plusieurs de ces critères : ses dimensions, son ancienneté, son histoire liée à la République et surtout sa place exceptionnelle dans le paysage de Saint-Guilhem-le-Désert.

Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’être un spécialiste des arbres pour comprendre pourquoi il a été distingué. Il suffit de se placer au pied du tronc et de lever les yeux.

🥾 Le dernier compagnon des pèlerins

Saint-Guilhem-le-Désert n’est pas seulement l’un des plus beaux villages du Sud. Le village est également une étape historique sur les chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. L’abbaye de Gellone, fondée au début du IXe siècle par Guilhem, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques.

Pour les randonneurs qui arrivent au village après avoir parcouru les chemins de la vallée, le Roi Platane constitue presque une arrivée symbolique. On débouche sur la place, l’abbaye apparaît derrière les branches et l’immense arbre offre son ombre avant de poursuivre la découverte.

Il faut cependant le regarder avec un peu de distance. Le piétinement répété autour de son tronc peut fragiliser ses racines, raison pour laquelle les visiteurs sont invités à ne pas s’approcher trop près de celui-ci.

Alors, lorsque vous visiterez Saint-Guilhem-le-Désert, ne vous contentez pas de photographier l’abbaye. Prenez quelques secondes pour observer celui qui monte la garde devant elle depuis plus de 150 ans. Sous ses branches, entre les vieilles pierres et les montagnes de l’Hérault, le Roi Platane rappelle qu’un arbre peut lui aussi devenir un morceau de patrimoine. Et celui-ci a désormais son titre officiel : il est remarquable.



Get 27 : l’étonnante histoire de la menthe née à Revel

Peu le savent, mais le Get 27 est né dans le Sud-Ouest de la France. C’est à Revel, en Haute-Garonne, qu’en 1796 François Pons, botaniste et directeur de la distillerie de la « Bonbonnière », met au point une recette de liqueur à la menthe qui va traverser plus de deux siècles d’histoire.

À l’origine, rien ne laisse imaginer que cette liqueur deviendra un jour l’un des alcools français les plus reconnaissables. Et pourtant, entre la menthe poivrée, une bouteille devenue mythique et un nom aux sonorités anglaises, la petite histoire de Revel va finir par s’inviter dans les bars et les restaurants du monde entier.

🌿 Tout commence à Revel en 1796

François Pons est à l’origine de cette aventure. Son savoir-faire de botaniste et de distillateur lui permet de travailler la menthe pour créer une liqueur particulièrement fraîche et aromatique. La recette va ensuite entrer dans la famille Get lorsque Jean Get épouse Victoire Sablier, héritière de la Bonbonnière.

Jean Get, puis son frère Pierre, vont reprendre et développer cette liqueur. C’est à cette époque que le nom GET va véritablement s’imposer. Les deux frères travaillent notamment sur une nouvelle recette à base de menthe poivrée et cherchent un nom capable de donner à la boisson une image moderne.

🇬🇧 « Pippermint Get », un nom très français… avec un accent anglais

En 1898 apparaît le nom « Pippermint Get ». Le mot « pippermint » joue volontairement avec le terme anglais peppermint, qui désigne la menthe poivrée. Une petite touche exotique pour une liqueur pourtant profondément enracinée dans le terroir languedocien et méridional.

La marque va ensuite construire son identité autour de cette fameuse bouteille verte. Selon l’histoire racontée par GET, Jean Get aurait trouvé l’inspiration de sa forme en observant une lampe à pétrole dans une auberge de la région de Perpignan. Et la silhouette va devenir presque aussi célèbre que la liqueur elle-même.

🥃 Pourquoi 27 ? Et que trouve-t-on réellement dans le Get ?

Le chiffre 27 est aujourd’hui indissociable de la marque. Le degré alcoolique du Get a cependant évolué au cours de son histoire et selon les marchés. La recette actuelle repose notamment sur des huiles essentielles de menthe obtenues à partir de menthes récoltées dans différentes régions du monde, auxquelles sont assemblés alcool, eau et sucre.

La fabrication actuelle se fait à Beaucaire, dans le Gard. Les menthes sont distillées pour obtenir leurs huiles essentielles, puis celles-ci sont assemblées avec les autres ingrédients avant une période de repos et une filtration qui donne à la liqueur sa limpidité caractéristique.

🟢 De Revel au monde entier

Il y a quelque chose d'assez amusant dans le destin du Get 27 : une recette née dans une petite ville de Haute-Garonne à la fin du XVIIIe siècle est devenue une véritable icône des fins de repas. La bouteille verte s’est même retrouvée représentée dans des œuvres d’art, notamment chez Cézanne.

Et l’histoire ne s’est pas arrêtée au G

Carnaval de Limoux


Le carnaval de Limoux : trois mois de folie sous les arcades de l’Aude

Le carnaval de Limoux n’est pas vraiment le genre de carnaval que l’on vient voir pendant quelques heures avant de rentrer chez soi. Ici, la fête s’installe dans la ville pour des semaines. De janvier jusqu’au printemps, les samedis et dimanches, les arcades de la place de la République résonnent au son des musiques traditionnelles, tandis que les bandes de carnavaliers défilent lentement au milieu des habitants et des visiteurs.

À quelques kilomètres de la cité de Carcassonne, cette petite ville de l’Aude possède ainsi une tradition festive assez exceptionnelle. Limoux revendique d’ailleurs le titre de « plus long carnaval du monde ». Mais derrière les confettis, les costumes et la musique se cache surtout un patrimoine populaire profondément enraciné dans l’histoire locale.

🎭 Une tradition qui remonte à plusieurs siècles

Les origines exactes du carnaval de Limoux restent difficiles à établir. La ville fait remonter les premières traces écrites du carnaval au début du XVIe siècle, tandis que différentes traditions locales évoquent des fêtes liées aux meuniers, au vin ou encore à la Saint-Martin. L'histoire racontée autour des meuniers est particulièrement célèbre : ceux-ci auraient défilé dans la ville en jetant des dragées ou de la farine, une tradition qui aurait progressivement donné naissance aux confettis et à certains gestes caractéristiques du carnaval actuel.

Au XIXe siècle, la tradition des « meuniers » est en tout cas bien documentée. Le costume et les accessoires vont ensuite évoluer : le fouet du meunier deviendra la carabène du carnavalier et les dragées laisseront progressivement place aux confettis.

🎶 Les Fécos, étranges silhouettes sous les arcades

À Limoux, les carnavaliers sont appelés les Fécos. Impossible de les confondre avec de simples participants déguisés : leur costume obéit à des codes très précis. Pierrot coloré, masque, veste et pantalon amples, collerette, gants et cagoule composent une silhouette dont aucune partie du corps ne doit normalement apparaître.

Mais le plus impressionnant reste peut-être leur façon de se déplacer. Les Fécos avancent lentement derrière les musiciens, guidés par quelques meneurs qui donnent le rythme avec leurs carabènes. Les gestes sont amples, presque chorégraphiques, et toute la bande progresse sous les arcades au son d'une musique répétitive et entraînante.

Le carnaval n'est d'ailleurs pas considéré comme un simple spectacle. Les habitants et les spectateurs, les fameux « badauds », font partie intégrante de la fête. Les confettis volent, les conversations s'engagent et les arrêts dans les cafés font eux aussi partie du rituel.

🍾 Ici, même la blanquette fait partie de la fête

Il serait difficile de parler de Limoux sans évoquer sa célèbre blanquette. Le vin effervescent est devenu l'autre grande signature de la ville. La tradition viticole locale situe sa naissance en 1531, dans les caves de l'abbaye bénédictine de Saint-Hilaire, soit bien avant l'apparition du champagne.

Le lien entre le carnaval et la blanquette est d'ailleurs profondément ancré dans la culture locale. La « nuit de la Blanquette » marque notamment la fin des festivités, lorsque le carnaval est symboliquement jugé puis brûlé au milieu de la place de la République.

Cette disparition spectaculaire n'est pourtant qu'une parenthèse. À Limoux, le carnaval est pensé comme un cycle : il finit dans les flammes pour mieux renaître l'année suivante.

🔥 Un carnaval qui ne ressemble à aucun autre

Autre personnage étonnant de cette tradition : le goudil. Contrairement au Fécos intégré à une bande, il évolue davantage comme un électron libre. Déguisé de manière volontairement fantaisiste, il se glisse derrière les musiciens et engage avec les spectateurs ce que les Limouxins appellent la « chine » : un jeu de dialogue et d'énigmes où le goudil cherche notamment à reconnaître ou interpeller son interlocuteur.

Puis vient le dernier acte. À la tombée de la nuit, les « entorches », torches traditionnelles confectionnées selon un savoir-faire transmis oralement, éclairent les dernières sorties. Enfin, Sa Majesté Carnaval est condamnée et brûlée. Le feu consume alors plusieurs mois de fête, sous les yeux des carnavaliers qui savent déjà que l'histoire recommencera.

Ce qui frappe lorsqu'on découvre Limoux, c'est justement cette impression d'assister non pas à un événement ponctuel, mais à une tradition vivante. Le carnaval figure à l'Inventaire national du patrimoine culturel immatériel, dans plusieurs domaines : traditions orales, arts du spectacle, pratiques sociales et festives et savoir-faire artisanaux.

Alors, si vos pas vous conduisent un jour dans l'Aude, entre Carcassonne et les premières collines du Limouxin, prenez le temps de pousser jusqu'à la place de la République. Sous les vieilles arcades, laissez passer les Fécos, écoutez les cuivres, attrapez quelques confettis au passage… et pourquoi pas terminer la balade autour d'une coupe de blanquette. À Limoux, le carnaval ne se regarde pas vraiment : il se vit.

 Moulin de Grattegals

Le moulin de Grattegals : en Cévennes, l’eau fait encore tourner l’histoire

C’est un petit chemin au bord du Tarnon, quelque part entre Florac et les paysages sauvages des Cévennes. Et puis, au détour de la rivière, apparaît le hameau de Grattegals et son étonnant moulin à eau. Ici, rien de spectaculaire en apparence. Pourtant, derrière ses murs se cache une histoire vieille de plusieurs siècles et un savoir-faire qui n’a jamais complètement disparu.

Le moulin de Grattegals est aujourd’hui l’un des rares moulins de Lozère encore en fonctionnement. Son histoire est attestée au moins depuis le début du XVe siècle, et le site apparaît également dans les documents cadastraux de 1641. Après avoir cessé son activité régulière en 1984, il a été progressivement remis en route à partir de 2004 par son propriétaire, descendant d’une famille de meuniers.

💧 Ici, c’est le Tarnon qui commande

Le secret du moulin est aussi simple qu’ingénieux : utiliser la force de l’eau. Un seuil installé sur le Tarnon permet de détourner une partie de la rivière vers un béal, un canal d’environ 250 mètres qui longe le hameau avant d’amener l’eau jusqu’au moulin.

L’eau arrive ensuite dans une grande réserve appelée « gourgue », avant d’être dirigée vers le mécanisme hydraulique. Le meunier doit alors jouer avec les vannes et le débit pour obtenir suffisamment de puissance sans perturber le fonctionnement naturel de la rivière. Un travail de précision qui dépend directement des caprices du climat cévenol.

🌾 Des gestes qui ont traversé les générations

Autrefois, le moulin ne servait pas seulement à produire de la farine de blé. Deux meules permettaient de travailler différentes céréales, tandis qu’une autre était utilisée pour les châtaignes et l’huile de noix. Le site était également intégré à toute l’organisation agricole du hameau : le béal servait à la fois au moulin et à l’irrigation des terres.

Aujourd’hui, le geste reste étonnamment proche de celui des anciens meuniers. Le grain descend jusqu’à la meule de pierre, puis la mouture est remontée vers le système de tamisage. Le réglage de la meule, le débit de l’eau ou encore le choix du tamis sont autant de détails qui demandent de l’expérience.

🥖 Une farine qui voyage… mais pas très loin

Le moulin travaille notamment à façon pour des particuliers et des professionnels. Des boulangers viennent y faire moudre leurs céréales et la farine produite provient de cultures situées dans un rayon relativement proche. Le Parc national des Cévennes présente d’ailleurs le moulin comme un exemple de production locale reposant uniquement sur l’énergie de l’eau du Tarnon.

En 2025, le moulin produisait ainsi environ 12 tonnes de farine de blé tendre par an. Son fonctionnement reste toutefois soumis au rythme de la rivière : il tourne principalement d’octobre à mai et doit s’arrêter lorsque les conditions hydrologiques deviennent défavorables, notamment lors des périodes d’étiage ou de crues.

🌿 Une parenthèse hors du temps dans les Cévennes

Pour découvrir Grattegals, il faut quitter les grands itinéraires et suivre le chemin qui longe le Tarnon. Le cadre fait partie de l’expérience : rivière, rochers, châtaigniers, anciens murs en pierre et terrasses agricoles racontent à leur manière la vie de ces vallées cévenoles.

Et puis il y a le bruit de l’eau. Celui qui, depuis des siècles, accompagne le travail des hommes. À Grattegals, le moulin n’est pas seulement un bâtiment ancien : c’est une machine vivante, entièrement dépendante de la rivière et de ceux qui savent encore la faire fonctionner. Une petite merveille du patrimoine cévenol, où l’on comprend qu’il suffit parfois d’un filet d’eau pour faire tourner… plusieurs siècles d’histoire.

Nécropole à Narbonne

La nécropole romaine de Narbonne : sous la ville, un incroyable cimetière antique

Difficile d’imaginer qu’au bord du canal de la Robine, à proximité immédiate de la ville actuelle, des milliers de gestes accomplis par les habitants de Narbo Martius attendaient depuis près de 2 000 ans sous la terre. Entre 2017 et 2020, les archéologues de l’Inrap ont pourtant mis au jour ici l’une des plus importantes occupations funéraires romaines jamais étudiées en Gaule.

Sur environ 5 000 m², la fouille des Berges de la Robine a révélé plus de 1 455 structures funéraires datant principalement des Ier et IIe siècles après J.-C. Un ensemble exceptionnel, dont la conservation permet de comprendre non seulement comment les habitants de Narbonne enterraient leurs morts, mais aussi comment ils leur rendaient hommage.

🏺 Une ville romaine prospère au bord de la Méditerranée

Pour comprendre cette découverte, il faut remonter à Narbo Martius, la grande cité romaine dont Narbonne était l’un des centres majeurs. Fondée comme colonie romaine au IIe siècle avant notre ère, la ville devient sous Auguste la capitale de la province de Narbonnaise.

Narbonne est alors une cité prospère, installée au croisement des voies terrestres, fluviales et maritimes. Son port joue un rôle majeur dans les échanges avec le reste de la Méditerranée. Comme le veut la tradition romaine, les espaces funéraires se trouvent à l’extérieur de la ville, notamment le long des voies de circulation.

La nécropole découverte aux Berges de la Robine se trouvait ainsi à environ 600 mètres à l’est de la ville antique, à la rencontre de deux axes. Elle n’était donc pas un cimetière isolé au milieu de nulle part : elle faisait partie intégrante du paysage urbain de Narbo Martius.

🔥 Des morts brûlés, des offrandes et des repas funéraires

Ce qui frappe les archéologues, c’est la richesse des informations conservées. La majorité des défunts ont été incinérés. Les restes osseux brûlés étaient ensuite déposés dans des récipients, accompagnés d’objets et d’offrandes.

Les fouilles ont notamment livré des cruches en verre et en céramique, des lampes à huile, des petits vases à parfum, des objets de toilette ou de parure, mais également des restes de fruits carbonisés, comme des figues et des dattes.

Certains espaces permettent même d’entrevoir les repas organisés en mémoire des morts. Des installations comparables à des salles de banquet ont été identifiées dans la nécropole. La mort n’était donc pas seulement un moment de séparation : le défunt continuait à occuper une place dans la vie de ses proches.

💧 Des amphores pour faire boire symboliquement les morts

L’une des découvertes les plus étonnantes concerne les conduits à libation. Dans certaines tombes, des récipients en céramique ou des amphores étaient installés verticalement afin de permettre de verser directement des liquides vers la sépulture.

Vin, parfum ou autres liquides pouvaient ainsi être offerts au défunt lors des cérémonies commémoratives. Ces conduits sont particulièrement intéressants car ils sont relativement rares en Gaule romaine. À Narbonne, ils ont été retrouvés dans une proportion exceptionnelle des sépultures.

La conservation du site permet également aux archéologues d'étudier la manière dont ces pratiques ont évolué au fil du temps. Autrement dit, ce ne sont pas seulement des tombes que l’on a retrouvées : ce sont des gestes vieux de près de deux millénaires que la terre a parfois conservés.

🌿 Quand la terre protège une nécropole exceptionnelle

Mais pourquoi un tel état de conservation ? La réponse se trouve en grande partie dans la proximité de l’ancien cours de l’Aude, aujourd’hui occupé par le canal de la Robine.

Au fil des siècles, les crues ont recouvert progressivement le site de plusieurs mètres de limons. Des épisodes d’inondation ont ainsi scellé les différentes phases d’utilisation de la nécropole et protégé de nombreux vestiges.

Cette situation a offert aux archéologues une véritable photographie des pratiques funéraires de la Narbonne romaine. En 2024, le rapport final de l’opération, composé de 11 volumes, a été officiellement remis aux services de l’État. Une partie du mobilier archéologique est destinée à rejoindre les collections du musée Narbo Via.

La découverte est d’autant plus précieuse qu’elle permet de mieux connaître une population rarement visible dans les grands monuments : celle des habitants ordinaires de Narbo Martius, notamment des esclaves et des affranchis, dont les épitaphes et les pratiques funéraires livrent aujourd’hui quelques fragments de vie.

En venant à Narbonne, on pense naturellement à la cathédrale Saint-Just, au canal de la Robine ou aux vestiges de la cité romaine. Pourtant, juste à côté du musée Narbo Via, un autre morceau de la ville antique raconte une histoire beaucoup plus intime : celle des hommes et des femmes qui vivaient ici, aimaient, travaillaient… et honoraient leurs morts. Une façon fascinante de découvrir Narbonne autrement, en regardant sous la ville actuelle pour retrouver celle de l’Antiquité.

Joachim Cadenas

Dans les arènes de Camargue, les noms des grands raseteurs finissent par devenir des références. Et celui de Joachim Cadenas appartient désormais à cette catégorie. Le raseteur arlésien a remporté en 2025 le Trophée des As, la compétition reine de la course camarguaise.

Le dimanche 12 octobre 2025, dans les arènes d’Arles, il a été officiellement couronné pour la troisième fois de sa carrière. Avec 478 points, il termine devant Vincent Marignan et Youssef Zekraoui, offrant à Arles un podium entièrement arlésien.

🐂 Le raset, un sport spectaculaire

La course camarguaise est une tradition profondément enracinée dans le Sud. Ici, pas de mise à mort du taureau : le raseteur entre dans l’arène pour tenter de retirer, à l’aide de son crochet, les attributs fixés entre les cornes du cocardier.

Cocarde, glands et ficelles sont autant d’objectifs qui rapportent des points. Le raset demande de la vitesse, de la précision et une parfaite connaissance du comportement de l’animal. Le spectacle repose sur cette confrontation permanente entre l’homme et le taureau.

🏆 Trois fois « As des As »

Pour Joachim Cadenas, le titre de 2025 n’est pas une première. Le raseteur arlésien avait déjà remporté le Trophée des As en 2016 et 2018. Son nouveau sacre lui permet donc d’inscrire une troisième fois son nom au palmarès de la compétition.

Et la finale 2025 avait une saveur particulière. Cadenas était déjà assuré d’arriver en tête du classement avant même d’entrer en piste. Mais il a tout de même marqué la journée en remportant également le titre de meilleur animateur de la finale. Plus de 7 000 spectateurs avaient pris place dans les arènes d’Arles pour cette grande journée de course camarguaise.

⚪ Un podium 100 % arlésien

La victoire de Cadenas n’était pourtant pas le seul événement de cette finale. Derrière lui, Vincent Marignan a terminé deuxième avec 424 points et Youssef Zekraoui troisième avec 298 points.

Les trois hommes sont originaires d’Arles, ce qui a donné à la finale une dimension particulière pour la cité provençale. La ville pouvait célébrer ses trois représentants aux trois premières places de la catégorie reine.

🌿 Arles, capitale de la course camarguaise

La finale du Trophée des As se déroule alternativement à Arles et Nîmes. Elle constitue l’aboutissement d’une saison disputée dans les arènes du Gard, de l’Hérault et des Bouches-du-Rhône, au cœur du territoire de la bouvine.

À Arles, la course camarguaise fait partie de l’identité locale au même titre que les traditions gardianes, les manades et les grandes fêtes taurines. Voir un enfant du pays soulever le Trophée des As dans les arènes de sa ville donne donc forcément à ce troisième sacre une résonance particulière.

En 2025, Joachim Cadenas n’a pas seulement remporté une nouvelle fois le titre suprême. Il a ajouté un troisième chapitre à une histoire déjà bien installée dans le paysage de la course camarguaise.

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