La Cévenole : 49 km sur l’ancienne voie ferrée au cœur des Cévennes
Imaginez une ancienne voie ferrée serpentant entre les montagnes, les tunnels, les viaducs et les vallées sauvages des Cévennes. Les rails ont disparu depuis longtemps, mais le tracé est toujours là. Entre Florac-Trois-Rivières, en Lozère, et Sainte-Cécile-d’Andorge, dans le Gard, une ancienne ligne de chemin de fer est progressivement transformée en une grande voie verte de 49 kilomètres : La Cévenole.
Le projet était autrefois connu sous le nom de « Ligne verte des Cévennes ». Il consiste à réutiliser principalement l’ancienne plateforme du Chemin de fer départemental (CFD), une petite ligne qui relia Florac à Sainte-Cécile-d’Andorge de 1909 à 1968. Plus de cinquante ans après le passage du dernier train, les voyageurs peuvent ainsi reprendre possession de cette ancienne voie… mais cette fois à pied, à vélo ou à cheval.
🚂 Quand le train traversait les vallées cévenoles
Le Céfédé, comme l’appelaient les habitants, n’était pas une grande ligne ferroviaire nationale. C’était un chemin de fer départemental à voie métrique, conçu pour desservir les vallées cévenoles et relier les villages entre eux.
Mis en service en 1909, il parcourait les vallées de la Mimente et du Gardon d’Alès. Pendant près de soixante ans, ses trains ont transporté habitants et marchandises avant que la ligne ne soit finalement abandonnée en 1968. Aujourd’hui, tunnels, viaducs, anciennes gares et autres ouvrages d’art témoignent encore de cette aventure ferroviaire.
C’est justement ce patrimoine qui donne son caractère particulier à la future voie verte. Le parcours ne traverse pas simplement les Cévennes : il emprunte l’ancienne route du train.
🌿 49 kilomètres entre Mimente et Gardon d’Alès
Depuis Florac, l’itinéraire remonte la vallée de la Mimente, en direction du col de Jalcreste. Il redescend ensuite progressivement en suivant la vallée du Gardon d’Alès jusqu’à Sainte-Cécile-d’Andorge. Au total, près de 49 kilomètres composent cette liaison entre Lozère et Gard.
L’intérêt de reprendre une ancienne voie ferrée est évident : les trains ne pouvaient évidemment pas gravir brutalement les montagnes. Le tracé offre donc généralement une plateforme relativement large et régulière, avec des pentes limitées, particulièrement adaptée à la promenade familiale.
Et le décor change constamment. Gorges rocheuses, forêts, villages, rivières, ouvrages ferroviaires et paysages d’agropastoralisme accompagnent le parcours. Le bruit du train a disparu depuis plus d’un demi-siècle ; il ne reste désormais que celui de la Mimente, du vent dans les arbres et des pas des promeneurs.
🚴 Une voie verte pour les marcheurs, les vélos… et les chevaux
La particularité de La Cévenole est de vouloir faire cohabiter plusieurs formes de randonnée. Le parcours est destiné aux piétons, cyclistes et cavaliers, mais également aux attelages et aux ânes.
Des travaux de sécurisation ont notamment été nécessaires sur les ouvrages d’art. Certaines portions comprennent en effet d’anciens viaducs, passerelles et tunnels hérités du chemin de fer. Une passerelle himalayenne de 72 mètres a notamment été réalisée sur le parcours.
La première tranche a permis d’ouvrir des portions dès 2022, notamment entre Florac et Saint-Julien-d’Arpaon ainsi qu’entre Le Collet-de-Dèze et Sainte-Cécile-d’Andorge. Le parcours complet n’est cependant pas encore aménagé en 2026. Les derniers secteurs nécessitant des travaux, notamment autour du col de Jalcreste, doivent être traités progressivement.
🏞️ Une autre façon de découvrir les Cévennes
La force de La Cévenole est peut-être là : elle permet de découvrir les Cévennes sans avoir à affronter la circulation automobile ni les fortes pentes de certains itinéraires de montagne. On avance tranquillement, en suivant exactement le chemin imaginé autrefois par les ingénieurs du chemin de fer.
Le parcours permet également de rejoindre ou de croiser plusieurs itinéraires de randonnée, dont le célèbre GR70 – chemin de Stevenson, et de découvrir au passage les villages, les anciennes gares et les ouvrages ferroviaires qui racontent l’histoire industrielle et humaine de cette partie des Cévennes.
C’est donc bien plus qu’une simple piste cyclable. La Cévenole transforme une ancienne ligne de chemin de fer en chemin de découverte, reliant deux départements et donnant une seconde vie à un patrimoine ferroviaire que l’on aurait pu croire condamné à disparaître.
Alors, à pied, à vélo, à cheval ou simplement avec l’envie de prendre son temps, il faudra garder cette ancienne voie ferrée dans un coin de sa carte. Car dans les Cévennes, il existe désormais une drôle de façon de voyager : suivre les rails… même lorsqu’il n’y en a plus.






















