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Davalada, Halloween languedocien

Martror : l’étrange fête des morts qui renaît en Occitanie

Bien avant Halloween, l’Occitanie avait déjà son étrange fête des morts. Son nom : Martror. Le mot occitan désignait autrefois la Toussaint, le 1er novembre, et apparaît régulièrement dans les textes médiévaux. Derrière ce nom se cache une période particulière du calendrier, lorsque l’automne bascule vers l’hiver et que les vivants se tournent symboliquement vers leurs morts.

Mais contrairement à une idée souvent répandue, Martror n’est pas simplement un « Halloween occitan ». C’est une tradition beaucoup plus ancienne et plus complexe, mêlant calendrier agricole, croyances populaires, christianisme et rites autour de la mémoire des disparus.

🕯️ Quand les morts avaient leur place parmi les vivants

Dans les anciens textes occitans, Martror désigne la fête de la Toussaint. Le terme vient de l’idée de « fête des martyrs » et constitue pendant des siècles un important repère dans le calendrier du Midi.

Le début du mois de novembre correspond à une période charnière : les jours raccourcissent, les travaux agricoles changent de rythme et l’hiver approche. Dans les croyances populaires, cette période était aussi propice aux relations symboliques entre le monde des vivants et celui des morts.

Dans certaines régions des Pyrénées, les enquêtes ethnographiques du XXe siècle ont ainsi recueilli des témoignages de pratiques destinées à honorer les défunts. On pouvait notamment laisser de la nourriture ou faire brûler une bûche durant la nuit. L’idée était autant de se souvenir des ancêtres que de symboliquement réchauffer leurs âmes.

🌑 Un mois sombre… mais aussi un nouveau départ

Ce qui est fascinant avec Martror, c’est que cette période consacrée aux morts correspondait également à un moment de renouveau. Dans le monde rural occitan, le calendrier agricole continuait son cycle : labours, semailles et préparation de la nouvelle année.

Une ancienne expression occitane disait ainsi : « De Sant Miquèl a Martror i a un mes laborador » — de la Saint-Michel à Martror, il y a un mois pour travailler la terre. Martror marquait donc aussi la fin d’un cycle et le commencement d’un autre.

Dans les textes médiévaux, l’expression « de Martror en Martror » pouvait même désigner une année entière. La Toussaint constituait alors un véritable repère dans la vie économique et sociale : échéances, loyers, contrats et travaux agricoles pouvaient être fixés d’une fête de Martror à l’autre.

⛪ Quand l’Église donne une nouvelle dimension à la fête

La période autour de Martror va progressivement prendre une dimension chrétienne. La fête de tous les saints est fixée au 1er novembre dans la chrétienté latine au cours du Moyen Âge, tandis que le 2 novembre devient ensuite la journée consacrée à la commémoration des fidèles défunts.

Dans les campagnes occitanes, les anciennes croyances et les pratiques chrétiennes ont parfois coexisté. Les enquêtes ethnographiques ont conservé la trace de nombreuses coutumes : offrandes de nourriture, bougies, bûches brûlées toute la nuit ou encore cérémonies destinées à financer des messes pour les morts.

Dans le Rouergue, notamment autour de Saint-Geniez-d’Olt, une ancienne pratique de vente aux enchères pour les âmes a ainsi conservé le principe d’offrandes alimentaires. Les bénéfices servaient à faire célébrer des messes pour les défunts de la paroisse.

🔥 À Pézenas, Martror revient dans les rues

Aujourd’hui, le nom de Martror connaît une étonnante renaissance, notamment à Pézenas. Depuis les années 2000, le Théâtre des Origines puis le Collectif Temporadas ont travaillé à recréer un rituel festif autour de la fête des morts, en s’appuyant sur des recherches consacrées au patrimoine culturel immatériel régional.

La fête prend alors une forme spectaculaire : déambulation, musique, costumes, personnages fantastiques et symboles liés au passage entre les saisons et entre le monde des vivants et celui des morts. Le Martror contemporain de Pézenas clôt ainsi le cycle annuel des Temporadas.

On y retrouve des figures inquiétantes ou fantastiques de l’imaginaire occitan : sorcières, fées, squelettes, dracs et autres créatures. Mais derrière le spectacle, l’objectif reste de faire revivre une mémoire collective et de questionner les anciennes traditions liées au passage de l’automne à l’hiver.

🎭 Halloween ou Martror ?

L’arrivée massive d’Halloween en France dans les années 1990 a paradoxalement contribué à remettre en lumière certaines traditions locales autour de la Toussaint. Dans plusieurs territoires occitans, le besoin de raconter autrement cette période de l’année a favorisé un regain d’intérêt pour les anciens rites.

Mais Martror ne se résume pas à une version régionale d’Halloween. Là où la fête américaine s’est construite autour des déguisements, des citrouilles et de la collecte de bonbons, Martror plonge ses racines dans le calendrier occitan, la mémoire des morts et le rythme de la vie rurale.

C’est peut-être ce qui rend cette tradition si fascinante : au lieu de seulement faire peur aux morts, on leur faisait autrefois une place dans la maison, autour du feu et à table. Et aujourd’hui encore, dans les rues de Pézenas, cette vieille mémoire revient chaque automne sous une forme nouvelle.

Alors, si vous êtes dans l’Hérault au début du mois de novembre, ouvrez l’œil. Derrière les fêtes modernes d’Halloween se cache une autre histoire, profondément enracinée dans le Midi : celle de Martror, la mystérieuse fête occitane où l’on se souvenait que les morts avaient, eux aussi, leur place parmi les vivants.

Valentin Casenove

Il aura fallu attendre la nuit pour connaître le vainqueur. Lundi 24 août 2026, dans le Cadre Royal de Sète, Valentin Casenove a remporté le Grand Prix de la Saint-Louis, le rendez-vous le plus prestigieux des joutes nautiques languedociennes.

Le Sétois, sociétaire de la Lance Amicale Sétoise, décroche ainsi son premier Grand Prix chez les lourds, au terme d'une soirée complètement bouleversée par un violent orage.

⚓ Une tradition vieille de près de trois siècles

À Sète, les joutes ne sont pas un simple spectacle estival. Elles font partie de l'identité de la ville depuis ses débuts : les premières joutes sétoises remontent à 1666, l'année de l'inauguration du port.

Le Grand Prix de la Saint-Louis, lui, existe depuis 1743. Depuis près de trois siècles, les meilleurs jouteurs se retrouvent donc sur le canal Royal pour tenter d'inscrire leur nom au prestigieux palmarès.

⛈️ Un tournoi interrompu par l'orage

Cette édition 2026 restera longtemps dans les mémoires. Alors que le tournoi des lourds battait son plein, un violent orage s'est abattu sur Sète en début de soirée.

Les affrontements ont été interrompus pendant plus de deux heures. Le matériel de retransmission de la Ville a notamment été endommagé par les intempéries. Après une réunion entre les organisateurs, les sociétés de joutes, les secours et les autorités, la compétition a finalement pu reprendre vers 21 heures.

Vendémian Tambourin

Il suffit parfois d’un petit village pour devenir une grande terre de sport. À Vendémian, dans la vallée de l’Hérault, le jeu de balle au tambourin est bien plus qu’une simple activité sportive : c’est une véritable tradition locale. Et en septembre 2026, le club a écrit une nouvelle page de son histoire en réalisant un incroyable triplé national.

En l’espace d’un week-end, Vendémian a remporté les titres de Champion de France de Nationale 1 masculine, de Nationale 2 masculine et de Nationale 1 féminine. Une performance exceptionnelle pour ce village de la Vallée de l’Hérault.

🥁 Un sport qui ne ressemble à aucun autre

Le tambourin est un sport spectaculaire, directement issu d’une tradition ancienne du Languedoc. Deux équipes s’affrontent sur un terrain extérieur en essayant de renvoyer une balle à l’aide d’un instrument circulaire ressemblant à un tambourin.

Le principe paraît simple, mais les échanges peuvent devenir extrêmement rapides. Placement, puissance, précision et anticipation sont indispensables pour prendre l’avantage. Dans plusieurs villages de l’Hérault, les terrains de tambourin font encore partie du paysage quotidien.

Vendémian appartient justement à ces villages où le tambourin possède une place particulière. La communauté de communes de la Vallée de l’Hérault présente d’ailleurs ce sport comme une véritable tradition sportive du territoire.

🏆 Vendémian champion de France après un final complètement fou

Le dimanche 13 septembre 2026, Vendémian affrontait Cazouls-d’Hérault en finale de Nationale 1 masculine. Devant son public, l’équipe vendémianaise a longtemps mené la rencontre : 6-4, puis 8-5 et encore 12-11.

Mais Cazouls est revenu à 12-12, poussant les deux équipes dans un ultime jeu décisif. Au terme de ce suspense, Vendémian a finalement décroché le titre sur le score de 13-12.

Une victoire d’autant plus symbolique qu’elle a été obtenue à domicile, devant plus de 300 spectateurs. Le jeune capitaine Clément Lafon, accompagné notamment de Douglas Galant, Marius Gay, Jebril Vessière et Maxime Bourniquel, pouvait alors soulever le trophée.

🥇 Et ce n’était que le début du week-end

Car Vendémian avait déjà frappé fort la veille. En finale de Nationale 2 masculine, le club s’était imposé 13-7 face à Gignac, ajoutant un premier titre national à son palmarès du week-end.

Puis les féminines ont complété la moisson. Leaders de la poule des championnes de Nationale 1, elles ont décroché le titre malgré leur défaite 13-10 contre Notre-Dame-de-Londres lors de la dernière journée : les dix jeux remportés leur suffisaient pour conserver la première place et devenir championnes de France.

🌿 Un village qui porte haut les couleurs du tambourin

Ce triplé raconte finalement quelque chose de plus grand que trois simples trophées. À Vendémian, le tambourin fait partie de cette culture sportive très particulière de l’Hérault, où des villages de quelques centaines d’habitants peuvent posséder des équipes évoluant au plus haut niveau national.

Le palmarès fédéral montre d’ailleurs que Vendémian fait partie depuis longtemps des clubs importants du championnat de France. Le village avait déjà remporté plusieurs titres nationaux masculins, notamment en 2018, 2016, 2006, 2005 et 2003.

Mais trois titres nationaux réunis sur le même week-end donnent une toute autre dimension à cette histoire.

☀️ Quand le tambourin raconte le Languedoc

Pour qui découvre la Vallée de l’Hérault, le tambourin est aussi une étonnante porte d’entrée vers une tradition typiquement languedocienne. Ici, les terrains, les rencontres et les compétitions font partie du décor, au même titre que les vignes, les villages de pierre et les paysages méditerranéens.

Et en 2026, Vendémian a frappé trois fois. Trois titres de champions de France en un seul week-end : une performance qui permet désormais au petit village héraultais de revendiquer une place toute particulière dans l’histoire du tambourin français.

Platane Saint Guilhem


Le Roi Platane de Saint-Guilhem-le-Désert : un arbre remarquable au cœur de l’Hérault

Il suffit d’arriver sur la place de la Liberté pour le remarquer. Avant même de pousser les portes de l’ancienne abbaye de Gellone, le regard est attiré par un immense platane qui déploie ses branches au-dessus de la place. À Saint-Guilhem-le-Désert, tout le monde le connaît : c’est le « Roi Platane ».

Avec son tronc de plus de 6 mètres de circonférence et ses quelque 20 mètres de hauteur, cet arbre monumental est devenu un véritable élément du paysage du village. Planté au lendemain de la Révolution de 1848 selon la tradition locale, il a reçu en 2020 le prestigieux label « Arbre remarquable de France ».

🌳 Un arbre planté pour célébrer la République

L’histoire du Roi Platane commence au milieu du XIXe siècle. La tradition veut qu’il ait été planté en 1848, année de naissance de la Deuxième République, comme beaucoup d’« arbres de la liberté » apparus alors dans les villages français.

Mais l’histoire possède ici une petite part de mystère. Un panneau fixé sur le tronc indique en effet la date du 21 janvier 1855. Plusieurs sources continuent néanmoins à retenir 1848 comme date de plantation. Quoi qu’il en soit, le platane a aujourd’hui largement dépassé le siècle et demi.

Au fil des générations, il est devenu bien davantage qu’un simple arbre planté sur une place. Il est désormais intimement associé à l’image de Saint-Guilhem-le-Désert.

👑 Pourquoi l’appelle-t-on le « Roi Platane » ?

Son surnom lui va plutôt bien. Ses dimensions impressionnent, mais c’est surtout son emplacement qui lui donne une présence particulière. Le platane se dresse pratiquement face à l’entrée de l’ancienne abbaye de Gellone, au cœur d’un village médiéval installé dans l’étroite vallée du Verdus.

Ses grandes branches forment une véritable toiture végétale au-dessus de la place. En été, lorsque Saint-Guilhem accueille les visiteurs venus découvrir l’abbaye et les gorges de l’Hérault, son ombre devient particulièrement appréciée.

Le Roi Platane est aussi associé à une étonnante légende locale. On raconte qu’un âne attaché à son tronc aurait été emporté par une crue du Verdus avant d’être retrouvé… assis sur l’autel de l’église. Une histoire impossible, évidemment, mais qui participe au folklore entourant ce vieux géant végétal.

🏅 Un arbre officiellement « remarquable »

En 2020, le platane a reçu le label « Arbre remarquable de France », attribué par l’association A.R.B.R.E.S. Cette distinction ne récompense pas uniquement les arbres les plus vieux ou les plus imposants.

L’association prend également en compte leur histoire, leur intérêt culturel, leur forme, leur environnement ou encore les légendes qui leur sont associées. Le Roi Platane coche plusieurs de ces critères : ses dimensions, son ancienneté, son histoire liée à la République et surtout sa place exceptionnelle dans le paysage de Saint-Guilhem-le-Désert.

Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’être un spécialiste des arbres pour comprendre pourquoi il a été distingué. Il suffit de se placer au pied du tronc et de lever les yeux.

🥾 Le dernier compagnon des pèlerins

Saint-Guilhem-le-Désert n’est pas seulement l’un des plus beaux villages du Sud. Le village est également une étape historique sur les chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. L’abbaye de Gellone, fondée au début du IXe siècle par Guilhem, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques.

Pour les randonneurs qui arrivent au village après avoir parcouru les chemins de la vallée, le Roi Platane constitue presque une arrivée symbolique. On débouche sur la place, l’abbaye apparaît derrière les branches et l’immense arbre offre son ombre avant de poursuivre la découverte.

Il faut cependant le regarder avec un peu de distance. Le piétinement répété autour de son tronc peut fragiliser ses racines, raison pour laquelle les visiteurs sont invités à ne pas s’approcher trop près de celui-ci.

Alors, lorsque vous visiterez Saint-Guilhem-le-Désert, ne vous contentez pas de photographier l’abbaye. Prenez quelques secondes pour observer celui qui monte la garde devant elle depuis plus de 150 ans. Sous ses branches, entre les vieilles pierres et les montagnes de l’Hérault, le Roi Platane rappelle qu’un arbre peut lui aussi devenir un morceau de patrimoine. Et celui-ci a désormais son titre officiel : il est remarquable.

Carnaval de Limoux


Le carnaval de Limoux : trois mois de folie sous les arcades de l’Aude

Le carnaval de Limoux n’est pas vraiment le genre de carnaval que l’on vient voir pendant quelques heures avant de rentrer chez soi. Ici, la fête s’installe dans la ville pour des semaines. De janvier jusqu’au printemps, les samedis et dimanches, les arcades de la place de la République résonnent au son des musiques traditionnelles, tandis que les bandes de carnavaliers défilent lentement au milieu des habitants et des visiteurs.

À quelques kilomètres de la cité de Carcassonne, cette petite ville de l’Aude possède ainsi une tradition festive assez exceptionnelle. Limoux revendique d’ailleurs le titre de « plus long carnaval du monde ». Mais derrière les confettis, les costumes et la musique se cache surtout un patrimoine populaire profondément enraciné dans l’histoire locale.

🎭 Une tradition qui remonte à plusieurs siècles

Les origines exactes du carnaval de Limoux restent difficiles à établir. La ville fait remonter les premières traces écrites du carnaval au début du XVIe siècle, tandis que différentes traditions locales évoquent des fêtes liées aux meuniers, au vin ou encore à la Saint-Martin. L'histoire racontée autour des meuniers est particulièrement célèbre : ceux-ci auraient défilé dans la ville en jetant des dragées ou de la farine, une tradition qui aurait progressivement donné naissance aux confettis et à certains gestes caractéristiques du carnaval actuel.

Au XIXe siècle, la tradition des « meuniers » est en tout cas bien documentée. Le costume et les accessoires vont ensuite évoluer : le fouet du meunier deviendra la carabène du carnavalier et les dragées laisseront progressivement place aux confettis.

🎶 Les Fécos, étranges silhouettes sous les arcades

À Limoux, les carnavaliers sont appelés les Fécos. Impossible de les confondre avec de simples participants déguisés : leur costume obéit à des codes très précis. Pierrot coloré, masque, veste et pantalon amples, collerette, gants et cagoule composent une silhouette dont aucune partie du corps ne doit normalement apparaître.

Mais le plus impressionnant reste peut-être leur façon de se déplacer. Les Fécos avancent lentement derrière les musiciens, guidés par quelques meneurs qui donnent le rythme avec leurs carabènes. Les gestes sont amples, presque chorégraphiques, et toute la bande progresse sous les arcades au son d'une musique répétitive et entraînante.

Le carnaval n'est d'ailleurs pas considéré comme un simple spectacle. Les habitants et les spectateurs, les fameux « badauds », font partie intégrante de la fête. Les confettis volent, les conversations s'engagent et les arrêts dans les cafés font eux aussi partie du rituel.

🍾 Ici, même la blanquette fait partie de la fête

Il serait difficile de parler de Limoux sans évoquer sa célèbre blanquette. Le vin effervescent est devenu l'autre grande signature de la ville. La tradition viticole locale situe sa naissance en 1531, dans les caves de l'abbaye bénédictine de Saint-Hilaire, soit bien avant l'apparition du champagne.

Le lien entre le carnaval et la blanquette est d'ailleurs profondément ancré dans la culture locale. La « nuit de la Blanquette » marque notamment la fin des festivités, lorsque le carnaval est symboliquement jugé puis brûlé au milieu de la place de la République.

Cette disparition spectaculaire n'est pourtant qu'une parenthèse. À Limoux, le carnaval est pensé comme un cycle : il finit dans les flammes pour mieux renaître l'année suivante.

🔥 Un carnaval qui ne ressemble à aucun autre

Autre personnage étonnant de cette tradition : le goudil. Contrairement au Fécos intégré à une bande, il évolue davantage comme un électron libre. Déguisé de manière volontairement fantaisiste, il se glisse derrière les musiciens et engage avec les spectateurs ce que les Limouxins appellent la « chine » : un jeu de dialogue et d'énigmes où le goudil cherche notamment à reconnaître ou interpeller son interlocuteur.

Puis vient le dernier acte. À la tombée de la nuit, les « entorches », torches traditionnelles confectionnées selon un savoir-faire transmis oralement, éclairent les dernières sorties. Enfin, Sa Majesté Carnaval est condamnée et brûlée. Le feu consume alors plusieurs mois de fête, sous les yeux des carnavaliers qui savent déjà que l'histoire recommencera.

Ce qui frappe lorsqu'on découvre Limoux, c'est justement cette impression d'assister non pas à un événement ponctuel, mais à une tradition vivante. Le carnaval figure à l'Inventaire national du patrimoine culturel immatériel, dans plusieurs domaines : traditions orales, arts du spectacle, pratiques sociales et festives et savoir-faire artisanaux.

Alors, si vos pas vous conduisent un jour dans l'Aude, entre Carcassonne et les premières collines du Limouxin, prenez le temps de pousser jusqu'à la place de la République. Sous les vieilles arcades, laissez passer les Fécos, écoutez les cuivres, attrapez quelques confettis au passage… et pourquoi pas terminer la balade autour d'une coupe de blanquette. À Limoux, le carnaval ne se regarde pas vraiment : il se vit.

 Moulin de Grattegals

Le moulin de Grattegals : en Cévennes, l’eau fait encore tourner l’histoire

C’est un petit chemin au bord du Tarnon, quelque part entre Florac et les paysages sauvages des Cévennes. Et puis, au détour de la rivière, apparaît le hameau de Grattegals et son étonnant moulin à eau. Ici, rien de spectaculaire en apparence. Pourtant, derrière ses murs se cache une histoire vieille de plusieurs siècles et un savoir-faire qui n’a jamais complètement disparu.

Le moulin de Grattegals est aujourd’hui l’un des rares moulins de Lozère encore en fonctionnement. Son histoire est attestée au moins depuis le début du XVe siècle, et le site apparaît également dans les documents cadastraux de 1641. Après avoir cessé son activité régulière en 1984, il a été progressivement remis en route à partir de 2004 par son propriétaire, descendant d’une famille de meuniers.

💧 Ici, c’est le Tarnon qui commande

Le secret du moulin est aussi simple qu’ingénieux : utiliser la force de l’eau. Un seuil installé sur le Tarnon permet de détourner une partie de la rivière vers un béal, un canal d’environ 250 mètres qui longe le hameau avant d’amener l’eau jusqu’au moulin.

L’eau arrive ensuite dans une grande réserve appelée « gourgue », avant d’être dirigée vers le mécanisme hydraulique. Le meunier doit alors jouer avec les vannes et le débit pour obtenir suffisamment de puissance sans perturber le fonctionnement naturel de la rivière. Un travail de précision qui dépend directement des caprices du climat cévenol.

🌾 Des gestes qui ont traversé les générations

Autrefois, le moulin ne servait pas seulement à produire de la farine de blé. Deux meules permettaient de travailler différentes céréales, tandis qu’une autre était utilisée pour les châtaignes et l’huile de noix. Le site était également intégré à toute l’organisation agricole du hameau : le béal servait à la fois au moulin et à l’irrigation des terres.

Aujourd’hui, le geste reste étonnamment proche de celui des anciens meuniers. Le grain descend jusqu’à la meule de pierre, puis la mouture est remontée vers le système de tamisage. Le réglage de la meule, le débit de l’eau ou encore le choix du tamis sont autant de détails qui demandent de l’expérience.

🥖 Une farine qui voyage… mais pas très loin

Le moulin travaille notamment à façon pour des particuliers et des professionnels. Des boulangers viennent y faire moudre leurs céréales et la farine produite provient de cultures situées dans un rayon relativement proche. Le Parc national des Cévennes présente d’ailleurs le moulin comme un exemple de production locale reposant uniquement sur l’énergie de l’eau du Tarnon.

En 2025, le moulin produisait ainsi environ 12 tonnes de farine de blé tendre par an. Son fonctionnement reste toutefois soumis au rythme de la rivière : il tourne principalement d’octobre à mai et doit s’arrêter lorsque les conditions hydrologiques deviennent défavorables, notamment lors des périodes d’étiage ou de crues.

🌿 Une parenthèse hors du temps dans les Cévennes

Pour découvrir Grattegals, il faut quitter les grands itinéraires et suivre le chemin qui longe le Tarnon. Le cadre fait partie de l’expérience : rivière, rochers, châtaigniers, anciens murs en pierre et terrasses agricoles racontent à leur manière la vie de ces vallées cévenoles.

Et puis il y a le bruit de l’eau. Celui qui, depuis des siècles, accompagne le travail des hommes. À Grattegals, le moulin n’est pas seulement un bâtiment ancien : c’est une machine vivante, entièrement dépendante de la rivière et de ceux qui savent encore la faire fonctionner. Une petite merveille du patrimoine cévenol, où l’on comprend qu’il suffit parfois d’un filet d’eau pour faire tourner… plusieurs siècles d’histoire.

Joachim Cadenas

Dans les arènes de Camargue, les noms des grands raseteurs finissent par devenir des références. Et celui de Joachim Cadenas appartient désormais à cette catégorie. Le raseteur arlésien a remporté en 2025 le Trophée des As, la compétition reine de la course camarguaise.

Le dimanche 12 octobre 2025, dans les arènes d’Arles, il a été officiellement couronné pour la troisième fois de sa carrière. Avec 478 points, il termine devant Vincent Marignan et Youssef Zekraoui, offrant à Arles un podium entièrement arlésien.

🐂 Le raset, un sport spectaculaire

La course camarguaise est une tradition profondément enracinée dans le Sud. Ici, pas de mise à mort du taureau : le raseteur entre dans l’arène pour tenter de retirer, à l’aide de son crochet, les attributs fixés entre les cornes du cocardier.

Cocarde, glands et ficelles sont autant d’objectifs qui rapportent des points. Le raset demande de la vitesse, de la précision et une parfaite connaissance du comportement de l’animal. Le spectacle repose sur cette confrontation permanente entre l’homme et le taureau.

🏆 Trois fois « As des As »

Pour Joachim Cadenas, le titre de 2025 n’est pas une première. Le raseteur arlésien avait déjà remporté le Trophée des As en 2016 et 2018. Son nouveau sacre lui permet donc d’inscrire une troisième fois son nom au palmarès de la compétition.

Et la finale 2025 avait une saveur particulière. Cadenas était déjà assuré d’arriver en tête du classement avant même d’entrer en piste. Mais il a tout de même marqué la journée en remportant également le titre de meilleur animateur de la finale. Plus de 7 000 spectateurs avaient pris place dans les arènes d’Arles pour cette grande journée de course camarguaise.

⚪ Un podium 100 % arlésien

La victoire de Cadenas n’était pourtant pas le seul événement de cette finale. Derrière lui, Vincent Marignan a terminé deuxième avec 424 points et Youssef Zekraoui troisième avec 298 points.

Les trois hommes sont originaires d’Arles, ce qui a donné à la finale une dimension particulière pour la cité provençale. La ville pouvait célébrer ses trois représentants aux trois premières places de la catégorie reine.

🌿 Arles, capitale de la course camarguaise

La finale du Trophée des As se déroule alternativement à Arles et Nîmes. Elle constitue l’aboutissement d’une saison disputée dans les arènes du Gard, de l’Hérault et des Bouches-du-Rhône, au cœur du territoire de la bouvine.

À Arles, la course camarguaise fait partie de l’identité locale au même titre que les traditions gardianes, les manades et les grandes fêtes taurines. Voir un enfant du pays soulever le Trophée des As dans les arènes de sa ville donne donc forcément à ce troisième sacre une résonance particulière.

En 2025, Joachim Cadenas n’a pas seulement remporté une nouvelle fois le titre suprême. Il a ajouté un troisième chapitre à une histoire déjà bien installée dans le paysage de la course camarguaise.

Gaulois du Gard

À Nîmes, une nécropole gauloise vieille de 2 500 ans dormait sous un chantier

Il suffit parfois de creuser quelques mètres pour changer complètement l’histoire d’une ville. À Nîmes, les archéologues de l’Inrap ont découvert, rue Henri Revoil, les vestiges d’une petite nécropole datant de plus de 2 400 ans. Elle était là bien avant les arènes, la Maison Carrée et même avant que Nîmes ne devienne la grande cité romaine que l’on connaît aujourd’hui.

La fouille, réalisée en 2020 avant la construction d’un immeuble, a permis d’explorer environ 1 200 m². Et la découverte est particulièrement intéressante : elle renseigne sur les pratiques funéraires d’une communauté installée autour de la future Nîmes, à une époque où l’agglomération nîmoise commençait tout juste à prendre forme.

⚱️ Des morts incinérés au temps des premiers Nîmois

Nous sommes entre environ 510 et 400 avant notre ère, à la fin du premier âge du Fer et au début du second âge du Fer. Nîmes n’est pas encore la cité romaine que l’on imagine : son premier noyau d’habitat se développe autour de la source de la Fontaine, sur les pentes du Mont Cavalier.

À quelques centaines de mètres de cette agglomération protohistorique, les habitants disposent déjà d’un espace réservé à leurs morts. Les archéologues ont identifié une petite nécropole à incinération, avec quatre sépultures et plusieurs aménagements qui structurent soigneusement l’espace.

Après la crémation, les ossements du défunt étaient recueillis et déposés dans un récipient, notamment dans des vases ossuaires en céramique grise monochrome. Certains objets accompagnaient également les morts : une tombe a ainsi livré un couteau en fer et une fibule en bronze.

🌿 Une véritable architecture pour les morts

La découverte devient encore plus étonnante lorsqu’on observe l’organisation du site. Les tombes ne sont pas dispersées au hasard dans le paysage. Elles sont installées au sein de sept enclos quadrangulaires, mesurant entre 30 et 69 m².

Tous ces enclos suivent la même orientation nord-sud et semblent s’organiser autour d’un axe directeur. Les archéologues pensent que cet agencement était probablement lié à un chemin longeant la nécropole.

Encore plus surprenant : les limites de certains enclos étaient constituées de terre massive, parfois renforcée par des poteaux de bois. Des ouvertures permettaient d’entrer dans ces espaces où se trouvait la sépulture.

Autrement dit, il ne s’agissait pas simplement de quelques tombes creusées dans le sol. Les morts disposaient d’un véritable espace architectural, soigneusement organisé et probablement visible depuis le chemin voisin.

🌿 Nîmes avant les Romains

Cette petite nécropole est particulièrement précieuse pour comprendre les origines de Nîmes. L’Inrap rappelle que l’agglomération nîmoise apparaît précisément à la fin du VIe siècle avant notre ère, autour de la source de la Fontaine.

À cette époque, le territoire est déjà parcouru par des chemins, occupé par des habitats et organisé autour de différents espaces agricoles et funéraires. Les tombes découvertes rue Henri Revoil témoignent donc d’une société qui possède déjà ses propres règles d’organisation de l’espace et ses rituels.

Quelques siècles plus tard, les Romains transformeront profondément la ville. Mais sous les monuments emblématiques de la Nîmes antique se cache une histoire beaucoup plus ancienne : celle d’une communauté gauloise qui vivait ici bien avant l’arrivée de Rome.

🏺 Une découverte qui raconte une autre Nîmes

Ce genre de découverte rappelle que l’histoire d’une ville ne commence jamais vraiment avec ses monuments les plus célèbres. Sous les rues, les immeubles et les parkings de Nîmes se superposent des siècles d’occupation humaine.

La nécropole de la rue Henri Revoil offre ainsi une rare fenêtre sur les premiers habitants de Nîmes et sur leur rapport à la mort. Les vases, les objets, les enclos et l’organisation du site permettent aux archéologues de reconstituer peu à peu un paysage disparu.

Alors, la prochaine fois que vous vous promènerez dans Nîmes, pensez-y : bien avant les gladiateurs, les temples romains et les grandes avenues, il y avait déjà ici des chemins, des maisons, des champs… et une petite communauté qui venait déposer ses morts au bord d’un chemin. Une Nîmes gauloise que les fouilles archéologiques font peu à peu réapparaître.

Saint Roch

Saint-Roch de Montpellier : l’église devenue sanctuaire au cœur de la ville

Au cœur de Montpellier, entre les rues animées de l’Écusson, une église attire depuis des siècles les pas des croyants et des curieux. Dédiée à saint Roch, enfant de Montpellier devenu l’un des saints les plus populaires d’Europe, elle n’est désormais plus seulement une église paroissiale : elle porte officiellement le titre de sanctuaire Saint-Roch.

Mais quelle différence y a-t-il entre une église et un sanctuaire ? Une église est avant tout un lieu destiné à la célébration du culte chrétien et à la vie d’une communauté. Un sanctuaire est, lui, un lieu vers lequel les fidèles se rendent particulièrement en pèlerinage en raison de la dévotion qui lui est attachée. À Montpellier, cette vocation est intimement liée à la figure de saint Roch.

⛪ Une église qui devient un lieu de pèlerinage

La reconnaissance comme sanctuaire a donné une nouvelle dimension à l’église Saint-Roch. Elle s’inscrit dans une tradition de dévotion qui dépasse largement les frontières de Montpellier. Chaque année, les 15 et 16 août, les fêtes de la Saint-Roch attirent fidèles, pèlerins et visiteurs autour de processions et de célébrations.

Le 15 août, une procession part notamment de la basilique Notre-Dame des Tables pour rejoindre le sanctuaire. Le lendemain, jour de la fête de saint Roch, une nouvelle procession accompagne le saint à travers le centre historique. En 2024, le diocèse soulignait la présence de fidèles venus parfois de loin ainsi que de délégations étrangères.

Le titre de sanctuaire ne transforme donc pas physiquement l’édifice. Il reconnaît surtout une vocation particulière : celle d’un lieu où la prière, la mémoire d’un saint et le pèlerinage occupent une place centrale.

🥾 Saint Roch, le Montpelliérain devenu saint des pèlerins

Saint Roch est une figure particulièrement chère à Montpellier. Né dans la ville au XIVe siècle, il aurait choisi, après la mort de ses parents, de distribuer ses biens aux pauvres avant de partir en pèlerinage vers Rome.

Sur les routes d’Italie, la tradition raconte qu’il aurait soigné des malades de la peste avant d’être lui-même atteint par la maladie. Retiré dans les bois, il aurait été nourri par un chien qui lui apportait du pain. C’est pourquoi l’animal accompagne presque toujours les représentations du saint.

Son histoire explique aussi son extraordinaire popularité. Saint Roch est traditionnellement invoqué contre les maladies contagieuses et considéré comme le saint patron des pèlerins. Il est également associé aux malades, aux soignants et, dans la tradition populaire, aux animaux domestiques.

🐕 Un saint qui voyage bien au-delà de Montpellier

C’est peut-être ce qui rend le sanctuaire montpelliérain particulièrement intéressant : le saint qui lui donne son nom n’est pas seulement une figure de l’histoire locale. Le culte de saint Roch s’est diffusé dans de nombreuses régions d’Europe et bien au-delà.

À Montpellier, sa mémoire reste pourtant très concrète. La ville conserve notamment des lieux et des traditions liés à son histoire, tandis que les fêtes du mois d’août continuent de réunir habitants, pèlerins et visiteurs.

La présence du chien est l’un des détails les plus reconnaissables de son iconographie. À l’occasion des fêtes de la Saint-Roch, une autre tradition étonnante rappelle d’ailleurs le lien particulier du saint avec les animaux : des fidèles viennent faire bénir leurs compagnons à quatre pattes.

🌿 Une autre façon de découvrir Montpellier

Pour le visiteur qui parcourt Montpellier, le sanctuaire Saint-Roch offre donc une pause assez différente de celle des grandes places et des terrasses de l’Écusson. Derrière sa façade, on découvre une histoire profondément liée à celle de la ville et à l’un de ses enfants les plus célèbres.

Et si vous passez par Montpellier autour du 16 août, l’expérience prend une autre dimension. Processions, chants, pèlerins et habitants se retrouvent dans les rues du centre historique pour célébrer celui que la ville considère depuis longtemps comme l’un de ses saints emblématiques.

Une petite halte dans l’église Saint-Roch permet alors de comprendre pourquoi le lieu est devenu un sanctuaire : ce n’est pas seulement un bâtiment religieux, c’est un lieu vers lequel une histoire, une mémoire et une tradition de pèlerinage continuent de converger.

 Jeans de Nîmes


Denim : cette étonnante histoire du jean qui aurait commencé à Nîmes

Vous portez peut-être un morceau de Nîmes sans le savoir. Chaque fois que vous enfilez un jean, vous utilisez un tissu dont le nom est traditionnellement associé à la capitale du Gard. Denim serait en effet issu de « de Nîmes », autrement dit une étoffe provenant de Nîmes.

L’histoire est belle, presque trop belle pour être totalement simple. Car si le lien entre le mot denim et Nîmes est largement admis, le tissu qui portait autrefois ce nom n’était pas encore le denim de coton de nos jeans modernes. Et c’est justement ce qui rend cette histoire si étonnante.

🧵 Nîmes, une grande ville du textile

À partir de l’époque moderne, Nîmes devient un important centre textile du Languedoc. La ville et sa région développent une activité de fabrication et de commerce d’étoffes destinées à être vendues bien au-delà du territoire.

Parmi ces productions figure une serge associée à Nîmes. Le mot « serge » désigne une étoffe caractérisée par son armure en diagonale, la même famille de tissage qui donnera plus tard son aspect si reconnaissable au denim.

Mais attention : la serge de Nîmes des siècles passés n’était pas nécessairement fabriquée en coton. Les sources historiques et même Levi’s précisent que le tissu associé aux premières mentions du denim était constitué d’un mélange de laine et de soie. Le denim 100 % coton que nous connaissons aujourd’hui apparaît plus tard.

🔵 Comment « de Nîmes » serait devenu « denim »

C’est ici que l’histoire devient particulièrement amusante. Dans le vocabulaire du commerce textile, les étoffes pouvaient être désignées par leur lieu d’origine. Une « serge de Nîmes » aurait ainsi donné progressivement une forme abrégée correspondant à « de Nîmes », puis « de Nim » dans certaines sources.

De là viendrait le mot anglais denim. Levi Strauss & Co. elle-même présente cette étymologie comme l’origine traditionnelle du terme, tout en rappelant que le tissu de l’époque était différent du denim de coton actuel.

Il faut donc distinguer deux histoires : celle du nom, fortement rattaché à Nîmes, et celle du tissu, dont l’évolution s’est poursuivie en Angleterre puis aux États-Unis.

👖 Et puis arrive Levi Strauss

Levi Strauss, immigré bavarois installé à San Francisco, ouvre son commerce en 1852, au moment de la ruée vers l’or. Il comprend rapidement que les travailleurs ont besoin de vêtements particulièrement résistants.

Avec le tailleur Jacob Davis, il va perfectionner le pantalon de travail en renforçant ses points les plus fragiles avec des rivets en cuivre. Le 20 mai 1873, leur invention est officiellement protégée par un brevet américain. C’est cette date que Levi’s considère comme celle de naissance du blue-jean.

Le jean moderne est donc bel et bien une création américaine. Mais son tissu porte dans son nom la mémoire d’une vieille tradition textile française. C’est tout le paradoxe : le vêtement est américain, mais son nom pourrait bien avoir voyagé depuis Nîmes.

🌍 Du Languedoc aux quatre coins du monde

En quelques décennies, le pantalon de travail va quitter les mines et les ateliers pour devenir un vêtement mondial. Le denim, désormais essentiellement en coton, est produit à grande échelle et le bl



Quand le Sud réveille ses vieux démons

Rituel festif aux allures de carnaval qui déambule dans les rues de la ville pour célébrer la fin de l’hiver. Le Saint patron de Pézenas et son cortège de figures païennes animent les rues, livrant le cou des hommes et Sant Blasi aux « femmes sauvages ». Danse, chants, repas, messe et bal colorent la fête.

👹 Le Pétassou, étrange créature venue d’un autre temps

Génie de Carnaval, le Pétassou apparaît traditionnellement autour de la Saint-Blaise, célébrée le 3 février. Son nom vient de pétas, mot occitan désignant un morceau de tissu ou un chiffon destiné à rapiécer un vêtement. Le Pétassou est donc littéralement celui qui porte un habit « rapetassé » : un personnage couvert de morceaux d’étoffe, comme s’il avait récupéré tout ce que les armoires du village ne voulaient plus.

Cette silhouette bariolée appartient à une ancienne culture carnavalesque occitane. On retrouve d’ailleurs des personnages comparables dans plusieurs villages du Languedoc. À Trèves, dans le Gard, le Pétassou était ainsi un homme masqué vêtu de vêtements entièrement recouverts de bandes de tissus récupérées pendant l’hiver. Son identité devait rester secrète.

🌬️ Saint-Blaise ouvre les portes du Carnaval

À Pézenas, la Saint-Blaise marque traditionnellement le passage de l’hiver vers les réjouissances carnavalesques. Sant Blasi, nom occitan de Saint Blaise, devient alors une sorte de passeur entre deux mondes : celui de l’hiver qui s’achève et celui du printemps qui s’annonce. Dans le rituel contemporain, il « insuffle la Carnavaline » et ouvre symboliquement les portes de la ville au Carnaval.

Le cortège mélange ainsi références religieuses, traditions populaires et personnages tout droit sortis du folklore. Les fifres et les tambours accompagnent les déambulations, tandis que les danseurs en panel — vêtement traditionnel du carnaval piscénois — donnent aux rues de la vieille cité une atmosphère qui ressemble davantage à un voyage dans le temps qu'à une simple fête de village.

🔥 Une fête où l’ordre laisse sa place au désordre

Ce qui rend la Saint-Blaise de Pézenas particulièrement étonnante, c’est justement ce mélange des genres. On y trouve la messe et la bénédiction, mais aussi les figures païennes, les déguisements, les danses et les débordements joyeux du Carnaval. Les « femmes sauvages » font partie de cet univers décalé et symbolique, tandis que Sant Blasi traverse la ville pour lancer officiellement la saison carnavalesque.

Pour le voyageur qui découvre Pézenas à cette période, difficile de rester simple spectateur. Ici, le patrimoine ne se visite pas seulement derrière les pierres d'un hôtel particulier ou d'une église : il descend dans la rue, se déguise, chante et danse. C'est toute une mémoire populaire qui reprend vie pendant quelques jours.

🎭 Pézenas, une autre idée du Carnaval

Le Pétassou raconte finalement quelque chose de très méridional : l'art de transformer de vieux morceaux de tissu, quelques tambours et une tradition oubliée en une fête extraordinaire. Son costume de récupération rappelle aussi une époque où rien ne se jetait facilement et où les vêtements usés trouvaient toujours une seconde vie.

Alors, si vos voyages vous conduisent un jour dans l'Hérault au début du mois de février, faites un détour par Pézenas. Vous pourriez bien croiser dans une ruelle un personnage couvert de chiffons, entendre les fifres résonner derrière une vieille façade et vous demander, l'espace d'un instant, si vous n'avez pas franchi une porte invisible vers un autre siècle. C'est peut-être ça, le véritable charme du Pétassou : faire voyager sans quitter le Languedoc.

La fontaine miraculeuse de Lunas


À Lunas, la mystérieuse Fontaine des Yeux où l’on vient laisser son mal

L’endroit paraît presque banal. Un petit sentier qui descend dans la verdure, une source au bord de l’eau, quelques arbres… Et pourtant, depuis des siècles, des visiteurs viennent jusqu’ici avec l’espoir de soulager leurs yeux. À Lunas, dans l’Hérault, la Fontaine des Yeux entretient une étrange tradition où se mêlent croyances populaires, pèlerinage chrétien et anciennes pratiques de guérison.

La source se trouve dans la vallée de la Nize, à proximité de la chapelle Notre-Dame de Nize, un ancien sanctuaire dont les origines pourraient remonter aux premiers siècles du christianisme. Le site est aujourd’hui protégé au titre des Monuments historiques, la fontaine faisant elle-même partie de l’ensemble inscrit en 2001.

💧 Une source à laquelle on prête des pouvoirs depuis des siècles

La réputation de la fontaine ne concerne pas toujours les yeux. Une visite pastorale réalisée en 1636 rapporte déjà que les fidèles venaient à une fontaine proche de Notre-Dame de Nize pour se laver afin de soulager notamment la gale, les dartres et les douleurs de tête.

Au fil du temps, la source va surtout devenir associée aux affections oculaires. La croyance s’installe et le lieu devient une véritable fontaine de dévotion. Les pèlerins viennent prier à la chapelle avant de descendre vers la source, dans l’espoir d’obtenir un soulagement ou une guérison.

👁️ Le drôle de rituel du mouchoir

C’est sans doute ce qui rend la Fontaine des Yeux si étonnante. La tradition veut que l’on trempe un mouchoir dans l’eau de la source avant de s’en frotter les yeux. Puis le mouchoir est accroché à une branche, parmi ceux laissés par les visiteurs précédents.

Le geste possède une symbolique très forte : en abandonnant le mouchoir sur place, on abandonnerait également son mal. Peu à peu, les branches deviennent ainsi le témoignage silencieux des personnes venues chercher un soulagement. Une pratique populaire qui rappelle d’autres lieux de pèlerinage où l’on laisse derrière soi un objet chargé de sa maladie ou de son malheur.

⛪ Un sanctuaire chrétien installé sur un lieu plus ancien ?

L’histoire de Nize est encore plus ancienne que ne le laisse penser la chapelle actuelle. Le site est attesté sous le nom de Sancta Maria de Aniza dès 1135, mais les historiens du patrimoine évoquent un sanctuaire pré-roman associé à un ancien culte local.

L’idée selon laquelle la source aurait été un lieu de culte païen avant la christianisation est souvent avancée. Il faut toutefois la considérer comme une hypothèse traditionnelle plutôt que comme un fait historiquement démontré. Ce qui est certain, en revanche, c’est que le lieu possède une très longue histoire religieuse et populaire.

🔬 Miraculeuse dans la tradition, pas dans les analyses

La légende ne résiste cependant pas à l’analyse scientifique. Des examens de l’eau réalisés par le laboratoire Pierre Fabre d’Avène n’ont pas permis de mettre en évidence de propriétés curatives particulières permettant de traiter les affections des yeux.

Mais cela n’a pas fait disparaître la tradition. Et c’est peut-être justement ce qui rend la Fontaine des Yeux intéressante : elle raconte moins une propriété médicale qu’une histoire de croyance et de mémoire populaire. Ici, pendant des générations, des hommes et des femmes sont venus demande

Boeuf de Saint-Ambroix

Le Volo Biòu : à Saint-Ambroix, un bœuf vole depuis des siècles

Imaginez un bœuf qui s’élance dans les airs au-dessus d’un village des Cévennes… Impossible ? Pas à Saint-Ambroix ! Ici, le Volo Biòu, littéralement le « bœuf volant » en occitan, est devenu l’un des personnages les plus étonnants des traditions populaires du Gard.

Chaque été, les rues de cette ancienne cité médiévale replongent dans cette drôle d’histoire. Costumes, musique, animations, marché et reconstitutions font revivre une légende qui aurait pour origine une année où les habitants se seraient retrouvés avec beaucoup trop de vin… et un problème de taille pour réussir à l’écouler.

🍷 Un surplus de vin et une idée complètement folle

La légende situe l’histoire entre le XIe et le XIIe siècle. Cette année-là, la récolte aurait été particulièrement abondante. Mais le vin, mal conservé, aurait rapidement pris un goût douteux.

Il fallait donc trouver une solution. Selon le récit traditionnel, le consul de Saint-Ambroix aurait alors imaginé une attraction capable d’attirer toute la population des environs : on annonça qu’un bœuf allait voler au-dessus de la cité.

La nouvelle se répandit rapidement. Curieux et habitants affluèrent de partout pour assister à cet événement extraordinaire. Et pendant que la foule attendait le fameux spectacle, le vin aurait coulé à flots.

🐂 Le jour où le bœuf s’est envolé

Puis arriva le moment tant attendu. Le bœuf fut amené jusqu’au Ranc d’Uzège, un promontoire dominant Saint-Ambroix. Selon la légende, l’animal fut lancé dans le vide… avec un résultat beaucoup moins spectaculaire que prévu.

Le bœuf ne vola évidemment pas très longtemps. Mais l’objectif aurait été atteint : le vin avait été largement consommé par la foule venue assister au prodige.

Une histoire invraisemblable ? Sans aucun doute. Mais c’est justement ce qui fait tout son charme. Le Volo Biòu est avant tout une légende populaire, transmise et réinventée au fil des générations.

🎭 Quand toute la ville devient médiévale

Aujourd’hui, Saint-Ambroix continue de faire vivre cette légende lors de ses Festas dau Volo Biòu. Pendant plusieurs jours, la cité célèbre son patrimoine avec des animations, des costumes, des contes, des spectacles et des reconstitutions.

Le Volo Biòu est devenu un véritable animal totémique de la ville. Il appartient à cette grande famille des animaux légendaires que l’on retrouve dans plusieurs villages du Sud, mais avec une histoire bien particulière à Saint-Ambroix.

La fête permet aussi de redécouvrir la vieille cité cévenole, installée au bord de la Cèze, avec ses vestiges médiévaux, sa tour Guisquet et la chapelle du Dugas qui domine le village.

🌿 Une légende qui fait toujours rire Saint-Ambroix

Le plus amusant dans cette histoire est peut-être qu’après plusieurs siècles, personne ne semble avoir vraiment envie de laisser le bœuf retourner dans son pré.

Chaque année, le Volo Biòu ressort donc de la légende pour investir les rues de Saint-Ambroix. Une façon joyeuse de transmettre une histoire locale, de faire découvrir le patrimoine cévenol et de rappeler qu’ici, même les histoires de vin qui tourne mal peuvent finir en grande fête populaire.

Alors, avez-vous déjà vu un bœuf voler ? À Saint-Ambroix, la réponse est oui. Enfin… presque !

Ambassadrice du Riz 2019

Fête du terroir arlésien, la Feria du Riz a lieu mi-septembre de chaque année. Elle est le théâtre d'une traditionnelle corrida avec d'autres courses de taureaux dans les arènes d'Arles. Le Festival du Cheval et Camargue Gourmande, sont aussi organisées au même moment par l’Office de Tourisme.

*** arles-info.fr ***

Les sourires étaient de mise ce lundi 9 décembre dans la salle d’honneur de l’hôtel de Ville, à l’heure de dresser le bilan de la Feria du Riz 2019. Et forcément, la corrida goyesque était sur toutes les bouches. « Même dans mes rêves les plus fous, je n’avais pas imaginé un tel scénario, a confié Jean-Baptiste Jalabert, qui a gracié samedi 7 septembre le dernier toro de sa carrière. J’ai adoré l’engouement du public, son soutien. Cette corrida va marquer l’histoire des arènes. » Lola Jalabert, co-directrice de l’amphithéâtre arlésien, a rappelé que tous les billets étaient vendus plus de dix jours avant la corrida. « La corrida du dimanche a également été une réussite, autant au niveau artistique qu’en terme de fréquentation » a ajouté Jean-Baptiste Jalabert. En tout, plus de 18 000 personnes se sont rendues aux arènes pour les deux corridas. […] Lire l’intégralité de l’article
Tresbès é Festa d’Oc

Entre le festival de la Cité de Carcassonne, fin juillet,  et la Feria, fin août, il existait un vide à combler pour les festivités estivales. Le maire de Trèbes l'a de suite compris et un an après son investiture, a créé avec son équipe municipale une fête aux couleurs occitanes : Festad'Oc. Ce sera cette année déjà la cinquième édition de cette manifestation.

*** www.lindependant.fr ***

De nombreuses animations ont ponctué la journée de ce samedi.Après des Quidams qui ont bouleversé les spectateurs de la soirée d’ouverture de Festa d’Oc, les habitants de Trèbes ont pu apprécier le programme concocté par les responsables de l’animation de la cité. On gardera encore en souvenir la majesté des "Fiers à Cheval", et on n’oubliera pas tout ce qui a été promis aux chalands et visiteurs d’un samedi dédié entièrement à la fête. […] Lire l’intégralité de l’article
Sainte Aphrodise 2019 à Béziers

Evangélisateur de Béziers. Il serait parti avec son chameau, celui que les Biterrois appellent « lou camel », pour évangéliser la Gaule, et se serait installé à Béziers. En raison de son activité débordante, il comparut devant le gouverneur et fut condamné à mort. On le décapita, et on jeta sa tête dans un puits. La tête sortit immédiatement du puits, Aphrodise se releva, la prit dans ses mains et marcha vers la ville. Sur son passage, des gens déposaient des escargots : il marchait dessus sans les écraser

*** www.midilibre.fr ***

Béziers célébre son saint patron vendredi 26, samedi 27 et dimanche 28 avril autour de la basilique Saint-Aphrodise. Au programme: expositions, visites commentées, conférences, défilé historique, intronisations... La fête de saint Aphrodise débute vendredi 26 avril, à 17 h, à l’église avec le vernissage de l’exposition, Maffre Ermengaud et le Bréviaire d’amour. Samedi 27 avril, comme l’an dernier, hormis le défilé, toutes les animations sont rassemblées autour et dans l’édifice. Entre 9 h 30 et 19 h, il sera ouvert au public. Ce dernier pourra visiter et admirer les œuvres des artistes peintres Yzéra et Jibé. […] Lire l’intégralité de l’article
Graulinades 2019

Une journée de fête durant laquelle toutes les saveurs et produits de la Méditerranée seront mis à l'honneur ! Le Grau du Roi, doté d’une forte identité maritime, est fier de son patrimoine et de ses traditions. Les Graulinades sont l’occasion de découvrir la richesse culinaire de ce village de pêcheurs devenu station balnéaire.

*** www.midilibre.fr ***

Ce samedi 13 avril, au Grau-du-Roi, une joyeuse fête de la gastronomie s'invite sur le front de mer.
Si c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes (de poisson, on est au Grau-du-Roi !) ou encore les meilleures bourrides, alors cette neuvième édition des Graulinades, samedi 13 avril, presqu’une tradition déjà, promet d’être succulente ! Le concept, qui fait la recette du succès de cette fête populaire attirant des milliers de curieux chaque année reste le même : mettre à l’honneur toutes les saveurs de la Méditerranée et faire découvrir les richesses culinaires de cet historique village de pêcheurs. […] Lire l’intégralité de l’article
Construction pierre sèche

La maçonnerie à pierres sèches (dite aussi maçonnerie à sec, maçonnerie sèche ou encore plus familièrement la pierre sèche) est une technique de construction consistant à assembler, sans aucun mortier à liant, des moellons, des plaquettes, des blocs, des dalles, bruts ou ébauchés, pour monter un mur, un voûtement.

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L’association éponyme qui la pratique dans la garrigue environnante est ravie. Il suffit de randonner dans les chemins ou les sentiers ruraux pour découvrir, partout, de nombreuses constructions de pierres sèches. Toujours debout, ponts, abris, bergeries, chapelles, murs de soutènements ou de séparations, érigés en pierres sèches ont traversé les époques. Ces ouvrages qui s’intègrent parfaitement au paysage ont permis l’aménagement des territoires ruraux et à l’agriculture de prospérer en limitant l’érosion des sols, alliant la nature et les peuples. Si cette technique ancestrale se passe de lien entre les pierres, elle les crée, néanmoins, entre les hommes qui la pratiquent. Ces constructions ont contribué, depuis la nuit des temps, à la cohésion des peuples, unis dans l’effort coopératif et solidaire. […] Lire l’intégralité de l’article
Noël Languedocien

C’est une tradition de Noël ! Le rendez-vous du mois de décembre à Lunel est une institution du 1er au 23 décembre. Les célèbres petites figurines d’argile représentent tout un art et un savoir-faire qui sont à découvrir ou redécouvrir. Petits et grands pourront admirer de magnifiques crèches provençales classiques et originales. Tous seront présents : personnages de la nativité, habitants du village, animaux, éléments pour le décor et même l’incontournable Pescalune.

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Près de 300.000 visiteurs avec une dépense moyenne (hors billetterie) de 99€ par personne, dans les commerces, restaurants et nuitées: c'est l'un des chiffres sortis ce mercredi par la CCI de l'Hérault concernant l'édition 2018 d'Escale à Sète. C'est 10 à 12 millions d'euros de retombées directes sur le territoire pendant l'événement  qui s'est tenu du 27 mars au 2 avril. Concrètement, 1€ d'aide publique a rapporté entre 25 et 30€ de retombées directes, et 1€ de budget, entre 10 et 12€ de retombées directes. […] Lire l’intégralité de l’article

Camargue en vidéo

Fenêtre sur le parc naturel régional de Camargue par France3. Connaissez-vous Vovo, Sanglier, Goya, ou Garlan ? Ce sont les stars des courses camarguaises. Des stars dotés de cornes pointus et à la robe noire ! le taureau en camargue est considéré comme un roi. Nous sommes allés sur son territoire avec Cécile Laronce et Mathieu Pascal Saint-Marc Les Saintes-Maries de la Mer en Camargue.

*** 12/13 de France3 ***

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