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Gabian : quand le pétrole jaillissait au cœur du Languedoc

Une odeur de pétrole dans un petit village de l’Hérault, des puits de forage et des barils remplis d’un liquide noir… Non, nous ne sommes pas au Texas. Nous sommes à Gabian, entre Béziers et les premiers contreforts du Haut-Languedoc. Car ce paisible village viticole a connu, pendant quelques décennies, une étonnante aventure pétrolière.

🛢️ Une source de pétrole connue depuis des siècles

L’histoire commence bien avant les derricks. À Gabian, une source naturelle faisait remonter du pétrole à la surface. Connue depuis l’Antiquité, elle fut exploitée pendant plusieurs siècles sous le nom de Font de l’Oli, la « fontaine de l’huile ». À l’époque moderne, cette huile de naphte était notamment utilisée à des fins thérapeutiques et sa réputation dépassait largement les frontières du village.

Aujourd’hui encore, la Font de l’Oli témoigne de cette histoire étonnante. Le petit bâtiment en pierre, construit à la fin du XVIIIe siècle, recouvre un ancien système de galeries, de conduites et de bassins destiné à récupérer le pétrole qui remontait naturellement avec l’eau. Le site est inscrit au titre des Monuments historiques depuis 2016.

🛢️ En 1924, Gabian se rêve en petit Texas

Après la Première Guerre mondiale, la France cherche à développer ses propres ressources en pétrole. Les anciennes traces découvertes à Gabian attirent alors de nouveau l’attention des géologues. En 1924, une campagne officielle de prospection débouche sur un forage décisif : le pétrole est atteint à moins d’une centaine de mètres de profondeur. L’annonce fait sensation.

La société Pechelbronn se lance alors dans une véritable exploitation industrielle. Des dizaines de forages sont réalisés autour de Gabian et dans les communes voisines. Une petite aventure industrielle se met en place dans ce coin tranquille du Languedoc, employant environ 200 personnes au plus fort de l'activité. Au total, le bassin produira environ 24 000 à 25 000 tonnes de pétrole avant l'arrêt de l'exploitation industrielle en 1950.

🚂 Du pétrole dans les wagons vers les raffineries

Pendant quelques années, Gabian change de visage. Le pétrole extrait du sous-sol est transporté vers la gare, puis envoyé vers différentes installations de raffinage. À partir de 1930, une partie de la production est notamment dirigée vers la raffinerie de Frontignan. Une petite raffinerie est même construite près de la gare de Gabian au début des années 1930.

Mais le rêve d’un immense gisement languedocien ne durera pas. Les réserves sont limitées et les rendements des puits restent modestes. Malgré de nouvelles campagnes de forage, la production décline progressivement. En 1950, l’exploitation industrielle s’arrête. Le paysage retrouve peu à peu son caractère rural et viticole, tandis que les traces de cette étonnante parenthèse industrielle disparaissent du quotidien.

🎥 Le pétrole oublié du petit village héraultais

Aujourd’hui, difficile d’imaginer en traversant Gabian que le sous-sol du village a autrefois attiré géologues, industriels et chercheurs de pétrole. Il ne reste pratiquement aucun vestige matériel de l’exploitation du XXe siècle. La Font de l’Oli, elle, demeure le témoin le plus singulier de cette histoire. La commune conserve également une mémoire documentaire et photographique de cette aventure industrielle.

C’est justement ce qui rend l’histoire de Gabian fascinante. En voyageant dans le Sud, on s’attend à découvrir des vignobles, des villages médiévaux, des marchés ou des paysages méditerranéens. On imagine beaucoup moins tomber sur l’un des anciens petits territoires pétroliers de France. Et pourtant, sous les vignes du Languedoc, il y eut bien une époque où l’on cherchait de l’or noir.

Une curiosité à redécouvrir en vidéo : le fameux puits de pétrole de Gabian et l’histoire de cette incroyable aventure industrielle.

Nécropole à Narbonne

La nécropole romaine de Narbonne : sous la ville, un incroyable cimetière antique

Difficile d’imaginer qu’au bord du canal de la Robine, à proximité immédiate de la ville actuelle, des milliers de gestes accomplis par les habitants de Narbo Martius attendaient depuis près de 2 000 ans sous la terre. Entre 2017 et 2020, les archéologues de l’Inrap ont pourtant mis au jour ici l’une des plus importantes occupations funéraires romaines jamais étudiées en Gaule.

Sur environ 5 000 m², la fouille des Berges de la Robine a révélé plus de 1 455 structures funéraires datant principalement des Ier et IIe siècles après J.-C. Un ensemble exceptionnel, dont la conservation permet de comprendre non seulement comment les habitants de Narbonne enterraient leurs morts, mais aussi comment ils leur rendaient hommage.

🏺 Une ville romaine prospère au bord de la Méditerranée

Pour comprendre cette découverte, il faut remonter à Narbo Martius, la grande cité romaine dont Narbonne était l’un des centres majeurs. Fondée comme colonie romaine au IIe siècle avant notre ère, la ville devient sous Auguste la capitale de la province de Narbonnaise.

Narbonne est alors une cité prospère, installée au croisement des voies terrestres, fluviales et maritimes. Son port joue un rôle majeur dans les échanges avec le reste de la Méditerranée. Comme le veut la tradition romaine, les espaces funéraires se trouvent à l’extérieur de la ville, notamment le long des voies de circulation.

La nécropole découverte aux Berges de la Robine se trouvait ainsi à environ 600 mètres à l’est de la ville antique, à la rencontre de deux axes. Elle n’était donc pas un cimetière isolé au milieu de nulle part : elle faisait partie intégrante du paysage urbain de Narbo Martius.

🔥 Des morts brûlés, des offrandes et des repas funéraires

Ce qui frappe les archéologues, c’est la richesse des informations conservées. La majorité des défunts ont été incinérés. Les restes osseux brûlés étaient ensuite déposés dans des récipients, accompagnés d’objets et d’offrandes.

Les fouilles ont notamment livré des cruches en verre et en céramique, des lampes à huile, des petits vases à parfum, des objets de toilette ou de parure, mais également des restes de fruits carbonisés, comme des figues et des dattes.

Certains espaces permettent même d’entrevoir les repas organisés en mémoire des morts. Des installations comparables à des salles de banquet ont été identifiées dans la nécropole. La mort n’était donc pas seulement un moment de séparation : le défunt continuait à occuper une place dans la vie de ses proches.

💧 Des amphores pour faire boire symboliquement les morts

L’une des découvertes les plus étonnantes concerne les conduits à libation. Dans certaines tombes, des récipients en céramique ou des amphores étaient installés verticalement afin de permettre de verser directement des liquides vers la sépulture.

Vin, parfum ou autres liquides pouvaient ainsi être offerts au défunt lors des cérémonies commémoratives. Ces conduits sont particulièrement intéressants car ils sont relativement rares en Gaule romaine. À Narbonne, ils ont été retrouvés dans une proportion exceptionnelle des sépultures.

La conservation du site permet également aux archéologues d'étudier la manière dont ces pratiques ont évolué au fil du temps. Autrement dit, ce ne sont pas seulement des tombes que l’on a retrouvées : ce sont des gestes vieux de près de deux millénaires que la terre a parfois conservés.

🌿 Quand la terre protège une nécropole exceptionnelle

Mais pourquoi un tel état de conservation ? La réponse se trouve en grande partie dans la proximité de l’ancien cours de l’Aude, aujourd’hui occupé par le canal de la Robine.

Au fil des siècles, les crues ont recouvert progressivement le site de plusieurs mètres de limons. Des épisodes d’inondation ont ainsi scellé les différentes phases d’utilisation de la nécropole et protégé de nombreux vestiges.

Cette situation a offert aux archéologues une véritable photographie des pratiques funéraires de la Narbonne romaine. En 2024, le rapport final de l’opération, composé de 11 volumes, a été officiellement remis aux services de l’État. Une partie du mobilier archéologique est destinée à rejoindre les collections du musée Narbo Via.

La découverte est d’autant plus précieuse qu’elle permet de mieux connaître une population rarement visible dans les grands monuments : celle des habitants ordinaires de Narbo Martius, notamment des esclaves et des affranchis, dont les épitaphes et les pratiques funéraires livrent aujourd’hui quelques fragments de vie.

En venant à Narbonne, on pense naturellement à la cathédrale Saint-Just, au canal de la Robine ou aux vestiges de la cité romaine. Pourtant, juste à côté du musée Narbo Via, un autre morceau de la ville antique raconte une histoire beaucoup plus intime : celle des hommes et des femmes qui vivaient ici, aimaient, travaillaient… et honoraient leurs morts. Une façon fascinante de découvrir Narbonne autrement, en regardant sous la ville actuelle pour retrouver celle de l’Antiquité.

 

Montpellier : il y a plus de 1 000 ans, tout a commencé par un domaine agricole

Montpellier n’est pas née d’une grande bataille, de la volonté d’un roi ou de la construction d’une imposante forteresse. Son histoire commence beaucoup plus simplement, au cœur du Moyen Âge, avec une terre agricole offerte à un seigneur. Et l’on connaît même la date précise : le 26 novembre 985.

À cette époque, le paysage n’a évidemment rien à voir avec la métropole que l’on connaît aujourd’hui. Quelques collines, des vignes, des terres cultivées et des chemins parcourent le territoire. Mais l’emplacement est particulièrement intéressant : le domaine se trouve sur un axe ancien reliant les territoires méditerranéens, entre les grands itinéraires qui traversent le Languedoc.

📜 Un acte daté de 985 fait naître Montpellier dans l’Histoire

Le 26 novembre 985, Bernard II, comte de Melgueil, aujourd’hui Mauguio, fait don à un certain Guilhem d’un domaine agricole situé sur le Montpestelario. Ce document constitue le premier témoignage écrit connu de l’existence de Montpellier.

Le domaine est ce que les textes médiévaux appellent un manse : une exploitation agricole comprenant les terres nécessaires à son fonctionnement. Guilhem devient ainsi le seigneur de ces terres et fonde une lignée qui va progressivement prendre de l’importance.

Et l’acte nous livre même un détail étonnamment personnel pour un document vieux de plus de mille ans : le nom d’un homme qui travaillait alors sur le domaine. Il s’appelait Amalbert. Il est considéré comme le premier Montpelliérain connu de l’histoire.

🛤️ Un emplacement idéal entre les grands chemins du Midi

Si Montpellier va connaître un destin aussi spectaculaire, ce n’est probablement pas uniquement grâce au hasard. Le domaine des Guilhem se trouve à proximité d’un ancien itinéraire appelé Cami Romieu, ou chemin romain, qui traverse le territoire d’est en ouest.

Cet axe relie les régions méditerranéennes et s’inscrit dans un réseau de chemins beaucoup plus ancien. À proximité passe également la Route du Sel, utilisée pour le transport de cette précieuse marchandise. Montpellier bénéficie donc rapidement d’une position intéressante pour les échanges.

La ville va progressivement se développer autour de ses deux collines historiques, Montpellier et Montpellieret. Les recherches historiques et archéologiques situent bien la formation du premier noyau urbain autour de la fin du Xe siècle.

🏰 Les Guilhem transforment une terre en seigneurie

La famille de Guilhem va progressivement faire de ce modeste domaine une véritable seigneurie. Les générations se succèdent et Montpellier grandit autour du pouvoir des Guilhem.

Au fil des décennies, des habitants viennent s’installer, les terres sont cultivées, les échanges se développent et les premières structures urbaines apparaissent. Le petit domaine agricole de 985 commence alors à changer de nature.

Le cartulaire des Guilhem, conservé aujourd’hui par les Archives de Montpellier, permet de suivre une partie de cette incroyable histoire. Il rassemble la transcription de centaines d’actes concernant la seigneurie et constitue l’une des grandes sources permettant de comprendre les premiers siècles de la ville.

🌿 D’un domaine agricole à une grande cité du Languedoc

Il faudra plusieurs siècles pour que Montpellier devienne la grande ville que nous connaissons. Mais les bases de son destin sont déjà là : une position stratégique, une seigneurie dynamique et surtout une population attirée par les possibilités offertes par ce territoire.

À partir du XIIe siècle, la croissance s’accélère. Montpellier devient progressivement un centre commercial majeur et un lieu d’échanges entre Méditerranée, péninsule Ibérique et monde occitan. La ville se distingue également par son ouverture intellectuelle. En 1181, Guilhem VIII proclame notamment la liberté d’enseigner la médecine à Montpellier sans distinction d’origine, une décision qui contribuera à l’essor exceptionnel de son enseignement médical.

Plus de mille ans après la donation de Bernard de Melgueil, il est assez vertigineux de se promener dans l’Écusson en pensant à ce qu’était le lieu en 985. Avant les grandes places, les hôtels particuliers, les universités et les terrasses animées, il n’y avait ici qu’un domaine agricole posé sur une colline.

Et pourtant, tout était déjà réuni pour qu’une ville apparaisse : un chemin, une terre, un seigneur et une position stratégique. Le reste appartient à l’histoire. Une histoire qui commence avec quelques lignes écrites en latin en 985 et qui, plus de mille ans plus tard, continue de faire de Montpellier l’une des grandes villes du Sud.

Invention du Montpellier

Avant le golf, Montpellier avait son jeu de mail : le drôle de sport qui faisait courir les boules de buis dans les rues

Bien avant que les golfeurs ne parlent de « birdie », de « fairway » ou de « green », les Montpelliérains avaient déjà leur propre manière de frapper une balle avec un long club. Son nom : le jeu de mail. Un ancien sport aujourd’hui presque oublié, mais qui fut pendant plusieurs siècles l’un des loisirs les plus populaires de Montpellier et du Languedoc.

Alors, peut-on vraiment dire que le golf a été inventé à Montpellier ? Pas exactement. Le jeu de mail n’est pas le golf moderne, et son origine ne peut pas être attribuée à la ville. Mais la ressemblance est suffisamment frappante pour que les historiens du sport considèrent le mail comme un proche cousin du golf, voire comme un probable ancêtre. Et à Montpellier, ce jeu a atteint un niveau de sophistication remarquable.

🏏 Une boule de buis et un drôle de maillet

Le principe était finalement assez simple. Le joueur utilisait un maillet, appelé aussi « mail » ou « palemard », pour frapper une boule généralement fabriquée en bois de buis. Le but était de faire progresser cette boule sur un parcours et d’atteindre différents objectifs matérialisés par des bornes de pierre.

Le matériel ressemblait déjà vaguement à celui du golf : un club, une balle et un parcours avec des obstacles. Mais le terrain n’avait rien du gazon parfaitement entretenu de nos golfs contemporains. On jouait dans les chemins, les fossés, les espaces ouverts et même dans certaines rues.

À Montpellier, le règlement de 1772 précise ainsi que les chemins de traverse, les fossés et différents espaces communiquant avec les chemins peuvent servir de terrain de jeu. Autant dire que la partie pouvait rapidement devenir une affaire de quartier !

🏙️ Montpellier, capitale du noble jeu de mail

Le jeu était pratiqué dans plusieurs régions françaises, mais Montpellier s’en était fait une véritable spécialité. Aux XVIe et XVIIe siècles, il y était particulièrement apprécié, au point de devenir une véritable tradition locale.

Un ancien proverbe montpelliérain disait même que « les enfants y naissent un mail à la main ». La formule en dit long sur la place occupée par ce sport dans la société locale. Des artisans spécialisés, les palemardiers, fabriquaient les maillets et les boules et pouvaient également participer à l’aménagement des parcours.

La ville possédait plusieurs terrains célèbres : le mail des Arceaux, le mail de la Citadelle, le jeu de mail de la Pierre-Rouge ou encore le Jeu de Mail des Abbés. C’est justement cette dernière appellation qui intrigue encore aujourd’hui les promeneurs montpelliérains lorsqu’ils découvrent une rue ou un arrêt de tram portant ce nom.

⚔️ Quand une partie de mail devient une affaire sérieuse

Avec le temps, le jeu devient tellement populaire qu’il finit par poser quelques problèmes. Jouer dans les chemins signifie en effet envoyer régulièrement une boule de bois à pleine vitesse dans des espaces fréquentés par d’autres habitants. À Montpellier comme à Nîmes, les autorités cherchent donc progressivement à encadrer la pratique.

Au début du XVIIe siècle, Montpellier aménage notamment un véritable jeu de mail dans les anciens fossés de la ville, à l’emplacement correspondant aujourd’hui au secteur du cours Gambetta. Le jeu devient alors un équipement à part entière et non plus simplement une activité improvisée dans les chemins.

En 1835, un arrêté municipal va même limiter les endroits où il est autorisé de jouer. Les joueurs doivent désormais se cantonner à certains chemins précisément désignés. Une preuve supplémentaire que le jeu de mail occupait encore une place importante dans la vie montpelliéraine au XIXe siècle.

⛳ Le cousin oublié du golf

La comparaison avec le golf moderne est tentante : une balle, un club, un parcours, des obstacles et l’objectif de parvenir à destination avec le moins de coups possible. Mais il serait excessif d’affirmer que le golf est directement né du jeu de mail montpelliérain.

Les origines du golf sont plus complexes et font intervenir plusieurs traditions européennes de jeux de balle. Les historiens préfèrent donc parler de parenté plutôt que d’une filiation directe. Le jeu de mail appartient néanmoins à la même grande famille des anciens jeux où l’on frappe une balle avec un instrument pour atteindre un objectif.

Et surtout, Montpellier peut revendiquer une histoire exceptionnelle avec ce sport disparu. Au début du XXe siècle encore, des sociétés de joueurs existaient dans la ville et le jeu conservait une véritable identité locale. Aujourd’hui, les noms de rues et de quartiers en sont parfois les derniers témoins.

🌿 Quand les noms de rues racontent une histoire oubliée

La prochaine fois que vous croiserez à Montpellier une rue du Jeu de Mail, un établissement ou encore l’arrêt « Jeu de Mail des Abbés », vous saurez donc ce qui se cache derrière ce nom étrange.

Il fut un temps où les Montpelliérains se retrouvaient pour faire rouler des boules de buis sur les chemins de la ville, avec leurs longs maillets en bois. Un sport qui n’était pas encore le golf, mais qui lui ressemblait suffisamment pour avoir laissé dans la mémoire de Montpellier une étonnante trace.

Une histoire à découvrir en marchant dans la ville : à Montpellier, certains noms de rues sont en réalité les vestiges d’un ancien terrain de sport à ciel ouvert.

Parachute à Montpellier


Le parachute est né à Montpellier : l’incroyable histoire du premier homme à défier la chute

Le mot « parachute » serait né à Montpellier, à la fin de l’année 1783, dans l’esprit d’un jeune scientifique fasciné par une idée aussi simple que spectaculaire : comment permettre à un homme de tomber sans se tuer ? Louis-Sébastien Lenormand, né à Montpellier en 1757, va tenter de répondre à cette question avec un appareil inspiré notamment du parasol. Le 26 décembre 1783, il réalise une expérience qui fera entrer son nom dans l’histoire de l’aéronautique.

🪂 Un Montpelliérain imagine un « appareil contre la chute »

Lenormand ne cherche pas simplement à réaliser un exploit. Son idée est beaucoup plus pratique : imaginer un système permettant à des personnes de se sauver en cas d’incendie dans un immeuble. Pour concevoir son appareil, il s'inspire notamment des récits décrivant des acrobates asiatiques utilisant de grands parasols pour amortir leurs descentes.

Après plusieurs essais, notamment avec des objets et des animaux, il passe à l'expérimentation humaine. Le 26 décembre 1783, à Montpellier, il se laisse tomber depuis un ormeau situé dans l'enclos des Cordeliers, à une hauteur correspondant approximativement à celle d'un premier étage. Il tient alors deux parasols spécialement modifiés afin de ralentir sa chute.

C'est à cette époque qu'apparaît le mot « parachute », construit autour de l'idée de se protéger contre la chute. Le terme va rapidement s'imposer pour désigner cet étrange appareil destiné à ralentir une descente dans les airs.

🏰 La Tour de la Babote, entre histoire et légende

À Montpellier, une autre version de l'histoire est devenue célèbre. Elle raconte que Lenormand aurait effectué son expérience depuis la Tour de la Babote, l'ancienne tour des remparts transformée en observatoire au XVIIIe siècle.

L'histoire est suffisamment célèbre pour être encore racontée aujourd'hui, mais l'Office de tourisme de Montpellier la présente prudemment comme une « légende ou réalité ». Les propres écrits de Lenormand décrivent en effet son premier saut humain depuis un arbre. Des ouvrages historiques du XIXe siècle rapportent néanmoins une expérience depuis la tour de l'Observatoire, ce qui explique probablement pourquoi la Tour de la Babote reste associée à la naissance du parachute.

La tour, construite sur les anciennes fortifications de Montpellier, était devenue un observatoire en 1745. Aujourd'hui encore, elle constitue l'un des lieux emblématiques du centre historique et conserve cette étonnante histoire dans ses murs.

🎈 De Lenormand aux premiers parachutistes

L'expérience montpelliéraine ne signifie évidemment pas que le parachute moderne est déjà au point. Il faudra plus d'un siècle d'expérimentations pour transformer cette invention rudimentaire en véritable moyen de secours.

En 1797, le Français André-Jacques Garnerin réalise notamment une célèbre descente en parachute depuis une montgolfière. Puis les dispositifs deviennent progressivement plus fiables, plus compacts et mieux adaptés à une utilisation depuis les airs.

Le grand tournant intervient avec l'aviation. Le 1er mars 1912, le capitaine américain Albert Berry saute d'un biplan Benoist au-dessus de Jefferson Barracks, près de Saint-Louis, dans le Missouri. Il descend d'environ 460 mètres et devient généralement considéré comme le premier homme à effectuer un saut en parachute depuis un avion motorisé.

🌿 À Montpellier, une invention qui a changé la façon de tomber

Entre le petit saut expérimental de Lenormand en 1783 et celui d'Albert Berry en 1912, près de 130 années se sont écoulées. Entre les deux, le parachute est passé d'une curieuse invention destinée à amortir une chute à un véritable équipement aéronautique.

Et tout commence, au moins dans l'histoire du parachute humain, par un scientifique montpelliérain qui regarde un parasol et se pose une question étonnamment moderne : et si l'on pouvait transformer cet objet en véritable bouclier contre la chute ?

Aujourd'hui, une promenade autour de la Tour de la Babote permet donc de regarder Montpellier autrement. Derrière cette vieille tour des remparts se cache l'une des histoires les plus étonnantes de la ville : celle d'un homme qui, bien avant l'ère des avions, rêvait déjà de voler… ou au moins de tomber autrement.

 tramway de l'Aude

Le petit tramway de l’Aude : 342 km de rails à travers les Corbières

Le saviez-vous ? Il a existé 342 kilomètres de rails parcourus par les petits tramways à vapeur de l’Aude ! À une époque où rejoindre certains villages pouvait encore prendre des heures en charrette, un véritable réseau ferroviaire secondaire allait sillonner le département, du Minervois aux Corbières.

L’histoire commence en 1893, lorsque le Conseil général de l’Aude demande l’étude d’un réseau destiné notamment à désenclaver les communes éloignées des grandes lignes ferroviaires. La Compagnie des Tramways à vapeur de l’Aude est ensuite créée en 1898 et les premières lignes commencent à fonctionner au début du XXe siècle.

🚂 Un train qui passait presque devant les maisons

Ce réseau avait une particularité : il ne ressemblait pas vraiment aux grandes lignes de chemin de fer. Pour réduire les coûts de construction, les voies étaient généralement installées en bordure des routes existantes. Le petit train avançait donc au milieu du paysage quotidien des villages, parfois à quelques mètres des maisons.

Les lignes étaient à voie métrique et desservaient de nombreuses communes autour de Narbonne et Carcassonne. Certaines remontaient vers le Minervois, d’autres pénétraient au cœur des Corbières.

Sur la ligne de Lézignan à Mouthoumet, le tramway passait notamment par Ferrals-les-Corbières, Fabrezan, Camplong, Ribaute, Lagrasse et Saint-Pierre-des-Champs. Pour les habitants de ces villages, le petit train représentait alors bien davantage qu'une curiosité : il permettait de rejoindre les villes, de transporter les marchandises et de faire vivre le commerce local.

🍇 Le petit train des vignerons

Dans cette région où la vigne occupait déjà une place essentielle, le tramway allait rapidement devenir un précieux outil pour le transport du vin. Barriques, marchandises et produits agricoles pouvaient rejoindre les gares principales avant de poursuivre leur voyage vers d’autres destinations.

Le réseau participa ainsi au désenclavement de nombreuses communes. Là où l’on se déplaçait auparavant à pied, à cheval ou en charrette, le tramway apportait une nouvelle mobilité.

Mais l’économie du réseau resta fragile. Le trafic était largement lié aux activités agricoles et viticoles, donc soumis aux saisons et aux fluctuations du commerce. Malgré l’apparition d’autorails à partir des années 1920, les recettes demeurèrent insuffisantes et le réseau commença à disparaître progressivement à partir de 1930.

🌿 De Lézignan à Lagrasse… un voyage comme en 1900

Aujourd’hui, les rails ont pratiquement disparu. Mais à Lagrasse, il est encore possible de remonter dans ce passé étonnant grâce au Musée 1900.

Le musée propose un spectacle immersif consacré à l’ancien tramway de l’Aude. Installé confortablement dans son siège, le visiteur embarque pour une reconstitution du trajet entre Lézignan-Corbières et Saint-Pierre-des-Champs.

Devant lui, une grande maquette reconstitue les villages et les paysages traversés par le petit train. Mais ce n’est pas simplement une maquette ferroviaire : les sièges vibrent, des effets sonores accompagnent le voyage et des senteurs de garrigue viennent compléter l’immersion.

Le spectateur traverse ainsi les Corbières comme s’il avait pris son billet un siècle plus tôt. Le spectacle joue même avec la météo : vent, pluie, orage et parfums méditerranéens viennent ponctuer le voyage.

🎭 Une machine à remonter le temps dans les Corbières

L’expérience a été imaginée avec une bonne dose d’humour. L’audioguide raconte la journée d’un voyageur au début du XXe siècle et fait intervenir des personnages typiques de la vie locale. Le ton se veut volontairement populaire et parfois « à la Pagnol », plutôt que de proposer une leçon d’histoire classique.

Les concepteurs ont également voulu restituer l’atmosphère des Corbières : la garrigue, les villages, les vignes et cette vie rurale dans laquelle le tramway était devenu un élément familier.

La maquette a été réalisée par des passionnés de modélisme ferroviaire et représente notamment les sept villages de l’itinéraire. Le spectacle est proposé en plusieurs langues, afin que les visiteurs puissent eux aussi monter à bord de ce drôle de petit train disparu.

Il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges de ces 342 kilomètres de tramways audois : anciennes gares, ouvrages d’art, tunnels ou simples traces dans le paysage. Mais à Lagrasse, le petit train reprend vie pendant quelques minutes. Une expérience étonnante pour comprendre comment, il y a un peu plus d’un siècle, les rails ont contribué à rapprocher les villages des Corbières… et à faire voyager le vin bien au-delà des collines.

Le réseau du tram de l'Aude
Rennes-le-Château Diable

Rennes-le-Château : quand le célèbre diable de l’abbé Saunière fut décapité à la hache

Les amateurs de l’abbé Saunière et des mystères de Rennes-le-Château se souviennent certainement de cette incroyable scène. Le 23 avril 2017, alors que la France votait pour le premier tour de l’élection présidentielle, une femme vêtue de blanc et portant un masque vénitien pénétrait dans l’église Sainte-Marie-Madeleine. Quelques instants plus tard, le célèbre diable qui soutient le bénitier gisait décapité.

À coups de hache, la statue d’Asmodée avait été mutilée, tout comme une représentation de Marie-Madeleine située sur le décor de l’autel. Un exemplaire du Coran avait ensuite été déposé dans l’église. L’affaire allait rapidement dépasser le simple fait divers et provoquer une vive émotion dans ce petit village de l’Aude, mondialement connu pour ses légendes.

😈 Le fameux diable qui accueille les visiteurs

Pour comprendre le symbole, il faut regarder ce que représente cette étrange statue. Dès l’entrée dans l’église Sainte-Marie-Madeleine, le visiteur découvre un démon ailé courbé sous un bénitier. Au-dessus de lui, quatre anges dominent la scène, accompagnés de l’inscription latine « Par ce signe tu le vaincras ».

La mairie de Rennes-le-Château présente aujourd’hui encore cette composition comme l’un des éléments les plus emblématiques de l’église. L’édifice lui-même est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1994. Le décor intérieur, avec ses statues, ses peintures et ses nombreux détails, participe largement à la réputation mystérieuse du village.

Et ce diable n’était déjà pas tout à fait inconnu des vandales. La statue avait subi une première importante dégradation en 1995, lorsqu’elle avait notamment perdu sa tête et un bras. Restaurée, elle allait pourtant connaître une nouvelle attaque plus de vingt ans plus tard.

🪓 Le dimanche où la hache a frappé

Le 23 avril 2017, la scène paraît presque irréelle. La femme, âgée de 37 ans, avait dissimulé son visage derrière un masque vénitien. Après avoir pénétré dans l’église, elle s’en était prise à la statue d’Asmodée avec une hache, lui fracassant la tête et les bras.

Elle avait également dégradé une représentation de Marie-Madeleine sur le bas-relief de l’autel, avant de déposer un Coran à proximité. Des témoins avaient donné l’alerte et les gendarmes l’avaient interpellée peu après.

Dans ses premières déclarations, elle avait évoqué les bombardements occidentaux en Syrie. Elle affirmait également être liée à Sabri Essid, présenté dans la presse comme le demi-frère de Mohamed Merah. Ces déclarations ont contribué à donner à l’affaire une dimension particulièrement sensible.

Mais au cours de son procès, ses explications ont été plus complexes. Elle a notamment affirmé avoir voulu accomplir un acte « symbolique » et faire connaître un livre sur lequel elle travaillait depuis de nombreuses années, présenté comme une réflexion autour des trois religions monothéistes.

⚖️ Une affaire finalement jugée au tribunal

L’affaire fut examinée par le tribunal correctionnel de Carcassonne. La commune de Rennes-le-Château, propriétaire de l’église, s’était constituée partie civile afin d’obtenir réparation des dégâts.

Le jugement rendu en novembre 2017 a reconnu la prévenue coupable de dégradation d’un édifice religieux. Elle a été condamnée à deux mois de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans, ainsi qu’à une interdiction de paraître dans la commune. Elle devait également verser 17 718 euros à la commune pour son préjudice.

Les deux statues et le décor de l’autel ont ensuite fait l’objet de travaux de restauration. Le coût annoncé pour restaurer les éléments endommagés s’élevait à plusieurs milliers d’euros.

🔎 Un nouvel épisode dans le mystère de Rennes-le-Château

L’ironie de cette histoire est que le geste, en voulant frapper un symbole, a surtout attiré une nouvelle fois les projecteurs sur Rennes-le-Château. Car il existe peu de villages français où patrimoine religieux, histoire locale et légendes ésotériques sont aussi étroitement mêlés.

L’église Sainte-Marie-Madeleine fut profondément transformée à la fin du XIXe siècle par l’abbé Bérenger Saunière. Sa décoration étonnante, les inscriptions mystérieuses et les récits entourant la fortune du prêtre ont alimenté depuis des décennies quantité d’hypothèses sur un prétendu secret caché dans le village.

Mais devant le fameux diable, il n’est finalement pas nécessaire de connaître tous les secrets supposés de Rennes-le-Château pour mesurer la portée de l’histoire. Cette statue fait partie d’un décor religieux bien réel, protégé au titre du patrimoine, et devenu au fil du temps l’un des symboles les plus reconnaissables du village.

Aujourd’hui, le visiteur peut donc entrer dans l’église, observer le bénitier et retrouver le diable d’Asmodée restauré à sa place. Puis, en sortant, il suffit de lever les yeux vers les paysages de la Haute-Vallée de l’Aude pour comprendre pourquoi Rennes-le-Château continue d’attirer curieux, passionnés d’histoire et amateurs de mystères. Ici, même une petite église de village semble toujours avoir quelque chose à raconter.

abbaye de Fontfroide

Fontfroide : l’abbaye des Corbières qui décroche les 3 étoiles du Guide Vert Michelin

Il faut parfois attendre très longtemps avant d'obtenir la reconnaissance suprême. Pour l’abbaye de Fontfroide, il aura fallu pas moins de 64 ans entre la deuxième et la troisième étoile du Guide Vert Michelin.

Inscrite dans le célèbre guide depuis 1931, l’ancienne abbaye cistercienne avait décroché sa deuxième étoile en 1952. Puis, en 2017, Fontfroide entre définitivement dans le cercle très fermé des sites classés « Vaut le voyage » par Michelin.

⭐ Trois étoiles, « Vaut le voyage »

Dans le Guide Vert Michelin, les étoiles ne récompensent pas une table comme dans le célèbre Guide Rouge. Elles évaluent l'intérêt touristique d'un lieu selon plusieurs critères : richesse patrimoniale, beauté, authenticité, notoriété et qualité de la visite.

La troisième étoile correspond à la distinction suprême : « Vaut le voyage ». En 2017, Fontfroide rejoint ainsi dans l’Aude la Cité de Carcassonne et le château de Peyrepertuse parmi les sites bénéficiant de cette recommandation maximale.

La distinction avait alors été remise officiellement à l’abbaye par Philippe Orain, responsable de la collection des Guides Verts Michelin, en présence de Laure d’Andoque, responsable du site.

🏰 Une cité monastique au cœur des Corbières

Et pour comprendre cette troisième étoile, il suffit de découvrir Fontfroide. Fondée en 1093 comme abbaye bénédictine, elle rejoint l'ordre cistercien au milieu du XIIe siècle et connaît alors plusieurs siècles de développement.

Nichée dans un vallon des Corbières, à quelques kilomètres de Narbonne, l’abbaye conserve encore aujourd’hui une grande partie de son architecture monastique : église abbatiale, cloître, salle capitulaire et bâtiments conventuels.

Mais Fontfroide ne se résume pas à ses pierres. Le site est également entouré de jardins, d’une roseraie remarquable et de plusieurs dizaines d’hectares de paysage méditerranéen. Pins, chênes verts, garrigue et collines composent un décor qui fait partie intégrante de la découverte.

🌹 Quand les jardins prolongent la visite

C’est aussi ce mélange entre patrimoine et nature qui donne à Fontfroide une personnalité particulière. Après les pierres blondes du cloître et la fraîcheur de l’église, le visiteur retrouve la lumière méditerranéenne dans les jardins.

La roseraie constitue l’un des autres trésors du domaine. Les jardins en terrasses, les massifs et les paysages environnants donnent presque l’impression que l’abbaye a été posée là au milieu de la garrigue, à l’écart du monde.

Cette relation entre architecture et environnement est particulièrement frappante lorsque l’on découvre Fontfroide pour la première fois. L’abbaye n’est pas simplement un monument à visiter : c’est un ensemble paysager et historique dans lequel on peut facilement passer plusieurs heures.

🌿 Une troisième étoile qui n’a rien d’un hasard

En 2017, cette troisième étoile venait donc couronner une présence de près d’un siècle dans les guides Michelin. Et aujourd’hui encore, Fontfroide conserve cette distinction dans les références touristiques Michelin : l’ancienne abbaye est toujours présentée comme un site « Vaut le voyage ».

Il y a quelque chose d’assez amusant à constater que, dans les Corbières, un petit vallon abrite un monument considéré par Michelin comme suffisamment remarquable pour justifier à lui seul un voyage. Et une fois sur place, entre les voûtes cisterciennes, les jardins et les parfums de la garrigue, on comprend assez vite pourquoi.

Alors si vous passez par Narbonne, ne vous contentez pas de regarder Fontfroide sur une carte. Prenez la route des Corbières, laissez la ville derrière vous et allez découvrir cette ancienne cité monastique. Trois étoiles Michelin, ce n’est pas seulement une récompense : c’est une invitation au voyage.

4 mars 1976 Montredon

Montredon 1976 : le jour où la colère des vignerons a tourné au drame

À la fin de l’hiver 1976, le vignoble languedocien traverse une crise profonde. Dans l’Aude, les viticulteurs voient leurs revenus s’effondrer dans un contexte de baisse de la consommation de vin de table et de concurrence accrue, notamment avec les importations venues des pays voisins. Les réponses du gouvernement sont jugées insuffisantes par une partie du monde viticole, tandis que le Comité d’action viticole durcit ses actions.

Depuis plusieurs mois, les manifestations se multiplient. Le ton monte dans les villages et les routes du Midi. Mais personne n’imagine encore que le 4 mars, à Montredon-des-Corbières, près de Narbonne, une mobilisation de viticulteurs va se transformer en l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire récente de la viticulture languedocienne.

🍇 Un vignoble au bord de l’explosion

En 1976, la crise ne concerne pas seulement le prix du vin. C’est tout un modèle économique qui semble vaciller. Dans les exploitations familiales, les difficultés s’accumulent et la concurrence des vins étrangers alimente une colère déjà ancienne.

Le Comité d’action viticole multiplie alors les opérations spectaculaires. En décembre 1975, des viticulteurs avaient notamment occupé le port de Sète afin de protester contre l’arrivée de vins italiens. Au début de 1976, les actions se poursuivent et la mobilisation gagne encore en intensité.

🚂 Le pont de Montredon devient le point de rupture

Le 4 mars, les manifestants choisissent le secteur de Montredon-des-Corbières pour bloquer les communications. Le pont est occupé et la circulation sur la route nationale ainsi que sur la voie ferrée est interrompue. L’objectif est de donner une nouvelle dimension à la mobilisation.

Dans l’après-midi, les forces de l’ordre arrivent pour tenter de dégager les axes bloqués. La situation devient extrêmement tendue. Des coups de fusil de chasse éclatent. Les CRS ripostent par des tirs. En quelques instants, la manifestation bascule dans la violence.

💥 Deux morts, une cicatrice dans le Midi

Le bilan est terrible : Émile Poytes, un viticulteur de 52 ans, et le commandant Joël Le Goff, un CRS de 42 ans, sont tués. Près de vingt-cinq autres personnes sont blessées. La nouvelle se répand rapidement dans tout le Languedoc.

Le drame provoque la stupeur jusque dans les rangs des manifestants. Les responsables viticoles appellent au calme et demandent une démobilisation provisoire. Le lendemain, une journée de deuil est organisée. Quelques semaines plus tard, les obsèques d’Émile Poytes rassemblent plus de 20 000 personnes dans son village d’Arquettes-en-Val, témoignage de l’émotion suscitée par le drame.

🕯️ Montredon, une mémoire toujours présente

Quatre décennies plus tard, le nom de Montredon reste profondément associé à la grande crise viticole du Languedoc. Le souvenir de cette journée revient régulièrement lors des commémorations et dans la mémoire collective du monde viticole régional.

Pour qui parcourt aujourd’hui les Corbières, il est difficile d’imaginer qu’un petit pont près de Narbonne ait pu devenir le théâtre d’un tel affrontement. Pourtant, ce lieu raconte une époque où la vigne représentait bien davantage qu’une activité agricole : elle faisait vivre des familles, structurait les villages et incarnait une véritable identité régionale. À Montredon, le 4 mars 1976, cette histoire du Midi s’est écrite dans le bruit des fusils. Et la mémoire, elle, n’a jamais vraiment cessé de résonner.


 

En 1572, les protestants du sud de la France se rassemblent et fondent en 1573 un pays qu’ils ont appelée Provinces-Unies du Midi dans le but de vivre avec leur foi protestante dans la paix civile et religieuse. Les Provinces de l'Union ont parfois été décrites comme une tentative de constituer en France un État huguenot, une république indépendante du Royaume de France.

*** museeprotestant.org ***

À la suite de l’édit de Saint-Germain de 1570, qui accorde quelques libertés aux protestants et quatre places de sûreté, une apparence de paix et de calme règne en France. Les partis semblent cohabiter tranquillement, jusqu’à la Saint-Barthélemy, en 1572, qui relance le conflit, et provoque l’exil de nombreux protestants hors de France. Tous ne quittent pas le royaume, certains se regroupent dans une communauté, une sorte d’État huguenot, appelé aussi ensuite, sur l’exemple des Hollandais, les Provinces-Unies du Midi. Faux rapprochement car il ne s’agit pas d’un État libre, affranchi de la domination d’un autre État souverain. [...] Lire l'intégralité de l'article

 Pétrole dans l'herault

Les moines du prieuré de Cassan qui se trouve à un kilomètre de Gabian  ont retrouvé la fontaine à huile. Ce prieuré deviendra abbaye  à partir du moment où il y a eu exploitation de la source. Le pétrole mélangé à de l’eau sortait naturellement du sol. Il était reçu dans des cuves de 25 à 30 hl par un aqueduc qui arrivait au monastère de Cassan. Le pétrole se présentait en fines couches flottant au dessus de l’eau. Cette couche de pétrole était plus ou moins épaisse selon le temps où elle avait séjourné dans l’eau. Les moines lui ont donné le nom de pétroléum. C’est à Cassan que ce nom est né.     

*** sur Persee.fr ***

À partir de 1882, le pétrole est utilisé comme carburant, pour les moteurs à explosion. En 1924, Gabian devient le premier gisement de pétrole de France, il est expédié par wagon depuis la gare de Gabian, mise en service en 1876. L'exploitation industrielle du pétrole cesse en 1950 [...] Lire l'intégralite de l'article

 Croix Pic Saint Loup

La partie haute de la croix du Pic Saint-Loup est trop abîmée pour être restaurée. Une nouvelle croix sera mise en place début juillet, plus moderne et entourée d’inox à sa base pour prévenir tout acte de vandalisme. L’édifice en fer – qui pèse pas loin d’une tonne et mesure 9 mètres – avait été abattu le dernier week-end du confinement, le 10 mai 2020. Sciée et percée à sa base, la croix a subi un choc fatal en s’écrasant contre la roche calcaire du Pic Saint Loup, à deux doigts de finir sa course dans le vide, comme en 1989, lorsqu'elle avait été dégradée une première fois. [...] Lire la suite
Napoléon en Languedoc

Créé le 27 décembre 1937, le Souvenir napoléonien est la plus importante association napoléonienne d’Europe, reconnue d’utilité publique par décret ministériel du 5 novembre 1982. Elle a pour but d’étudier et de faire connaître les institutions, les lieux, les événements et les personnes qui y ont fait l’histoire du Premier et du Second Empire. L’association regroupe des passionnés, des chercheurs, des curieux de l’histoire. Chacun a sa sensibilité propre et une approche différente du sujet ; c’est ce qui en fait sa richesse. Nous vivons une période où certaines pages de notre passé disparaissent des manuels d’histoire. C’est très regrettable car chacun sait que l’avenir ne se construit qu’en regardant derrière soi. C’est donc à nous, Souvenir napoléonien, d’occuper ce terrain abandonné et de sensibiliser toutes les personnes avec une prédilection pour la jeunesse.

*** www.midilibre.fr ***

Une fresque, longue de 94 mètres, retraçant la vie des soldats de la Grande Armée de Napoléon 1er, a été saluée par le prince Joachim Murat à Baillargues. Le devoir de mémoire illustré. Et de quelle façon ! L'immense fresque (94 mètres) peinte sur un mur situé au bord de la RN113 à Baillargues retraçant la vie des soldats de la Grande Armée de Napoléon 1er vient d'être saluée par un prince. […] Lire l’intégralité de l’article


musée de la Romanité

Situé face à l'amphithéâtre romain de Nîmes. 3 500 mètres carrés de surface d’exposition, un jardin, une terrasse panoramique, deux bâtiments séparés par 2 000 ans d'histoire permet d'admirer des vestiges gallo-romains découverts pour l'essentiel dans le département du Gard. 5 000 pièces archéologiques sont exposées dans une scénographie innovante et astucieuse avec carte interactive, animations graphiques, réalité virtuelle.

*** sur francebleu.fr ***

Le musée de la Romanité a ouvert ses portes il y a une semaine à Nîmes, samedi 2 juin. Depuis, il ne désemplit pas. Au total, près de 15 000 visiteurs ont déjà été accueillis. Le premier week-end a été bien sûr celui qui a rassemblé le plus de monde, 10 000 visiteurs. On en a compté 600 en moyenne en semaine et plus de 800 par jour le week-end suivant. […] Lire l’intégralité de l’article


Les premiers habitants s'étaient probablement installés en surplomb de l'Orb, à l'âge du bronze (1800 avant notre ère) mais l’agglomération date de 600 ans avant Jésus-Christ. Tout commence en 1985, avec le chantier de fouilles de la place de la Madeleine, sur l'emplacement de l'actuel parking souterrain. L'identité grecque de la ville ne fait plus aucun doute, la cité antique n'a été fondée des colons venus d'Athènes, d'Ephèse ou de Sparte. Béziers fait plus de 40 hectares dès – 500, un tiers plus grande que la cité phocéenne de l'époque. Inoccupée pendant trois ou quatre générations, la ville ne revivra qu'en - 200 avec l'arrivée de peuplades gauloises surnommées les Longostalètes.

*** sur viaoccitanie.tv ***

Béziers est dorénavant la plus vieille ville de France. Ce titre a pu être donné à la suite de fouilles archéologiques au centre de la ville bâtie sur un promontoire. Béziers passe ainsi devant Marseille, 600 avant J.-C., deux fossés défensifs et une citerne datant de - 625 ayant été découverts. Ce nouveau titre est une fierté pour les Biterrois et pour leur maire Robert Ménard qui y voit un atout de communication. Les données des fouilles archéologiques sont exposées jusqu'au vendredi 11 mai dans le hall de l'Hôtel de ville. […] Lire l’intégralité de l’article

Languedoc indépendance de l'Amérique

La bateau Hermione arrive à Sète, du 27 mars au 2 avril 2018, pour la 5e édition d'Escale à Sète. L’occasion d’évoquer la contribution des languedociens à la guerre d’Indépendance de l’Amérique. 500 marins languedociens y ont pris part.

*** sur capmeroccitanie.fr ***

Beaucoup de communes du littoral languedocien peuvent se tenir fièrement devant l’Hermione à Sète. En 1778, lors de l’extraordinaire levée des gens de mer pour la guerre d’indépendance de l’Amérique, sur presque tous les bateaux de l’escadre D’Estaing on relève des natifs d’Agde (97 marins ) Gruissan (31 marins) ,  Sigean (24),  Sète (70), Aigues Mortes,  avec parfois un lourd sacrifice pour un village comme Les Bages (35). Leurs noms et communes sont en bas de page avec les marins de Montpellier et Narbonne.  Cette épopée, dans des conditions épouvantables,  permet de retracer un pan de l’histoire des marins de notre région, le nombre d’engagés dont des officiers témoigne bel et bien d’une tradition maritime ancienne. […] Lire l’intégralité de l’article
web-serie  à Nîmes

Un petit avant-goût sur le web-serie fiction dédié à Nîmes sur Youtube. Diffusion prévue début janvier, en partenariat avec RTS. 


*** sur rtsfm.com ***

La ville de Nîmes au centre d'une web-série. "Nemausus" a été tournée le mois dernier par la société K-Prodz, basée justement dans la capitale gardoise. L'histoire de "Nemausus", c'est celle de Volesus, un gladiateur proche de Néron qui se retrouve propulsé en 2017 et qui va rencontrer Ben, le conducteur du petit train touristique de Nîmes. La série nous offre un saut dans le temps, conjugué donc au présent à travers les lieux emblématiques de la ville de Nîmes : les arènes, le musée de la romanité ou encore les jardins de la Fontaine. La diffusion du programme est prévue pour le mois prochain ou le début de l'année 2018, gratuitement sur Youtube. 10 épisodes de 5 minutes vont rythmer cette première saison. Regardez le reportage vidéo RTS, avec des images exclusives et l'interview des réalisateurs. (Source : RTS FM - 12 nov 2017)
Grands Jeux Romains 2018

La bande annonce des Grands Jeux Romains vient de sortir sur Youtube. Ce sera les 28, 29 et 30 avril 2018 dans les Arènes de Nîmes. Le thème choisi pour la 9e édition met à l’honneur Spartacus, esclave et gladiateur thrace, qui fut le principal chef des révoltés lors de la Troisième Guerre servile en Italie entre 73 et 71 av. J.-C.

Dolmen de Coste-Rouge

Quand Plaisirs d'Hérault vous propose de découvrir le Dolmen de Coste Rouge en 360. C’est un mégalithe érigé 1 500 ans av. J.-C. Il se situe sur la commune de Soumont, dans le département de l'Hérault. L'édifice est situé dans le parc de l'ancien prieuré Saint-Michel de Grandmont.  

Judaïsme du Languedoc

Montpellier présente au public, lors des Journées européennes du Patrimoine, son Mikvé. Un des mieux conservé du monde. Classé aux monuments historiques, ce bassin rituel d'une synagogue est un vestige bien conservé. Le Mikvé, découvert en 1985 fut bâti par des juifs, chassés d'Andalousie, prouvant la présence d’une communauté juive à Montpellier dès le XIIe siècle.

*** sur connaissancedesarts.com ***

De nouvelles fouilles archéologiques du Mikvé de Montpellier, un bassin rituel du XIIIe siècle situé au 1 rue de la Barralerie, ont prouvé qu’une communauté juive était présente dans la ville dès le XIIe siècle. Cette campagne de fouilles doit s’achever en octobre 2017 et aura un coût total de 120 000 euros supporté par la ville de Montpellier, la Drac et la Région Occitanie.
Découvert dans les années 1980, le Mikvé de Montpellier est un bassin du XIIIe siècle voué aux ablutions rituelles. Il appartient à un plus large ensemble religieux inscrit au titre des Monuments historiques depuis 2004. Une nouvelle campagne de fouilles est menée depuis octobre dans le but d’obtenir des précisions sur la présence de juifs dans la ville. […] Lire l’intégralité de l’article
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