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Saint Roch

Saint-Roch de Montpellier : l’église devenue sanctuaire au cœur de la ville

Au cœur de Montpellier, entre les rues animées de l’Écusson, une église attire depuis des siècles les pas des croyants et des curieux. Dédiée à saint Roch, enfant de Montpellier devenu l’un des saints les plus populaires d’Europe, elle n’est désormais plus seulement une église paroissiale : elle porte officiellement le titre de sanctuaire Saint-Roch.

Mais quelle différence y a-t-il entre une église et un sanctuaire ? Une église est avant tout un lieu destiné à la célébration du culte chrétien et à la vie d’une communauté. Un sanctuaire est, lui, un lieu vers lequel les fidèles se rendent particulièrement en pèlerinage en raison de la dévotion qui lui est attachée. À Montpellier, cette vocation est intimement liée à la figure de saint Roch.

⛪ Une église qui devient un lieu de pèlerinage

La reconnaissance comme sanctuaire a donné une nouvelle dimension à l’église Saint-Roch. Elle s’inscrit dans une tradition de dévotion qui dépasse largement les frontières de Montpellier. Chaque année, les 15 et 16 août, les fêtes de la Saint-Roch attirent fidèles, pèlerins et visiteurs autour de processions et de célébrations.

Le 15 août, une procession part notamment de la basilique Notre-Dame des Tables pour rejoindre le sanctuaire. Le lendemain, jour de la fête de saint Roch, une nouvelle procession accompagne le saint à travers le centre historique. En 2024, le diocèse soulignait la présence de fidèles venus parfois de loin ainsi que de délégations étrangères.

Le titre de sanctuaire ne transforme donc pas physiquement l’édifice. Il reconnaît surtout une vocation particulière : celle d’un lieu où la prière, la mémoire d’un saint et le pèlerinage occupent une place centrale.

🥾 Saint Roch, le Montpelliérain devenu saint des pèlerins

Saint Roch est une figure particulièrement chère à Montpellier. Né dans la ville au XIVe siècle, il aurait choisi, après la mort de ses parents, de distribuer ses biens aux pauvres avant de partir en pèlerinage vers Rome.

Sur les routes d’Italie, la tradition raconte qu’il aurait soigné des malades de la peste avant d’être lui-même atteint par la maladie. Retiré dans les bois, il aurait été nourri par un chien qui lui apportait du pain. C’est pourquoi l’animal accompagne presque toujours les représentations du saint.

Son histoire explique aussi son extraordinaire popularité. Saint Roch est traditionnellement invoqué contre les maladies contagieuses et considéré comme le saint patron des pèlerins. Il est également associé aux malades, aux soignants et, dans la tradition populaire, aux animaux domestiques.

🐕 Un saint qui voyage bien au-delà de Montpellier

C’est peut-être ce qui rend le sanctuaire montpelliérain particulièrement intéressant : le saint qui lui donne son nom n’est pas seulement une figure de l’histoire locale. Le culte de saint Roch s’est diffusé dans de nombreuses régions d’Europe et bien au-delà.

À Montpellier, sa mémoire reste pourtant très concrète. La ville conserve notamment des lieux et des traditions liés à son histoire, tandis que les fêtes du mois d’août continuent de réunir habitants, pèlerins et visiteurs.

La présence du chien est l’un des détails les plus reconnaissables de son iconographie. À l’occasion des fêtes de la Saint-Roch, une autre tradition étonnante rappelle d’ailleurs le lien particulier du saint avec les animaux : des fidèles viennent faire bénir leurs compagnons à quatre pattes.

🌿 Une autre façon de découvrir Montpellier

Pour le visiteur qui parcourt Montpellier, le sanctuaire Saint-Roch offre donc une pause assez différente de celle des grandes places et des terrasses de l’Écusson. Derrière sa façade, on découvre une histoire profondément liée à celle de la ville et à l’un de ses enfants les plus célèbres.

Et si vous passez par Montpellier autour du 16 août, l’expérience prend une autre dimension. Processions, chants, pèlerins et habitants se retrouvent dans les rues du centre historique pour célébrer celui que la ville considère depuis longtemps comme l’un de ses saints emblématiques.

Une petite halte dans l’église Saint-Roch permet alors de comprendre pourquoi le lieu est devenu un sanctuaire : ce n’est pas seulement un bâtiment religieux, c’est un lieu vers lequel une histoire, une mémoire et une tradition de pèlerinage continuent de converger.

Rennes-le-Château Diable

Rennes-le-Château : quand le célèbre diable de l’abbé Saunière fut décapité à la hache

Les amateurs de l’abbé Saunière et des mystères de Rennes-le-Château se souviennent certainement de cette incroyable scène. Le 23 avril 2017, alors que la France votait pour le premier tour de l’élection présidentielle, une femme vêtue de blanc et portant un masque vénitien pénétrait dans l’église Sainte-Marie-Madeleine. Quelques instants plus tard, le célèbre diable qui soutient le bénitier gisait décapité.

À coups de hache, la statue d’Asmodée avait été mutilée, tout comme une représentation de Marie-Madeleine située sur le décor de l’autel. Un exemplaire du Coran avait ensuite été déposé dans l’église. L’affaire allait rapidement dépasser le simple fait divers et provoquer une vive émotion dans ce petit village de l’Aude, mondialement connu pour ses légendes.

😈 Le fameux diable qui accueille les visiteurs

Pour comprendre le symbole, il faut regarder ce que représente cette étrange statue. Dès l’entrée dans l’église Sainte-Marie-Madeleine, le visiteur découvre un démon ailé courbé sous un bénitier. Au-dessus de lui, quatre anges dominent la scène, accompagnés de l’inscription latine « Par ce signe tu le vaincras ».

La mairie de Rennes-le-Château présente aujourd’hui encore cette composition comme l’un des éléments les plus emblématiques de l’église. L’édifice lui-même est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1994. Le décor intérieur, avec ses statues, ses peintures et ses nombreux détails, participe largement à la réputation mystérieuse du village.

Et ce diable n’était déjà pas tout à fait inconnu des vandales. La statue avait subi une première importante dégradation en 1995, lorsqu’elle avait notamment perdu sa tête et un bras. Restaurée, elle allait pourtant connaître une nouvelle attaque plus de vingt ans plus tard.

🪓 Le dimanche où la hache a frappé

Le 23 avril 2017, la scène paraît presque irréelle. La femme, âgée de 37 ans, avait dissimulé son visage derrière un masque vénitien. Après avoir pénétré dans l’église, elle s’en était prise à la statue d’Asmodée avec une hache, lui fracassant la tête et les bras.

Elle avait également dégradé une représentation de Marie-Madeleine sur le bas-relief de l’autel, avant de déposer un Coran à proximité. Des témoins avaient donné l’alerte et les gendarmes l’avaient interpellée peu après.

Dans ses premières déclarations, elle avait évoqué les bombardements occidentaux en Syrie. Elle affirmait également être liée à Sabri Essid, présenté dans la presse comme le demi-frère de Mohamed Merah. Ces déclarations ont contribué à donner à l’affaire une dimension particulièrement sensible.

Mais au cours de son procès, ses explications ont été plus complexes. Elle a notamment affirmé avoir voulu accomplir un acte « symbolique » et faire connaître un livre sur lequel elle travaillait depuis de nombreuses années, présenté comme une réflexion autour des trois religions monothéistes.

⚖️ Une affaire finalement jugée au tribunal

L’affaire fut examinée par le tribunal correctionnel de Carcassonne. La commune de Rennes-le-Château, propriétaire de l’église, s’était constituée partie civile afin d’obtenir réparation des dégâts.

Le jugement rendu en novembre 2017 a reconnu la prévenue coupable de dégradation d’un édifice religieux. Elle a été condamnée à deux mois de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans, ainsi qu’à une interdiction de paraître dans la commune. Elle devait également verser 17 718 euros à la commune pour son préjudice.

Les deux statues et le décor de l’autel ont ensuite fait l’objet de travaux de restauration. Le coût annoncé pour restaurer les éléments endommagés s’élevait à plusieurs milliers d’euros.

🔎 Un nouvel épisode dans le mystère de Rennes-le-Château

L’ironie de cette histoire est que le geste, en voulant frapper un symbole, a surtout attiré une nouvelle fois les projecteurs sur Rennes-le-Château. Car il existe peu de villages français où patrimoine religieux, histoire locale et légendes ésotériques sont aussi étroitement mêlés.

L’église Sainte-Marie-Madeleine fut profondément transformée à la fin du XIXe siècle par l’abbé Bérenger Saunière. Sa décoration étonnante, les inscriptions mystérieuses et les récits entourant la fortune du prêtre ont alimenté depuis des décennies quantité d’hypothèses sur un prétendu secret caché dans le village.

Mais devant le fameux diable, il n’est finalement pas nécessaire de connaître tous les secrets supposés de Rennes-le-Château pour mesurer la portée de l’histoire. Cette statue fait partie d’un décor religieux bien réel, protégé au titre du patrimoine, et devenu au fil du temps l’un des symboles les plus reconnaissables du village.

Aujourd’hui, le visiteur peut donc entrer dans l’église, observer le bénitier et retrouver le diable d’Asmodée restauré à sa place. Puis, en sortant, il suffit de lever les yeux vers les paysages de la Haute-Vallée de l’Aude pour comprendre pourquoi Rennes-le-Château continue d’attirer curieux, passionnés d’histoire et amateurs de mystères. Ici, même une petite église de village semble toujours avoir quelque chose à raconter.


 

En 1572, les protestants du sud de la France se rassemblent et fondent en 1573 un pays qu’ils ont appelée Provinces-Unies du Midi dans le but de vivre avec leur foi protestante dans la paix civile et religieuse. Les Provinces de l'Union ont parfois été décrites comme une tentative de constituer en France un État huguenot, une république indépendante du Royaume de France.

*** museeprotestant.org ***

À la suite de l’édit de Saint-Germain de 1570, qui accorde quelques libertés aux protestants et quatre places de sûreté, une apparence de paix et de calme règne en France. Les partis semblent cohabiter tranquillement, jusqu’à la Saint-Barthélemy, en 1572, qui relance le conflit, et provoque l’exil de nombreux protestants hors de France. Tous ne quittent pas le royaume, certains se regroupent dans une communauté, une sorte d’État huguenot, appelé aussi ensuite, sur l’exemple des Hollandais, les Provinces-Unies du Midi. Faux rapprochement car il ne s’agit pas d’un État libre, affranchi de la domination d’un autre État souverain. [...] Lire l'intégralité de l'article

 Croix Pic Saint Loup

La partie haute de la croix du Pic Saint-Loup est trop abîmée pour être restaurée. Une nouvelle croix sera mise en place début juillet, plus moderne et entourée d’inox à sa base pour prévenir tout acte de vandalisme. L’édifice en fer – qui pèse pas loin d’une tonne et mesure 9 mètres – avait été abattu le dernier week-end du confinement, le 10 mai 2020. Sciée et percée à sa base, la croix a subi un choc fatal en s’écrasant contre la roche calcaire du Pic Saint Loup, à deux doigts de finir sa course dans le vide, comme en 1989, lorsqu'elle avait été dégradée une première fois. [...] Lire la suite
Judaïsme du Languedoc

Montpellier présente au public, lors des Journées européennes du Patrimoine, son Mikvé. Un des mieux conservé du monde. Classé aux monuments historiques, ce bassin rituel d'une synagogue est un vestige bien conservé. Le Mikvé, découvert en 1985 fut bâti par des juifs, chassés d'Andalousie, prouvant la présence d’une communauté juive à Montpellier dès le XIIe siècle.

*** sur connaissancedesarts.com ***

De nouvelles fouilles archéologiques du Mikvé de Montpellier, un bassin rituel du XIIIe siècle situé au 1 rue de la Barralerie, ont prouvé qu’une communauté juive était présente dans la ville dès le XIIe siècle. Cette campagne de fouilles doit s’achever en octobre 2017 et aura un coût total de 120 000 euros supporté par la ville de Montpellier, la Drac et la Région Occitanie.
Découvert dans les années 1980, le Mikvé de Montpellier est un bassin du XIIIe siècle voué aux ablutions rituelles. Il appartient à un plus large ensemble religieux inscrit au titre des Monuments historiques depuis 2004. Une nouvelle campagne de fouilles est menée depuis octobre dans le but d’obtenir des précisions sur la présence de juifs dans la ville. […] Lire l’intégralité de l’article
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