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Get 27 : l’étonnante histoire de la menthe née à Revel

Peu le savent, mais le Get 27 est né dans le Sud-Ouest de la France. C’est à Revel, en Haute-Garonne, qu’en 1796 François Pons, botaniste et directeur de la distillerie de la « Bonbonnière », met au point une recette de liqueur à la menthe qui va traverser plus de deux siècles d’histoire.

À l’origine, rien ne laisse imaginer que cette liqueur deviendra un jour l’un des alcools français les plus reconnaissables. Et pourtant, entre la menthe poivrée, une bouteille devenue mythique et un nom aux sonorités anglaises, la petite histoire de Revel va finir par s’inviter dans les bars et les restaurants du monde entier.

🌿 Tout commence à Revel en 1796

François Pons est à l’origine de cette aventure. Son savoir-faire de botaniste et de distillateur lui permet de travailler la menthe pour créer une liqueur particulièrement fraîche et aromatique. La recette va ensuite entrer dans la famille Get lorsque Jean Get épouse Victoire Sablier, héritière de la Bonbonnière.

Jean Get, puis son frère Pierre, vont reprendre et développer cette liqueur. C’est à cette époque que le nom GET va véritablement s’imposer. Les deux frères travaillent notamment sur une nouvelle recette à base de menthe poivrée et cherchent un nom capable de donner à la boisson une image moderne.

🇬🇧 « Pippermint Get », un nom très français… avec un accent anglais

En 1898 apparaît le nom « Pippermint Get ». Le mot « pippermint » joue volontairement avec le terme anglais peppermint, qui désigne la menthe poivrée. Une petite touche exotique pour une liqueur pourtant profondément enracinée dans le terroir languedocien et méridional.

La marque va ensuite construire son identité autour de cette fameuse bouteille verte. Selon l’histoire racontée par GET, Jean Get aurait trouvé l’inspiration de sa forme en observant une lampe à pétrole dans une auberge de la région de Perpignan. Et la silhouette va devenir presque aussi célèbre que la liqueur elle-même.

🥃 Pourquoi 27 ? Et que trouve-t-on réellement dans le Get ?

Le chiffre 27 est aujourd’hui indissociable de la marque. Le degré alcoolique du Get a cependant évolué au cours de son histoire et selon les marchés. La recette actuelle repose notamment sur des huiles essentielles de menthe obtenues à partir de menthes récoltées dans différentes régions du monde, auxquelles sont assemblés alcool, eau et sucre.

La fabrication actuelle se fait à Beaucaire, dans le Gard. Les menthes sont distillées pour obtenir leurs huiles essentielles, puis celles-ci sont assemblées avec les autres ingrédients avant une période de repos et une filtration qui donne à la liqueur sa limpidité caractéristique.

🟢 De Revel au monde entier

Il y a quelque chose d'assez amusant dans le destin du Get 27 : une recette née dans une petite ville de Haute-Garonne à la fin du XVIIIe siècle est devenue une véritable icône des fins de repas. La bouteille verte s’est même retrouvée représentée dans des œuvres d’art, notamment chez Cézanne.

Et l’histoire ne s’est pas arrêtée au G


Quand les restes deviennent un trésor : bienvenue au championnat des escoubilles

Recette typiquement héraultaise, le ragoût d’escoubilles porte un nom qui pourrait presque faire fuir les gastronomes… Les « escoubilles », en occitan, désignent les déchets, les restes. Autrement dit, voici un plat né de ce que l’on ne voulait surtout pas gaspiller.

🍲 Le plat des lendemains de fête

Dans les familles de l’Hérault, le principe était simple : on récupérait les restes de la semaine pour leur offrir une seconde vie dans une grande marmite. Viandes, légumes, abats, olives, champignons… chacun pouvait apporter sa petite touche. Il n’existe d’ailleurs pas une recette unique, mais une multitude de versions transmises de génération en génération.

Dans certains villages de la vallée de l’Hérault, la tradition allait même jusqu’au boulanger. Le ragoût préparé par les habitants pouvait être confié au fournil afin d’être enfermé dans une pâte et transformé en croustade. Une cuisine populaire, ingénieuse et profondément liée à la vie du village.

🏆 À Pézenas, les restes ont leur championnat du monde

Et puis, à Pézenas, quelqu’un a eu une idée délicieusement méridionale : pourquoi ne pas transformer cette recette familiale en compétition ? Le premier championnat du monde de ragoût d’escoubilles voit le jour en 2020, dans le cadre du carnaval, avec une vingtaine d’équipes réunies dans la cour d’honneur de l’Hôtel de Ville.

En 2022, pour la deuxième édition, 21 concurrents se retrouvent derrière leurs marmites. Le principe est aussi sérieux qu’il est sympathique : chacun défend sa recette, le jury déguste les préparations et un seul nom finit gravé sur le fameux bouclier. Les champions de 2020, Nadine Jouves et Bertrand Pailhès, avaient ouvert la voie.

🌿 Une recette, autant de villages que de secrets

C’est là que le voyage devient intéressant. Car en Hérault, goûter un ragoût d’escoubilles, c’est un peu comme ouvrir une carte du terroir. À Saint-Guilhem-le-Désert, les olives peuvent jouer un rôle particulier ; à Aniane, la préparation se retrouve plutôt sous forme de croustade. Ailleurs, on ajoutera de la saucisse, du veau, du lard ou encore des champignons.

Cette diversité raconte surtout une chose : ici, la cuisine n’a jamais été figée. Elle s’est adaptée aux produits disponibles, aux saisons et aux habitudes de chaque famille. Une philosophie qui ferait presque du ragoût d’escoubilles l’ancêtre local de la cuisine anti-gaspillage.

🎭 Quand la gastronomie rencontre le carnaval

À Pézenas, l’escoubille ne se déguste donc pas simplement autour d’une table. Elle fait partie d’un véritable moment de convivialité lié au carnaval. On cuisine, on goûte, on discute, on défend son secret de famille… et surtout, on partage. Le ragoût devient alors bien plus qu’une recette : il devient un prétexte pour faire vivre une mémoire locale.

C’est peut-être ça, finalement, le charme des traditions du Sud. Derrière un drôle de nom et une recette née des restes se cache une histoire de villages, de familles et de transmission. Alors, si vos pas vous conduisent un jour du côté de Pézenas, ne cherchez pas forcément la cuisine la plus sophistiquée. Cherchez plutôt celle qui raconte quelque chose.

 Blanquette de Limoux


La blanquette de Limoux : l’étonnante histoire des premières bulles du Languedoc

Aux portes de la Haute-Vallée de l’Aude, Limoux possède une histoire qui pétille depuis plusieurs siècles. Bien avant que le champagne ne devienne synonyme de fête dans le monde entier, les vignes autour de cette petite ville produisaient déjà des vins effervescents.

La tradition attribue aux moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Hilaire un rôle essentiel dans cette découverte. Une chose est certaine : les archives témoignent de l’existence de la blanquette à Limoux dès le XVIe siècle. Une mention datant de 1544 constitue aujourd’hui l’une des plus anciennes traces connues de ce vin. L’INAO indique même que les moines de Saint-Hilaire sont à l’origine de l’élaboration de vins effervescents dès cette époque.

🍾 Quand le vin se met à faire des bulles

Il faut imaginer la vallée de l’Aude au XVIe siècle. Dans les caves de l’abbaye de Saint-Hilaire, les moines travaillent la vigne et expérimentent les techniques de vinification. Le climat particulier de Limoux, plus frais que dans une grande partie du Languedoc, joue lui aussi son rôle.

À cette époque, les phénomènes de fermentation sont encore mal compris. Lorsque le vin recommence naturellement à fermenter après sa mise en bouteille, du gaz carbonique se forme et reste prisonnier du liquide. Le vin devient alors pétillant.

C’est cette prise de mousse naturelle qui est au cœur de la tradition limouxine. La méthode ancestrale actuelle de Limoux en conserve d’ailleurs le principe : la fermentation commence dans la cuve et s’achève en bouteille.

📜 Une histoire plus ancienne que le champagne

La comparaison avec la Champagne est inévitable. Mais elle mérite quelques précisions. Les archives de l’Aude montrent que la blanquette est connue à Limoux dès le XVIe siècle, alors que le champagne effervescent tel que nous le connaissons se construit beaucoup plus tard, principalement entre le XVIIe et le XVIIIe siècle.

C’est ici qu’apparaît une célèbre légende : celle de Dom Pérignon. Selon cette tradition, le moine bénédictin de l’abbaye d’Hautvillers aurait découvert les secrets du vin effervescent lors d’un passage à Saint-Hilaire, avant de rapporter cette méthode en Champagne.

L’histoire est belle… mais elle n’est pas établie par les sources historiques. Les documents disponibles ne permettent pas d’affirmer que Dom Pérignon se serait rendu à Saint-Hilaire pour y apprendre la méthode limouxine. Les sources champenoises situent son rôle à partir de 1668, notamment dans l’amélioration des assemblages et des pratiques œnologiques de Champagne.

La réalité est finalement encore plus intéressante : Limoux possède bien une tradition très ancienne de vin effervescent, indépendamment de la légende de Dom Pérignon.

🌿 Le mauzac, cépage emblématique de Limoux

Derrière les bulles se cache également un cépage qui raconte à lui seul l’identité du terroir : le mauzac. Ce raisin blanc traditionnel de la Haute-Vallée de l’Aude donne à la blanquette ses caractéristiques particulières.

La Blanquette de Limoux actuelle repose très largement sur ce cépage. Son profil aromatique évoque notamment la pomme verte, les fleurs et le miel. L’aire de production de l’appellation s’étend aujourd’hui sur 41 communes autour de Limoux.

Et la tradition ne s’est pas limitée à une seule manière de faire des bulles. Le vignoble produit aujourd’hui trois grandes expressions effervescentes reconnues en appellation : la Blanquette de Limoux, le Limoux méthode ancestrale et le Crémant de Limoux.

🏰 De Saint-Hilaire aux tables du monde entier

Lorsque l’on arrive à l’abbaye de Saint-Hilaire, à quelques kilomètres de Limoux, il est assez étonnant de penser que ces murs sont associés à l’une des plus anciennes histoires de vin effervescent de France.

La petite abbaye nichée dans la vallée n’a pourtant rien d’un immense domaine viticole. C’est justement ce qui rend l’histoire fascinante. Dans ce coin discret de l’Aude, des religieux ont contribué à développer des techniques qui allaient permettre à un vin local de traverser les siècles.

Aujourd’hui encore, la blanquette accompagne l’identité de Limoux au même titre que son carnaval. Elle raconte un terroir, un cépage et surtout une longue tradition de savoir-faire. Et lorsque les bulles montent lentement dans le verre, c’est toute une partie de l’histoire viticole du Languedoc qui remonte à la surface.

Alors, lors d’une balade dans la Haute-Vallée de l’Aude, poussez jusqu’à Saint-Hilaire. Entre l’ancienne abbaye bénédictine, les coteaux de vignes et les caves de Limoux, vous découvrirez une autre facette du Sud : celle d’un pays où, depuis près de cinq siècles au moins, le vin a parfois décidé de faire des bulles.

 Châtaigne des Cévennes

La châtaigne des Cévennes : le fruit qui a nourri tout un pays

Les Cévennes ont leur arbre emblématique, et ce n’est pas la vigne. C’est le châtaignier. Pendant des siècles, ses fruits ont constitué l’une des grandes ressources alimentaires des populations de montagne. Aujourd’hui encore, les châtaigneraies couvrent une vaste partie du territoire cévenol et perpétuent des gestes agricoles qui ont façonné les paysages.

L’aire de la Châtaigne des Cévennes s’étend sur 206 communes. Elle concerne principalement le Gard, la Lozère et l’Hérault, mais déborde également sur quelques communes de l’Aveyron et du Tarn. En janvier 2023, cette production traditionnelle a obtenu la reconnaissance européenne en AOP, après avoir été reconnue en AOC en 2020.

🌰 Un arbre parfaitement adapté aux montagnes cévenoles

Le châtaignier trouve ici un terrain particulièrement favorable. Les sols acides issus notamment du schiste et du granite, associés au climat méditerranéen des Cévennes et aux reliefs de moyenne montagne, ont permis aux châtaigneraies de s’installer durablement.

Mais la présence du châtaignier n’est pas seulement une histoire de nature. Dès le Moyen Âge, les hommes ont sélectionné, greffé et entretenu des variétés adaptées à leurs terroirs. Les anciennes châtaigneraies sont ainsi intimement liées à l’histoire des villages cévenols et à leurs terrasses soutenues par des murs de pierres sèches.

🔥 La clède, étrange séchoir des Cévennes

À l’automne, lorsque les bogues commencent à tomber, les producteurs récoltent les châtaignes après leur chute naturelle. Mais le fruit ne s’arrête pas au panier : une partie de la récolte est traditionnellement conduite dans une clède, également appelée sécadou, un petit bâtiment spécialement conçu pour le séchage.

Pendant plusieurs semaines, les châtaignes sont placées au-dessus d’un feu doux. La fumée et la chaleur permettent de les conserver et de les transformer en « châtaignons ». Ce procédé ancestral donne au fruit sec ses arômes caractéristiques de fruits secs et de pain chaud.

🏞️ Une AOP pour sauver tout un paysage

La reconnaissance de l’appellation ne protège donc pas seulement une châtaigne. Elle protège aussi un territoire et les savoir-faire qui lui sont associés. Le cahier des charges de l’AOP repose sur des variétés traditionnelles, des vergers de châtaigniers greffés et des pratiques agricoles adaptées au terroir.

Derrière cette reconnaissance se trouve notamment l’Association des Producteurs de Châtaigne des Cévennes, créée pour défendre et structurer la filière. Installée à Saint-Privat-des-Vieux, près d’Alès, elle a porté pendant de nombreuses années la démarche de reconnaissance de cette production emblématique.

🍲 De la châtaigne grillée à la farine

Fraîche, sèche ou transformée en farine, la châtaigne offre une étonnante diversité. Dans les Cévennes, on la déguste notamment grillée, mais elle entre aussi dans des recettes traditionnelles comme le bajanat, une soupe de châtaignes sèches réhydratées.

La farine, naturellement douce et parfumée, permet quant à elle de réaliser pains, galettes, biscuits et pâtisseries. L’INAO décrit notamment des notes de fruits secs, de noix et de noisette. Autant de saveurs qui racontent finalement le paysage dont elles sont issues.

Alors, lorsque l’automne arrive dans les Cévennes, il suffit parfois de suivre les petites routes qui serpentent entre les châtaigneraies pour comprendre l’importance de ce fruit. Une châtaigne dans la main, une vieille clède au détour d’un chemin, des terrasses de pierre accrochées à la montagne… Ici, la gastronomie est indissociable du paysage. Et derrière cette petite AOP se cache tout simplement l’histoire d’un pays qui a longtemps vécu au rythme de ses châtaigniers.


À Fontjoncouse, un petit village des Corbières abrite une table mondialement connue

L’Auberge du Vieux Puits se cache à Fontjoncouse, un minuscule village des Corbières où l’on pourrait facilement passer sans imaginer ce qui se joue derrière les murs de cette auberge. C’est pourtant ici que le chef Gilles Goujon s’est installé en 1992 avec son épouse Marie-Christine, transformant peu à peu ce petit coin de l’Aude en destination gastronomique.

En 2020, le village a même fait un véritable bond sur la carte mondiale de la gastronomie : l’Auberge du Vieux Puits a été distinguée par le classement Travellers’ Choice de TripAdvisor parmi les restaurants les plus remarquables au monde. Une consécration assez spectaculaire pour une adresse installée loin des grandes capitales gastronomiques.

🏡 Un village minuscule, une grande maison

Fontjoncouse compte seulement quelques centaines d’habitants et se trouve au cœur d’un paysage de garrigues, de vignes et de collines sauvages. Ici, pas de boulevard animé ni de quartier gastronomique : pour atteindre l’Auberge du Vieux Puits, il faut véritablement venir jusqu’au village.

Et pourtant, l’établissement est devenu un véritable moteur économique local. Au fil des années, la maison a fait travailler de nombreux salariés et s’est entourée de producteurs et artisans de la région. La gastronomie devient alors bien plus qu’une histoire d’assiettes : elle participe directement à faire vivre un territoire rural.

👨‍🍳 Gilles Goujon, l’homme qui a mis Fontjoncouse sur la carte

Lorsque Gilles Goujon arrive à Fontjoncouse en 1992, le pari peut sembler étonnant. Le chef va pourtant progressivement imposer sa cuisine et obtenir les plus grandes distinctions de la gastronomie française. L’Auberge du Vieux Puits décroche trois étoiles au Guide Michelin, une reconnaissance qui contribue à attirer des gourmets venus de bien plus loin que les Corbières.

Mais la particularité de la maison tient aussi à son attachement au territoire. Produits locaux, végétaux de la garrigue, poissons de la Méditerranée, truffes et produits du terroir nourrissent une cuisine qui cherche à raconter le Sud plutôt qu’à simplement accumuler les produits prestigieux.

🥚 L’étrange « œuf pourri » devenu une icône

Impossible de parler de l’Auberge du Vieux Puits sans évoquer son plat le plus célèbre : l’œuf « pourri » de truffe. Rassurez-vous, son nom est évidemment trompeur ! Il s’agit d’un œuf travaillé autour de la truffe, accompagné notamment de champignons et d’une préparation crémeuse à la truffe.

Le plat est devenu une véritable signature de Gilles Goujon et figure encore aujourd’hui parmi les incontournables de la maison. Son nom volontairement provocateur participe d’ailleurs à son succès : derrière cette appellation surprenante se cache une création gastronomique particulièrement raffinée.

🌄 Quand les Corbières deviennent une destination gastronomique

Ce qui rend l’histoire de Fontjoncouse particulièrement étonnante, c’est ce contraste entre le décor et la réputation. On vient ici pour la gastronomie, mais on découvre en même temps un paysage profondément rural, les routes sinueuses des Corbières, la garrigue et cette atmosphère de village isolé.

C’est peut-être cela, finalement, qui fait tout le charme de l’aventure. Un village presque perdu dans les Corbières est devenu une destination recherchée par les amateurs de haute gastronomie du monde entier. Une belle illustration de ces endroits du Sud où l’on part parfois sans savoir ce que l’on va trouver… et où l’on découvre finalement une adresse qui mérite, à elle seule, le détour.

 Vinaigre de Montepllier


Le vinaigre languedocien renaît près de Montpellier : Nicolas Robinson ressuscite un savoir-faire oublié

Et si le Languedoc n’était pas seulement une terre de grands vins, mais aussi celle d’un ancien savoir-faire aujourd’hui presque disparu ? En 2017, Nicolas Robinson décide de remettre au goût du jour une production autrefois très présente dans la région : celle du vinaigre de vin.

Après une formation dans le vin et les spiritueux et plusieurs expériences auprès de vignerons, le Montpelliérain découvre progressivement ce métier tombé en désuétude. Il crée alors sa Vinaigrerie Montpelliéraine, avec une idée simple : utiliser les vins biologiques du territoire pour fabriquer des vinaigres qui portent réellement le goût de leur terroir.

🍷 Quand le vin devient vinaigre

Ici, pas question de fabriquer un vinaigre industriel en quelques heures. Nicolas Robinson travaille selon la méthode dite orléanaise, un procédé traditionnel qui laisse au vinaigre le temps de se transformer et de développer ses arômes.

Les vins sont sélectionnés directement auprès de vignerons héraultais. Pour les vinaigres rouges, la Syrah et le Grenache occupent notamment une place importante. Le liquide est ensuite placé dans des fûts de chêne ou de châtaignier, où il va lentement évoluer.

Cette patience est justement ce qui fait toute la différence. Le vinaigre rouge traditionnel « Le Jacquot » demande ainsi environ douze mois de maturation en fût de chêne. Loin d’être considéré comme un simple condiment, il devient un véritable produit de terroir.

🌿 Des raisins du Languedoc jusque dans la bouteille

La démarche de Nicolas Robinson repose sur une logique locale. Les vins utilisés proviennent de domaines engagés dans une agriculture biologique, notamment autour du Pic Saint-Loup et des Terrasses du Larzac. L’objectif est de conserver dans le vinaigre une partie de l’identité des vins et des cépages qui ont façonné le paysage languedocien.

Et la gamme ne s’arrête pas au vinaigre rouge. Vinaigres blancs, balsamiques, aromatisations à la fleur de sureau, au miel, aux mûres ou encore aux kumquats : l’artisan explore différentes associations tout en conservant la même philosophie, celle d’un produit fabriqué lentement et à partir de matières premières locales.

♻️ Une vinaigrerie qui veut aussi préserver l’environnement

Chez Nicolas Robinson, le retour aux méthodes anciennes s’accompagne d’une démarche résolument actuelle. Fûts de bois, caisses de livraison en bois recyclé, bouteilles en grès rechargeables : la vinaigrerie cherche à limiter au maximum les déchets liés à sa production et à sa distribution.

L’entreprise est aujourd’hui installée à Saint-Gély-du-Fesc, tandis qu’une boutique permet de découvrir ses produits dans les ruelles du village médiéval des Matelles, au nord de Montpellier.

☀️ Le goût d’un Languedoc qui prend son temps

Il y a quelque chose d’assez surprenant à découvrir qu’un produit aussi banal que le vinaigre peut raconter une histoire de terroir. Ici, il faut des vins du Languedoc, des cépages locaux, des fûts de bois et surtout beaucoup de patience pour obtenir quelques bouteilles.

En relançant cette production presque oubliée, Nicolas Robinson ne cherche donc pas seulement à fabriquer du vinaigre : il tente de faire revivre une tradition languedocienne et de lui redonner une place sur les tables d’aujourd’hui.

Une belle découverte à faire en parcourant les villages du Grand Pic Saint-Loup : car derrière les vignes et les vieilles pierres des Matelles se cache désormais une autre spécialité du pays… un vinaigre qui, lui aussi, a pris le temps de devenir un produit de terroir.

Miellerie des Clauses

L’hydromel des Corbières : le nectar des abeilles fabriqué près de Fontfroide

Et si, au cœur des Corbières, les abeilles avaient aussi leur propre vin ? Pas vraiment un vin, bien sûr, mais une boisson aussi ancienne que surprenante : l’hydromel. Et celui qui est produit à Montséret a même décroché une médaille d’or au Concours Général Agricole en 2017.

C’est la célèbre Miellerie des Clauses qui le fabrique, dans un petit hameau installé au milieu de la garrigue, à quelques kilomètres de l’abbaye de Fontfroide. Une adresse que les amateurs de miel et de produits du terroir connaissent bien… mais qui mérite largement le détour pour tous les curieux de passage dans l’Aude.

🍯 Tout commence avec le miel des Corbières

Depuis plus de 38 ans, la Miellerie des Clauses travaille autour de l’univers fascinant des abeilles. Ses ruches sont installées dans différents environnements méditerranéens et permettent de récolter plusieurs types de miels, dont un miel de garrigue particulièrement représentatif du paysage local.

Thym, lavande, dorycnium, chêne… La végétation méditerranéenne donne aux miels des profils très différents selon les floraisons et les lieux de récolte. On retrouve ici toute cette palette aromatique caractéristique des Corbières.

Mais à la Miellerie, le miel ne se contente pas de finir dans un pot. Il devi

La Belle Aude

La Belle Aude : à Carcassonne, les salariés ont sauvé leurs glaces

Pas de coup de froid pour La Belle Aude ! Bien au contraire. À Carcassonne, une drôle d’histoire industrielle s’est transformée en aventure coopérative. Lorsque l’usine Pilpa annonce sa fermeture, d’anciens salariés refusent de voir disparaître leur outil de travail et leur savoir-faire. Ils vont alors tenter quelque chose d’assez rare : reprendre eux-mêmes l’activité.

En 2013 naît ainsi La Fabrique du Sud, une SCOP qui va produire les crèmes glacées et les sorbets sous la marque La Belle Aude. La production démarre en avril 2014, dans une partie des anciens locaux de Pilpa. Une ancienne usine vouée à disparaître retrouve alors une nouvelle vie.

🍦 De Pilpa à La Belle Aude

L’histoire commence pourtant par une fermeture annoncée. En 2012, le groupe propriétaire de Pilpa décide de rapatrier la production vers d’autres sites. Pour les salariés de Carcassonne, c’est la perspective de voir disparaître une entreprise installée depuis des décennies et tout un savoir-faire local.

Plutôt que de partir chacun de leur côté, une partie d’entre eux imagine une autre solution. Ils se forment à de nouvelles responsabilités, apprennent à gérer leur propre entreprise et créent une société coopérative où les salariés deviennent également associés. La Belle Aude devient ainsi bien plus qu'une marque de glaces : c’est le résultat concret d’une reconversion collective.

🤝 Une entreprise où les salariés deviennent patrons

Dans une SCOP, les salariés associés détiennent au moins 51 % du capital et 65 % des droits de vote. Les grandes décisions sont prises selon le principe « une personne = une voix », quel que soit le montant du capital détenu. À Carcassonne, ceux qui travaillaient hier sur les chaînes de production participent donc désormais directement aux décisions qui concernent l’entreprise.

Le pari était loin d’être gagné d’avance. Pourtant, dès les premières années, la production progresse. En 2016, la coopérative approchait déjà les 6 000 pots de glace par jour et distribuait ses produits au-delà de la région, tandis que l’effectif était passé de 19 à 23 salariés.

🌿 Des glaces qui revendiquent le goût du vrai

La Fabrique du Sud ne cherche pas simplement à reproduire les anciennes glaces industrielles. Les coopérateurs veulent développer une gamme à leur image, avec des recettes reposant sur des ingrédients qu’ils présentent comme simples et naturels. Crèmes glacées au lait entier, sorbets plein fruit et parfums originaux composent aujourd’hui la gamme La Belle Aude.

La marque a également obtenu l’agrément « Glaces Artisanales de France » pour 2018-2019, une reconnaissance attribuée après audit aux professionnels respectant les engagements de la charte qualité. Une manière pour cette petite entreprise carcassonnaise de faire reconnaître le savoir-faire acquis depuis sa renaissance.

☀️ Une histoire carcassonnaise qui continue

Aujourd’hui encore, La Belle Aude est installée à Carcassonne, dans les anciens locaux de Pilpa. La marque continue de développer ses parfums et propose notamment une gamme bio. Une boutique permet également de retrouver directement les produits à l’adresse historique de la coopérative.

Pour le voyageur qui traverse l’Aude, l’histoire mérite le détour : derrière un simple pot de glace se cache une aventure humaine assez extraordinaire. Des salariés qui refusent la disparition de leur usine, créent leur propre entreprise et transforment une fermeture industrielle en nouvelle histoire. À Carcassonne, finalement, la meilleure façon de lutter contre le froid aura peut-être été de fabriquer des glaces.

Fine Faugères

La Fine Faugères : le petit trésor oublié des vignes du Languedoc

C’est une eau-de-vie que l’on connaît beaucoup moins que le vin qui porte son nom. Et pourtant, la Fine Faugères possède une histoire étonnante : première eau-de-vie réglementée du Languedoc, elle est élaborée selon une méthode de double distillation dans un alambic charentais « à repasse », un procédé particulièrement rare dans la région.

Dans les collines schisteuses de l’Hérault, cette vieille tradition aurait même trouvé sa place dans les caves de l’impératrice Joséphine. La première mention écrite de la Fine Faugères apparaît en effet au début du XIXe siècle. Quelques décennies plus tard, en 1852, la famille Noël Salles commence une production qui contribuera à faire la réputation de cette eau-de-vie bien au-delà du village.

🍇 Quand le vin de Faugères devient une eau-de-vie

La Fine Faugères naît tout simplement du vin produit sur le terroir de Faugères. Mais au lieu d’être consommé comme tel, celui-ci va connaître une seconde vie grâce à la distillation. Et pas n’importe laquelle : le vin passe deux fois dans un alambic charentais. La première chauffe donne le « brouillis », puis la seconde, appelée « repasse », permet de sélectionner le cœur de l’eau-de-vie.

Ce procédé demande du temps et du savoir-faire. Il permet surtout d’obtenir une eau-de-vie plus ronde et complexe. Le caractère du terroir reste au cœur du produit : les sols pauvres et schisteux de Faugères participent à sa typicité, tandis que le vieillissement va progressivement transformer l’eau-de-vie.

🥃 Une appellation qui porte le nom de son eau-de-vie

Il y a là une petite curiosité de l’histoire viticole languedocienne. La Fine Faugères était suffisamment connue pour contribuer à la notoriété du nom « Faugères ». Le 19 mars 1948, elle obtient officiellement une Appellation d’Origine Réglementée. Les vins destinés à sa fabrication doivent être vinifiés et distillés dans l’aire définie pour l’appellation.

Mais cette histoire aurait pu s'arrêter là. Après plusieurs décennies de production, la Fine Faugères tombe progressivement dans l’oubli et sa fabrication est abandonnée dans les années 1980. À la fin du XXe siècle, quelques vignerons décident pourtant de faire revivre ce patrimoine. La production reprend autour de 2000, avec la volonté de conserver un savoir-faire qui aurait pu disparaître.

🥃 Cinq ans minimum pour laisser le temps au terroir

Une fois distillée, la Fine Faugères n’est surtout pas prête à être dégustée. Elle doit patienter au moins cinq ans dans des fûts de chêne. Et souvent bien davantage. Avec les années, la robe se colore, les arômes se développent et l’eau-de-vie gagne en complexité.

Les amateurs y recherchent notamment des notes fruitées, salines et parfois des arômes évoquant la feuille de tabac. C’est cette longue maturation, associée à la double distillation, qui donne à la Fine Faugères son caractère si particulier. Un spiritueux qui demande finalement la même chose que beaucoup de trésors du Sud : du temps.

☀️ Un petit morceau de Languedoc dans un verre

Aujourd’hui, cette production reste confidentielle. L’Atelier du Bouilleur, installé dans l’ancienne distillerie coopérative d’Autignac, perpétue notamment cette tradition avec les vins confiés par des vignerons de Faugères. Le vieux patrimoine viticole du Languedoc trouve ainsi une nouvelle vie dans une distillerie artisanale.

Et c’est peut-être ce qui rend la Fine Faugères particulièrement intéressante pour le voyageur curieux. Ici, il ne s’agit pas simplement de goûter une eau-de-vie : derrière le verre se cachent les schistes de l’Hérault, les anciennes distilleries villageoises, les vignerons qui ont refusé de laisser disparaître leur savoir-faire et une histoire vieille de plusieurs générations. Un petit secret du Languedoc, à découvrir avec modération… et surtout avec curiosité.

Le bon Malakoff

Malakoff : la barre chocolatée née d’une bataille et ressuscitée en Lozère

C’est une petite barre chocolatée qui cache une étonnante histoire. Son nom évoque une bataille de la guerre de Crimée, Napoléon III, un célèbre chocolatier stéphanois… et, plus récemment, un artisan du Gard qui a décidé de faire revivre une gourmandise disparue des rayons.

Aujourd’hui fabriqué à Banassac, en Lozère, le Malakoff 1855 continue ainsi une histoire commencée au XIXe siècle. Une véritable madeleine de Proust pour ceux qui se souviennent de son goût de chocolat et de noisette.

⚔️ Une bataille donne son nom à une gourmandise

Nous sommes en 1855, au cœur de la guerre de Crimée. Les troupes françaises et britanniques viennent de remporter la bataille de Malakoff, une victoire décisive lors du siège de Sébastopol.

Pour célébrer l'événement, Napoléon III aurait demandé au chocolatier stéphanois Jean-Louis Pupier d’imaginer une nouvelle gourmandise. Celui-ci crée alors une barre au chocolat et au praliné noisette, enveloppée dans son fameux papier doré.

Le nom de la bataille entre ainsi dans l’histoire de la confiserie française. Pendant plusieurs décennies, le Malakoff connaît un véritable succès et devient une gourmandise familière dans de nombreuses familles.

🍫 Une barre qui finit par disparaître

Au fil du temps, la recette évolue et la fabrication passe entre différentes mains. Le Malakoff connaît notamment son apogée au milieu du XXe siècle, avant de progressivement disparaître face à l’arrivée de nouvelles barres chocolatées industrielles.

Dans les années 1990, la production s’arrête finalement. Pour les anciens amateurs, il ne reste alors que le souvenir de cette barre au chocolat et aux éclats de noisette.

Mais quelques années plus tard, un ancien crêpier d’Alès va entendre parler du Malakoff d’une façon plutôt inattendue.

👨‍🍳 À Alès, un artisan part à la recherche du goût perdu

Son nom : Romain Chollier. Installé dans le Gard, il entend régulièrement ses clients lui dire que sa pâte à tartiner leur rappelle le fameux chocolat Malakoff de leur enfance.

Il décide alors de tenter l’expérience : puisqu’il ne retrouve plus le goût dont ses clients parlent, pourquoi ne pas essayer de le recréer ? Pendant des mois, il multiplie les essais et fait goûter ses différentes recettes.

En 2010, lors du salon MIAM à Alès, son travail rencontre un véritable succès auprès du public. Romain Chollier finit par retrouver une recette qui évoque suffisamment le Malakoff disparu. En 2011, il crée alors Malakoff & Cie et relance la fabrication de la célèbre gourmandise.

🌿 Du Gard à la Lozère, le Malakoff change de maison

L’aventure commence à Saint-Christol-lès-Alès, où Romain et Laurence Chollier développent leur chocolaterie artisanale. Mais pour accompagner le développement de l’entreprise, la production déménage en 2017 à Banassac, en Lozère.

Dans cette ancienne laiterie proche de La Canourgue, la petite barre historique retrouve ainsi une nouvelle vie. Le Malakoff classique côtoie désormais d’autres créations : chocolat noir, chocolat au lait, noisettes, caramel, feuilletine ou encore versions plus originales.

La maison propose également des tablettes, pâtes à tartiner et autres gourmandises chocolatées, tout en conservant au cœur de sa production cette fameuse barre qui a traversé plus d’un siècle et demi d’histoire.

🥰 Une véritable madeleine de Proust du Sud

Il y a quelque chose d’assez amusant dans l’histoire du Malakoff : une victoire militaire remportée en Crimée en 1855 a donné son nom à une confiserie française, avant que cette dernière ne renaisse près d’Alès puis au cœur de la Lozère.

Aujourd’hui, les visiteurs peuvent découvrir la fabrication artisanale de cette spécialité à Banassac et repartir avec quelques barres sous le bras.

Comme quoi, certaines gourmandises ont beau disparaître des rayons, elles ne disparaissent jamais vraiment des souvenirs. Et parfois, il suffit d’un artisan assez passionné pour leur offrir une seconde vie.

 fougasse d’Aigues-Mortes

La fougasse d’Aigues-Mortes : la brioche sucrée qui sent bon la fleur d’oranger

À Aigues-Mortes, la fougasse n’a rien à voir avec la fougasse salée que l’on trouve dans tant de boulangeries du Sud. Ici, elle est sucrée, moelleuse et délicatement parfumée à la fleur d’oranger. Une gourmandise devenue l’une des spécialités emblématiques de la cité gardoise.

Traditionnellement, cette fougasse était surtout préparée à l’occasion de Noël. Elle faisait partie des fameux treize desserts provençaux et se retrouvait sur les tables familiales au moment des fêtes. Aujourd’hui, on peut heureusement la déguster toute l’année : l’office de tourisme d’Occitanie la présente d’ailleurs comme l’une des gourmandises incontournables d’Aigues-Mortes.

🍊 Une brioche généreuse au parfum de fleur d’oranger

La recette est étonnamment simple : une pâte levée proche de la brioche, du beurre, du sucre et surtout de la fleur d’oranger. C’est elle qui donne à la fougasse d’Aigues-Mortes son parfum immédiatement reconnaissable.

La pâte est travaillée puis étalée avant d’être généreusement beurrée et recouverte de sucre. À la cuisson, le beurre et le sucre forment une fine couche gourmande tandis que la pâte conserve son moelleux.

Et contrairement à certaines fougasses salées, ici pas d’huile d’olive, pas de tomates ni d’herbes de Provence : la star, c’est le sucre et la fleur d’oranger.

🎄 Autrefois, le boulanger faisait le cadeau de Noël

Il existe une jolie tradition liée à cette spécialité. Pour les fêtes de fin d’année, le boulanger préparait la pâte tandis que les familles apportaient elles-mêmes les ingrédients nécessaires à la confection de leur fougasse.

Une pratique qui raconte une époque où les boulangeries étaient encore profondément intégrées à la vie quotidienne du village. Le fournil ne servait pas seulement à vendre du pain : il devenait aussi, le temps des fêtes, celui où l’on préparait les gourmandises familiales.

La fougasse sucrée accompagnait alors les desserts de Noël. Elle a depuis quitté le strict calendrier des fêtes pour devenir une véritable spécialité touristique et gastronomique d’Aigues-Mortes.

👨‍🍳 Alain Olmeda, l’homme qui a remis la fougasse sur le devant de la scène

Parmi ceux qui ont largement contribué à faire connaître cette spécialité, Alain Olmeda occupe une place particulière. Installé à Aigues-Mortes depuis le début des années 1980 après avoir travaillé à Paris, le maître-artisan s’est attaché à préserver cette recette locale et à en faire une véritable spécialité de la cité.

Dans sa boulangerie située au cœur des remparts, la fabrication repose sur les mêmes fondamentaux : une pâte levée, du beurre, du sucre et ce parfum caractéristique de fleur d’oranger.

La notoriété de la fougasse dépasse aujourd’hui largement les frontières de la ville. Elle inspire même de nouvelles créations : on trouve désormais en Camargue des déclinaisons étonnantes, comme une crème glacée parfumée à la fougasse d’Aigues-Mortes.

🏰 Le souvenir gourmand d’une balade à Aigues-Mortes

Il y a quelque chose de particulièrement agréable à découvrir Aigues-Mortes avec le nez autant qu’avec les yeux. Après les remparts, les ruelles médiévales et les paysages de Camargue, vient le moment de s’arrêter dans une boulangerie pour goûter cette spécialité locale.

Encore tiède ou simplement à température ambiante, la fougasse révèle alors son parfum de fleur d’oranger, son cœur moelleux et ses petits grains de sucre. Une recette toute simple, mais qui raconte à elle seule une partie de l’histoire gourmande de la cité.

Alors, si vos pas vous conduisent à Aigues-Mortes, ne repartez pas sans avoir goûté sa fameuse fougasse. Parce qu’après avoir admiré les pierres de la cité médiévale, il serait dommage de ne pas découvrir aussi ce qui en fait le parfum sucré.



À Sète, une conserverie garde jalousement les secrets de la mer

ON Y VA !

Curieux de découvrir les secrets de la conserverie Azaïs-Polito, une quinzaine de dirigeants de TPE et de PME de l’Hérault ont répondu à l’invitation conjointe de l’entreprise et de la CPME 34 (Confédération des petites et moyennes entreprises de l’Hérault), mardi 23 novembre.

Chez Polito, on cuisine ! On n’utilise pas de procédés industriels de fabrication. Ils n’utilisent que du poisson de roche, qui ne va jamais toucher le sable qu’on risquerait de trouver dans la soupe car il n’est pas filtrable. Nourri de petits crustacés, de micro-organismes, c’est un poisson savoureux et cartilagineux qui donne un épaississant naturel. Pas besoin d’additifs ! Que ce soient les poulpes farcis, les moules, les salades de poulpes et autres rillettes de poisson, tous les produits d’Azaïs-Polito ont souvent été primés et ont obtenu un grand nombre de distinctions prestigieuses.

⚓ Une histoire qui commence dans le port de Sète

Cette entreprise familiale est à ce jour la plus ancienne conserverie artisanale de la ville de Sète. Elle fut fondée en 1963 par deux vieilles familles de fabricants sétois. En épousant en 1945 Georges Azaïs, célèbre mareyeur sétois et fondateur de la Criée de Sète, Lisette Polito fit entrer sa famille de fabricants de pâtes dans le monde du poisson. C’est Véronique Britto, la directrice commerciale, qui a fait office de guide pour cette visite, l’occasion de partager quelques anecdotes.

L’histoire de la maison est intimement liée à celle de la gastronomie sétoise. Azaïs-Polito a notamment été la première conserverie à commercialiser en conserve plusieurs grandes spécialités locales, dont la soupe de poisson de roche à la sétoise, la rouille sétoise ainsi que les moules et encornets farcis. Une manière assez originale de faire voyager les recettes du port bien au-delà des quais de la ville.

🐟 Le poisson de roche, véritable signature méditerranéenne

Pour comprendre Azaïs-Polito, il faut commencer par la mer. La conserverie explique privilégier depuis ses débuts le poisson de roche issu de sa filière méditerranéenne. Ces petits poissons, moins connus que les grandes espèces vendues sur les étals, sont particulièrement adaptés à la préparation des soupes de poissons. L’entreprise indique d’ailleurs être historiquement un important acheteur de poisson de roche auprès des criées du golfe du Lion.

Et ici, pas question de masquer le goût derrière une longue liste d’ingrédients. La recette emblématique de la soupe de poisson de roche revendique une composition très simple : poisson, tomates, légumes, huile d’olive et safran. La maison annonce une soupe contenant 52 % de poisson et préparée sans farine ni épaississant.

🍲 Quand les recettes de Sète partent en voyage

C’est probablement là que cette conserverie devient intéressante pour le voyageur. Une fois passé le Mont Saint-Clair, traversés les canaux et longés les quais, on découvre une ville dont la cuisine raconte directement l’histoire maritime. Chez Azaïs-Polito, les recettes traditionnelles sont transformées en produits que l’on peut emporter dans ses bagages : soupe de poisson, rouille, brandade, rillettes, poulpes, moules ou encornets farcis.

La conserverie propose d’ailleurs des visites permettant de découvrir son histoire, ses anciennes machines, la salle d’empotage et, bien sûr, de terminer par une dégustation. Le parcours est présenté comme une découverte de l’héritage sétois et de la gastronomie locale.

🌊 Une petite boîte, mais tout un morceau de Méditerranée

Azaïs-Polito raconte finalement une autre facette de Sète. Derrière les joutes, les canaux, les bateaux de pêche et les tables de coquillages se cache un savoir-faire plus discret : celui de conserver les goûts de la mer. La maison revendique des recettes naturelles et une fabrication respectueuse des traditions, avec des recettes qui ont évolué sans abandonner leurs racines sétoises.

Alors, si votre prochaine escapade vous mène jusqu’à l’Île singulière, poussez un peu plus loin la curiosité. Car à Sète, il ne suffit pas de regarder la mer : il faut aussi la goûter. Et parfois, le meilleur souvenir d’un voyage méditerranéen tient dans un petit bocal, quelques croûtons frottés à l’ail et une bonne rouille sétoise.



Au pays du vin, on a (aussi) de la bière. Dans le Languedoc, bon nombre de passionnés fabriquent leur propre binouze. Preuve de plus de l’essor des brasseurs artisanaux à l’est de l’Occitanie, le département du Gard, où le rouge coule à flots, a lancé sa Route des brasseurs, pour inciter les amateurs de mousse à goûter les breuvages du coin.

Pour l’occasion, 20 Minutes a déniché cinq brasseurs languedociens, qui n’hésitent pas à explorer des sentiers originaux, voire carrément insolites. [...] Lire l'intégralité de l'article
Logo Sud de France

Marque ombrelle née en 2006 de la volonté de la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée de soutenir et promouvoir ses vins et ses produits agroalimentaires, la marque Sud de France permet d’identifier, sous une image commune, des produits de qualité, rattachés à un territoire et à une culture. En mars 2017, la marque Sud de France regroupe 2 000 entreprises adhérentes et environ 9 200 produits originaux élaborés dans le respect des traditions et des recettes ancestrales. 

*** france3-regions.francetvinfo.fr ***

La marque Sud de France va-t-elle bientôt disparaître des étiquettes des bouteilles de vin et d’huile d’olive d’Occitanie ? En tout cas, l’INAO (Institut National de Origine et de la qualité, qui accorde et contrôle les signes officiels, NDLR) évoque un problème de conformité avec la réglementation européenne et entend bien faire respecter celle-ci. Une nouvelle qui alarme les producteurs d’Occitanie. Car le règlement européen en matière d’étiquetage précise que seuls les logos AOP (Appellation d’Origine Protégée) ou IGP (Indication Géographique Protégée) peuvent apparaître.. […] Lire l’intégralité de l’article

Gault & Millau Languedoc

Deux chefs d'Occitanie ont été distingués par le célèbre guide gastronomique Gault et Millau 2020 dans la catégorie "Jeunes Talents". L'un à Montpellier (Laurent Cherchi - Reflet d' Obione), l'autre à Aniane (Philippe Ramon - SouKa)
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*** fr.gaultmillau.com ***

Nous pressentions qu'il se passerait quelque chose avec l'arrivée de Laurent Cherchi dans cette rue calme, à la place de l'ancien Volodia. Nous ne trompions pas et le jeune cuisinier, passé notamment par les cuisines de Lasserre période Christophe Moret ou de l’Agapé Substance à l’époque de Gaëtan Gentil, mais aussi au merveilleux Vue de monde de Melbourne, apporte à cette ville toujours en effervescence un nouveau motif de gourmandise. […] Lire l’intégralité de l’article

Ils sont jeunes, souriants, malins, et Gault&Millau les a distingués comme bénéficiaires de la Dotation pour les Jeunes Talents, afin de les aider à ouvrir leur bel établissement au milieu des plus belles vignes de la région (c'est tout de même la commune, entre autres, de Daumas Gassac...). Laureen et Philippe Ramon ont ouvert leur SouKa au printemps, et tout donne soif et ouvre l'appétit en entrant chez eux. […] Lire l’intégralité de l’article
Oeufs bio languedoc

Dans les années 50, alors qu’il était ouvrier agricole, Gaston Trébuchon, se lance dans l’élevage de poules pondeuses. Il agrandit l’élevage dans les années 60 puis 70 avec l’aide de son fils Jean-François Trébuchon (notre père). A partir des années 1980, la maison Trébuchon élève 30 000 poules. C’est avec le souhait de proposer des œufs authentiques, pondus en élevage de plein air traditionnel. Toujours plus engagés dans un travail de qualité, nécessaire pour préserver le bien-être des animaux, notre environnement et les générations futures, sont élevées maintenant 6000 poules, certifiées biologiques, au pied du Pic Saint Loup. Les poules sont libres de gambader sur un parcours herbeux de 5 hectares. Elles sont principalement nourries avec des céréales. Leur alimentation est 100% végétale et biologique.

*** www.midilibre.fr ***

Pour des pondeuses au pic Saint-Loup, la Maison Trébuchon diversifie ses cultures. Du lever du soleil au coucher, elles s’activent. A picorer les cailloux, gratter la terre… Et elles gloussent comme elles battent des ailes et courent sans se gêner, les poules rousses du pic Saint-Loup, dans leur élevage grand luxe nature.. […] Lire l’intégralité de l’article
Ecolabel Pêche Durable Thon Sète

Pour la première fois en France et dans le monde, des pêcheurs sétois de thon rouge ont reçu l'écolabel "Pêche durable" par FranceAgriMer, cet écolabel récompense les bonnes pratiques de pêche. C'est la première fois qu'il est attribué en France mais aussi dans le monde pour le thon rouge.

*** agriculture.gouv.fr ***

Une première pêcherie française vient de recevoir la certification de l’écolabel public « Pêche Durable ». Il s’agit de Sathoan, la coopérative des pêcheurs de Sète (Hérault). Pour cette première en France, la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture (DPMA) du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a suivi une pêche côtière thon rouge. Reportage et retour sur le long processus de la mise en place de l’écolabel. « La profession n’a pas bonne presse. Je fais partie de cette jeune génération de pêcheurs qui adopte des gestes éco-responsables pour l’environnement, mais aussi pour le respect de l’espèce », explique Sébastien Fortassier, jeune patron pêcheur de 30 ans fraîchement certifié.. […] Lire l’intégralité de l’article
Domaine de Peyronnet

La 19e édition de Muscats du Monde, organisée par l’association Forum œnologie et la Ville de Frontignan la Peyrade, s’est déroulée les 3 et 4 juillet dernier dans le cadre historique de la maison Voltaire à Frontignan. Pendant 2 jours, des experts internationaux ont évalué 205 vins issus des cépages muscats venus de 19 pays. Des normes de qualité au-delà des standards et des conditions de dégustation optimales ont permis aux 40 jurés de délivrer 68 médailles reconnues comme un critère de sélection fiable.

*** lemouvement.info ***

En se classant 1er du top 10 des meilleurs muscats du monde, le muscat 12 ans d’âge de la cave coopérative décroche une médaille d’or et se place sur le toit du monde ! Le domaine Peyronnet repart avec 2 médailles d’argent et permet aux muscats de Frontignan de rayonner toujours plus ! Pendant 2 jours, des experts internationaux ont évalué 205 vins issus des cépages muscats venus de 19 pays. Des normes de qualité au-delà des standards et des conditions de dégustation optimales ont permis aux 40 jurés de délivrer 68 médailles reconnues comme un critère de sélection fiable. […] Lire l’intégralité de l’article 
Cépage mildiou

Le mildiou est le nom d’une maladies affectant de nombreuses espèces de plantes, mais prenant des proportions épidémiques dans certaines cultures de grande importance économique, telles que la vigne. Ces maladies sont provoquées par des microorganismes qualifiés de « pseudo-champignons ». Ces maladies se manifestent par des taches brunes ou une apparence de moisissures blanches et cotonneuses, suivies d'un flétrissement général de la feuille, d'un rameau ou de toute la plante. Le tubercule atteint pourrit rapidement, même au cours de la conservation, dégageant une odeur désagréable et forte.

*** www.francebleu.fr ***

Après 40 ans d'expérimentation, 12 nouveaux cépages ont été plantés au Pouget, près de Clermont-l'Hérault. Ces variétés résistent au mildiou et à l'oïdium. D'autres expérimentations doivent avoir lieu pour tester des cépages résistants à la sécheresse. Pendant plus de 40 ans, l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) a mené des expérimentations pour créer des plants résistants au mildiou et à l'oïdium, deux champignons particulièrement destructeurs dans les vignes. […] Lire l’intégralité de l’article
Hamburger Duke Baillargues

Du pain de Mauguio, des oignons des Cévennes, du fromage d’Estive, du cochon de Bigorre, bref un hamburger 
du sud ! Il est fabriqué par le chef languedocien, propriétaire d’un food truck et une restaurant street-cantine « Le Duke » à Baillargues, Parc activités aftalion.

*** www.midilibre.fr ***

Jean-Philippe Carrère, son créateur et chef du Duke, vient d'être sacré vice-champion de France de burger. 
Avec son burger Avalanche (voir Midi Libre du 25 mars), Jean-Philippe Carrère, le gérant du restaurant street-cantine Le Duke, fait partie des meilleurs de sa catégorie. Lors de la finale de la coupe de France de burger qui s’est déroulée lundi 1er avril à Paris, il s’est en effet classé 1er pour la région Sud-Ouest, avant d’être sacré vice-champion 2019. La victoire ne s’est jouée qu’à un point, et c’est un léger filet d’huile d’olive qui a fait la différence aux yeux des jurés. […] Lire l’intégralité de l’article
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